‹ Les dieux antiques; nouvelle mythologie illustree d'apres George W. Cox et les travaux de la science moderne, a l'usage des lycees, pensionnats, ecoles et des gens du mondeChapitre 25 sur 72 · APHRODITE · texte numérisé non relu

APHRODITE

ticulîÈrement en elle celle ijui aima Adonis, Le nom de ce dernier personnage n'appartient pas â la mythologie grecque : c'est un mot syrien ou hébraïque, signifiant Seigneur, quoique le dieu fût adoré en Syrie sous l'invocation de Tammuz'. Voici l'histoire d'Adonis. Sa grande beauté charma Aphrodite, mais il ne paya pas cette passion de retour; et au printemps encore de son adolescence, l'éphèbe mourut déchiré par un sanglier sauvage'. Ce conte ressemble à un grand nombre d'autreSj où le héros meurt jeune, est blessé par les défenses d'une béte, par la lance, par une épine, une Hëche. Ainsi dans la fable perse, Isfendiyar périt d'une épine que Rustem lui enfonce en l'œil; et dans la légende norse, Sigurd est percé par une lance, comme dans la légende grecque, Paris, par les flèches empoisonnées d'Hercule. Une sîgniEcatioa bien connue de nous déjà se cache sous le conte d'Aphrodite et d'Adonis, n'est-ce pas? Aphrodite pleurant Adonis, c'est le chagrin de Déméter, lors de la perte de Perséphone '.

La terre, dans le dernier cas, est en deuil du départ de l'été; dans le premier, l'aurore ou le crépuscule se désole de la mort du trop bref soleil. Toutefois des fables relatives à Aphrodite ne se dégage pas une idée qu'incarne pleinement la déesse : on la représente en effet de façons multiples, quelquefois pure, parfois douce et aimante, d'autres fois forte et véhémente, tantôt indolente et distraite, et tantôt respirant la victoire. Aus temples de Sparte, elle apparaissait comme une déesse conquérante

1 Ezéchiel VIII, i4-.

î Cf. ArÈs.

« Cf. Démêler.

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et revêtue d'une armurCj juste comme les derniers poètes dirent Éros (l'Amour) (fig. 60 et 61) inviocible dans la bataille.

Vénus. — Vénus est la déesse latine de la beauté et de l'amour, sur le compte de laquelle oa mit toutes les histoires relatives à l'Aphrodite grecque. Cette dernière passant pour mère d'Énée, ancêtre de Romulus, on supposa que Vénus était la protectrice spéciale de l'État de Rome.

Le nom dérive d'une racine qui signifie "faveur", trouvée dans le mot tatin venta, grâce ou pardon, aussi bien que dans notre mot vénéré. La Vénus latine ne représente donc pas autre chose qu'une simple appellation; ses adorateurs peuvent l'invoquer tour i tour en tant que Vénus, Myrta, Chacina ou Purificatrix, Barbata, Militaris, Equestris, etc. '

1 GdeMyth.,iiv. II,ch. ï4.

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HÉPHAISTOS.

L'HÊPHIISTOS GREC OU LE VULCIIN UTIN.

toa. — Cedieu nous apparaît

l'artisan qui forge des armes

)les, mais est laid et boiteux

. Pourquoi? Parce que Hé-

est strictement "l'éclat de la

comme la flamme provient

e étlncelkj on représenta

f et difforme à sa naissance^

puissantj une fois grand,

est belle. Fils de Zens et

lilà l'enfant; et quelquefois

de Héré seulement. Sa laideur déplut

tant à sa mère, qu'elle pensa le rejeter de l'Olympe; et

c'est plus tard, quand il prit le parti de ta déesse dans

une querelle, que Zeus le précipita du ciel. 11 tomba,

blesse et estropié, à Lemnos, où les Sintiens le traitèrent

avec bonté. Tout en forgeant, il resta le porte-coupe

des dieux, et il faisait des cuirasses et des armes.

Quand Hector eut dépouillé de l'armure d'Achille le

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corps de Patrocle, Héphaïslos, à la prière de Thétis, fit un nouvel habit de guerre, brillant comme un soleil et

- SUtue d'H^phaTiilii

ravissant le héros comme le ferait l'aile d'un oiseau. Cent œuvres d'art nous montrent, épouse du rude forgeron, Aphrodite elle-même; mais certaines légendes donnent

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HÉPHAISTOS.

ce titre à Charis, et d'autres à Aglala; trois leçons voulant dire une seule et même chose, à savoir que la flamme du feu est apparentée à l'éclat de la lumière du soleil.

Héphaistos se retrouve dans des traditions étrangères à celles des Grecs, mais point sous ce nom. Des Latins et des Romains d'époque avancée, il était connu en tant que Vulcain (flg. 6S). Dans les poèmes védiques il s'appelle Agni, le même mot qu'en latin Ignis, le feu. Les Latins semblent, dans cette légende et dans d'autres, avoir emprunté un grand nombre de notions grecques; mais les poètes hindous insistaient plutôt sur la -force de la flamme nouvellement allumée que sur son aspect chétif.

Au lieu de dire, comme nous, que le feu brûle et que le bois fume, je les entends chanter : "Hennis-

Flg. Bg. — BuM d« Vuli»il>.

sant d'ardeur à se nourrir, il

s'avance hors de sa forte prison; puis le vent, après cette explosion, souffle, et le sentier d'Agni (le feu) est tout de suite obscur.» La même idée se rencontre dans la mythologie du nord de l'Europe.

Rappelez- vous l'histoire de Sigurd, qui est l'Achille ou le Persée des légendes norses; Régin, l'artisan de Hialprek, roi de Danemark, répond exactement à Héphaistos, et, pareil à lui, forge des armes auxquelles nul ennemi ne peut résister.

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Vulcain. — Vulcain est donc le dieu latin du feu, qu'on identifiait avec l'Héphaistos grec. Aussi le dit-on l'époux de Vénus, nom apparenté au vieux mot sanscrit ulkâ, un «brandon de feu-, un -météore".

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PHOIBOS OU PHŒBUS kPOLlON, DIEU GHEC ET UTIN.

(Grec : Pholbos- Apollon.)

Ce mythe est un fils de Zeus et de L^to (la Latone latine) nommé ainsi : Phoïbos ou Phcebus, comme étant le dieu de la lumière, et Apollon, à cause du sens de • destructeur» que plusieurs donnent à ce mot, les rayons du soleil pouvant, après l'avoir développée, détruire la vie des animaux et des plantes. Phoïbos ou Phœbus n'est donc qu'un nom du soleil, rien de plus d'abord; mais à des époques postérieures on regarda le dieu comme celui de la lumière, et il ne fut pas confiné à son habitacle, le soleil. (Cette situation solaire, on la réserve spécialement à Hélios (fig. 73), qui demeure visà-vis de Phœbus dans la situation de Nérée vis-à-vis de Poséidon.) Et Phoïbos, le mythe ici vivant et point le simple nom, est fils de Zeus, parce que le soleil, comme Athéné ou l'aurore, s'élance, le matin, du ciel; et fils de Léto, parce qu'on peut regarder la nuit, qui en précède le lever, comme la mère de cet astre. Le nom de Léto ou Latone reparaît, du reste, sous quelque autre forme. C'est le même mot que Léthé, le fleuve qui faisait

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oublier aux hommes le passé, et Latmos, la terre des ombres, dans laquelle dort Endymion. La même racine se montre aussi dans le nom de Léda, la mère des jumeaux Dioscures. Un beau conte, celui de la naissance du dieu : écoutez. Létô (ou Latone), par mainte terre, cherchait en vain un lieu de repos (fig. 74); elle vint à Détos et dit que, si elle y pouvait trouver abri, l'endroit deviendrait glorieux comme lieu de naissance de Phoïbos ou Phœbus;

Pig. 73. — Quadrige d'HôliM (bM-reUef).

les hommes arriveraient des différents pays, enrichissant de leurs présents son temple sacré. C'est donc là que naquit Phoïbos ou Phœbus; et, à sa naissance, rit la terre et sourirent les cieux. Délos, quoique de soi terre dure et pierreuse, se couvrit de fleurs d'or. Les nymphes enveloppèrent l'enfant d'une robe sans tache et Thémis le nourrit de nectar et d'ambroisie; il prit en mains la harpe et proclama sa fonction, qui est de dire aux hommes la volonté de Zeus. Tout cela parce que Délos signifie "la terre brillante". Cependant toutes les légendes ne s'accordent pas â dire le dieu né à Délos ; non ; il s'appelle Lukègénès, comme étant né en Lycie; et, par quelques ver-

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PHOIBOS APOLLON. loi

sions, Ortygie est mentionnée comme le lieu de naissance à la fois de Phoïbos et de sa sœur Arlémis, Où sont la Lycie et Ortygie ? Il y avait une Lycie en Asie, et une Ortygie près d'Éphèse, aussi bien qu'en Sicile; mais il faut chercher la Lycie et l' Ortygie de ces légendes dans le beau pays des nuages. Sachons la signification de

- Lktonl oa Lilo «t hi enUiti Apallan et Art^mlH (bi

ces noms, Lycia est un mot qui, comme Délos, signifie la terre de lumière, et reparaît dans les mots latins lux, la lumière, luceo, je brille, et Lucna ou Luna, la lune. Ortygia est la terre de la caille, que l'on dit être le premier oiseau du printemps : la terre de la caille devînt un des noms de l'Est, oU le soleil se lève. Je continue. Un changement se fit bientôt après la naissance de Phoï-

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bos. L'enfant fut emmailloté d'abord dans des bandelettes d'or, ce qui désigne la douce et aimable lumière du soleil nouvellement levé ; mais voici qu'il devint le Chrysaor, ou dieu à l'épée d'or, et son carquois se remplit de tlécbes qui ne manquent jamais leur but. Armes irrésistibles que celles-là, données à des dieux multiples: Perséc, Thésée, Bellérophon, Héraclès, Philoctète, Achille, Odyssée (l'Ulyàse latin), Méléagre, Sigurd, Rustem, à beaucoup d'autres, Phoïbos ou Phœbus ne resta pas longtemps à Délos : il quitta bientôt cette terre pour faire route vers l'Ouest, vers Pytho ou Delphes, Vous comprenez? C'est parce que le soleil ne peut pas s'attarder dans l'Est quand il s'est levé. Oui> et c'est pourquoi les poètes ont dit comment Apollon alla de terre en terre, et comment il «limait les grandes falaises et tout promontoire saillant, ainsi que les fleuves qui hâtent leur course vers la vaste mer : quoique le dieu revînt avec un charme toujours nouveau à sa Délos natale, de même que le soleil reparaît de matin en matin, glorieux comme toujours, à l'Est. Plusieurs incidents marquent le voyage d'Apollon vers le Python occidental. Il vint, passant far Jes terres nombreuses, à la fontaine de Telphusa, où il voulut se construire une demeure; mais Telphusa dit que sa vaste plaine ne pouvait lui donner un asile paisible, et le força à continuer son voyage vers la terre plus favorisée de Crisa. Phoïbos continua son voyage, et arrivé à Crisa, se bâtit un temple au pied du mont Parnasse; il y tua le Python qui gardait Typhaon, l'enfant d'Héré. Quel est ce Python? Le grand dragon ou serpent qui paraît dans toutes les légendes solaires. C'est le Vitra du conte indien, l'Echidna dans l'histoire

PHOIBOS APOLLON. io3

d'Hercule, le Sphinx dans celle d'Œdlpe, et le dragon Fafnir de la bruyère étincelante qu'on voit au conte de Sigurd, Telle est la légende j mais revenons au temple que l'on dii avoir été élevé par PhoïboSj à Delphes. Chacun sait qu'il devint célèbre en des temps postérieurs: le plus grand de tous les oracles de Grèce y résidaitj et sa renommée s'étendait par tous les pays. Quand Xerxés envahit la Grèce, les armées qu'envoya ce prince pour piller le sanctuaire de Delphes auraient été écrasées par Phoïbos-ApoUon , qui précipita dessus plusieurs grands rochers arrachés au sommet même du Parnasse. Les prélres de ce temple passent pour dus Cretois, dont Apollon guida, sous la forme dundauphinêtincelani, levaisseau autour du Péloponèse et vers le rivage Se Crisa; puis le dieu sortit de la mer comme une étoile, et remplit les cieux de la splendeur de sa gloire. Le feu immortel allumé par lui sur son autel, il enseigna aux Cretois les rites sacrés d'un culte, enjoignant aux habitants de se comporter avec loyauté et droiture à l'égard de tous ceux qui viendraient, chargés d'offrandes, à son sanctuaire.

La légende de Phoïbos ou Phœbus est multiple; on dit notamment qu'il fut épris de Daphné, et que celle-ci, pour échapper à sa poursuite, plongea dans les eaux du Pénée, son père. Signification de ce conte : Phoïbos, comme dieu-soleil, est un amant de l'Aurore, appelée de façons variées : Ahanâ, Dahanâ, Athéné et Daphné. L'évanouissement de Daphné dans le courant est la disparition. d'Eurydice, quand Orphée se retourne trop tôt pour la regarder. Voici une autre histoire du même genre : Apollon obtint l'amour de Coronis, devenue mère d'Asclépios (l'Esculape latin) et l'abandonna, comme Héra-

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dès quitte lole, et Paris et Sigurd délaissent Œnone

et Brunehilde. Ces abandons^ vous savez comment îl

fiiut les expliquer : le soleîlj qui ne peut s'attarder dans

son voyagCj parait oublier l'aurore aimable et belle pour

le brillant et fastueux midi, et tous les dieux et-Ies héros,

dont les noms furent d'abord simplement des noms du

soleil, se présentent à nous

comme délaissant celle à

qui ils avaient donné leur

foi première.

Autant qu' Héraclès, Persée et Bellérophon, Apollon est forcé de se donner du mal pour d'autres, sans obtenir de récompense (c'est toujours pour les enfants des hommes) : ainsi il doit servir, pendant une année, dans la niaison du roi Admète. Détail particulier enfin à cette légende : le dieu est regardé comme le père

Pig. J5. — Triple HéMta. ,, , ., - ,,c. ,

d Asclépios ou d Esculape, parce que la chaleur du soleil peut nous préserver de maladies ou amoindrir peine et souffrance, aussi bien qu'infliger ces maux.

Maintenant on connaît Apollon sous maints autres noms, notamment Hécatos et Hécaèrgos, dénominations qui signifient l'action des rayons du soleil à distance du soleil lui-même. Hécate (fig. y5), la lune, autre déité de ce nom, répond à Hécatos, juste comme Téléphassa ré-

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PHOIBOS APOLLON. io5

poad & Téléphos. Les qualités du dieu sont nombreuses :

Fie- TS. — Statue d'Apollon Joueur da L^ra.

il est le maître des prophéties et de la sagesse. Les rayons

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t06 LES DIEUX ANTIQUES.

de Hélios pénètrent, en effet, l'espace et épient toute chose fâchée, bientôt mise par eux au grand jour; aussi l'idée de savoir s'allia de bonne heure au nom du dieu-soleil, Apollon passa encore pour lire en l'esprit de Zeus plus intimemînt qu'aucun dieu; et quoiqu'il puisse vous faire pan de maints secrets, il en existe certains qu'il ne doit jamais révéler. Ne l'appelle-t-onpasaussiledieu du chant et de la musique? sang doute (fig. 76); mais la leçon la plus primitive de la légende veut qu'il ait acquis ces dons d'Hermès, à qui ils appartenaient par droit de naissance.

Le culte d'Apollon fut en Grèce de tous le plus largement répandu, et eut la plus grande influence sur la formation du caractère grec. Le Conseil des Amphictions, la grande association religieuse des Grecs, tînt ses réunions à l'ombre du temple du dieu, dans la ville de - Delphes; et l'on dit des réponses données parles prétresses deiphiennes, qu'elles ont plus d'une fois changé le cours de l'histoire grecque.

Apollon ou Phceb us-Apollon n'est pas un dieu Jatin. Ce nom est emprunté aux Grecs et tout ce qu'on rapporté du personnage est grec également. Rappelons-nous que le nom de sa mère Latone n'est qu'une forme latine du grec Léto, lequel, à son tour, est simplement une forme du nom de Léda, la mère des deux Dioscures, L'idée du dieu de la lumière est exprimée par le mot Lucérios ou Lucessius, le vieux nom osque de Jupiter.

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