‹ Les dieux en voyageChapitre 10 sur 162 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MOMUS B

Je suis content de ses réparties. La lecture des petits journaux donne de l'intérêt à la conversation de l'homme des champs.

JUPITER

Il ne lui manque plus que de faire provision de votes comme l'âne chargé de reliques. Oublions les petites el les grandes révolutions. Chère Diane ! toujours belle... Une jeunesse éternelle illumine ton regard.

ÏUNON

C'est à notre cour que tu devais briller. Vois, devant les yeux, une déplorable victime du sort. Jupiter descend d'un trône. J'étais reine ! Tout est perdu par la faute d'un ministre.

JUPITER

Madame, considère/ les services rendus. Ne V étranglez pas tout iV abord », comme dit un fabuliste.

Un service qui ne tire pas d'embarras est un méfait.

DIANE

Chers Dieux ! abandonnons-nous à la joie de cette rencontre inespérée. Combien je suis heureuse !... Mon père, mon noble père !... Mais, avant tout, apprenez-moi par suite de quels événements...

JUPITER

Tu le sauras. Notre histoire demande le recueillement des grands désastres.

JUNON (soupirant)

Qu'est devenu le bel Endymion ?...

DIANE (rougissante)

Vous n'avez pas su le garder... il est près de moi...

MOMUS

Gare aux rivalités ; mais les grandes dames s'accommodent sans querelle d'une même possession — par savoir vivre. Dites-moi, Diane : le bien lui vient-il toujours en dormant, comme aux poètes ?

DIANE

Peut-être. Si vous aimez dormir à la belle étoile, vous le saurez. Courez les bois, — quelques grains de plomb auront raison de votre bonnet de fou.

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