‹ Les dieux antiques; nouvelle mythologie illustree d'apres George W. Cox et les travaux de la science moderne, a l'usage des lycees, pensionnats, ecoles et des gens du mondeChapitre 30 sur 72 · HERMÈS · texte numérisé non relu

HERMÈS

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Ce fut le premier feu allumé sur terre, et c'est pourquoi on appelle le dieu "celui qui donna le feu aux mortels». Le jeune voyageur prit ensuite deux des bêtes du troupeau et coupa leur viande en douze parts, mais ne mangea pas cette chair rôtie, bien que pressé cruellement par la faim. II éteignit le feu, foula de toute sa force les cendres et, se hâtant vers Cylline, pénétra dans la caverne par le trou de la serrure, doucement et légèrement ainsi qu'une brise d'été. Il se coucha comme un petit enfantj jouant d'une main avec ses drapeauSj pendant que sa droite y tenait cachée la lyre d'écaille. Le vol fut découvert.

Phoïbos, quand vînt à poindre le matin, arrivant à Onchestos, vit qu'on lui avait volé ses troupeaux; retrouvant à son tour le vieillard à l'ouvrage dans sa vigne, il lui demanda s'il savait qui les avait pris: mais celui-ci se rappela l'avertissement d'Hermès, et ne put se remémorer autre chose, sinon qu'il avait vu le bétail en marche et un petit enfant à côté. Que fait Phoïbos entendant cela? drapé d'une brume de pourpre, il va vers le beau Pylos, sur les traces confuses du bétail qu'il suivit à la caverne de Maïa. En y entrant, il aperçoit lenfant Hermès endormi; et, l'éveillant rudement, demande le bétail. L'enfant plaide son jeune âge. U n enfant

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Il6 LES DIEUX ANTIQUES.

d'un jour ne peut voler un troupeau ni même savoir ce que c'est que des vaches. Hermès, en faisant cette réponse, cligna malicieusement de l'œil et fît emendre un rire pareil à un doux et long sifflement, tout comme si les paroles de Phoïbos l'avaient puissamment amusé. Phoïbos n'accepta pas cette excuse, il saisit l'enfant dans ses bras; mais Hermès fit un si grand vacarme, qu'il le laissa vivement choir. Phoïbos voyant dans ce fait un signe qu'il retrouverait ses vaches, dit à Hermès d'ou' vrir la marche. Hermès, se levant de peur, tira les drapeaux par dessus s;s oreilles, et reprocha à Apollon sa dureté. -Je ne sais rien d'une vache, dit-il, que son nom. Zeus doit, dans cette querelle, décider entre nous. - Voici le jugement de Zeus. Quand le dieu souverain eut entendu la plainte d'Apollon et écouté Hermès, lequel, clignant toujours des yeux et haussant les draps à ses épaules, protestait qu'il ne savait point faire un mensonge, et ne savait que jouer, comme les autres petits enfants, dans son berceauj Zeus rit et ordonna à Phoïbos et au nouveau-né de rester amis : et le dieu souverain inclina la tête. A ce signe Hermès n'osa désobéir; mais courant vers les bords de l'Alphée, il ramena le bétail du clos oQ il l'avait parqué. La querelle ne finit pas là, non. Phoïbos vit le lieu où avait été allumé le feu, et les peaux et les os des bétes mises à mort; s'émerveillant qu'un bambin pût écorcher des vaches entières, il saisit de nouveau celui-ci et le lia de bandelettes de saute, que l'enfant brisa autour de son corps comme du chanvre. Hermès, dans sa terreur, pensa à sa lyre d'écaîlle, et en fit jaillir une musique si suave et pleine de paix, qu'Apollon, oubliant sa colère, le supplia de lui enseigner cet art prodigieux.

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