‹ Les dieux en voyageChapitre 6 sur 162 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DIANE

Endymion!... Endymion!... La première fois que j'entendis ce nom si

doux, il ravit mon oreille. 0 bien-aimé, le voilà Toujours endormi à la

même place ; comme le dieu du repos gracieusement étendu Que de

fois, près de lui, j'ai prolongé ma veille, soupirant dans L'adoration de sa beauté, penchée vers son visage, respirant le souffle de ses lèvres agitées, ravie et tremblante. Comme son front est pur! Le sommeil éclaire ses paupières closes d'un rayon d'innocence. J'aime sa vie vagabonde ; j'admire l'ardeur agreste de son esprit, moi soumise aux plaisirs menteurs du monde. Etranger aux passions, ivre de solitude, il erre sans cesse à travers le bois, écoulant chanter les oiseaux qui lui font fête. Quelles peuvent être ses pensées... Sait-il aimer !... Oh ! qu'il ignore à jamais combien il m'est cher. Heureuse celle qui suspendue à son cou lui donnera son âme dans un baiser, dans un regard. Soumis à mes volontés, son sort l'humilie et l'afflige, peut-être. A peine ose-t-il lever les yeux sur moi. Tout un inonde de préjugés nous sépare. Que suis-je pourtant — une fragile créature abandonnée à toutes les fautes de la terre. Hélas! l'amour serait-il !<• châtiment de nos volontés (Elle descend de cheval). Sauvage poète, reçois mon cœur! (siles'age*

nouille et lui donne un baiser).

ENDYMION (rêvant)

Peines... peines... peines... Mon amie I..,

DIANE

Un songe douloureux le tourmente II s'attendrit Mais quelle image

traverse Ce beau SOngC... (Elle seloigne lentement, tenant son cheval par la bride. La forêt s'emplit d'ombre.)

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