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IT. — PÉRIODE DU MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE

Du in° au xvi° siècle, la doctrine de Galien, en général mieux comprise que celle d’Aristote, règne et gouverne. Aucune modification essentielle n’est apportée à la physiologie aristotélique et galénique du système nerveux central, soit par les Arabes et les scholastiques, soit par les nombreuses écoles médicales du xv° siècle.

Les trois principales fonctions psychiques supérieures (repré- | sentation, entendement, mémoire) indiquées par Galien après É celles de la sensibilité générale et spéciale et de la motilité, et

” docalisées par lui dans le corps du cerveau, deviennent les cinq ou six fonctions de la sensibilité et de l'intelligence à sièges 51 ventriculaires nettement distinéts del’arabe Avicenne (980-1037),

AVICENNE, FERNEB, A, PAKHÉ LI

puis des médecins et chirurgiens italiens et français des xiti° et xiv° siècles ; ce sont déjà là autant de centres fonctionnels du cerveau; l'observation clinique paraissait d’ailleurs confirmer la réalité de ces localisations cérébrales. (V. l'italien Lanfranc, xur° siècle. Tract. IT, ce. 1, p. 218 ; le français Guy de Chauliac, xiv° siècle. Chirurgia, G. de Saliceto, Tract. III, doct. If, c. 1, 36; Nicaise, 254,

Auxvi° siècle, le médecin français Jean Ferne (1497-1588) se montre disciple de Platon et d'Erasistrate. Pour lui, les trois âmes habitent le foie, le cœur et le cerveau ; celui-ei est le siège de la faculté suprême du mouvement, surtout dans sa région postérieure ou cervelet d’où proviennent tant la moelle épinière que la plus grande partie des nerfs moteurs (nerfs durs); il est le principe commun des sensations ; dans sa partie antérieure réside l’âme sentante et toutes ses facultés ; c’est d’elle que partent les nerfs du sentiment (nerfs mous) allant aux organes des sens. Le chapitre 1v du livre V de l'ouvrage de Fernel (De naturali parte medicinæ. Lugd. 1551) porte un titre qui indique bien une préoccupation constante de tous les anatomistes, physiologistes et cliniciens de toutes les époques, celle de localiser dans l’encéphale les diverses fonctions de l'innervation supérieure. Quam unaquæque sentientis animæ facultas sedem habeat, etc.,tel est ce titre.

Pour Fernel, qui s’élève contre l'opinion des Arabes plaçant la mémoire dans le quatrième ventricule (ventricule du cervelet), la pensée et l'imagination dans les ventricules antérieurs, parce que, objecte-t-il, les souvenirs et les images sont d’une même essence et n’ont qu'un seul et même siège, le cerveau, la substance molle aussi bien que la substance dure de cet organe est le siège de la mémoire et sert d’instrument ou d'organe à la réception ou perception des spectres des choses,

- Le grand chirurgien français Ambroise Paré (1517-1590) allie les esprits galéniques aux vapeurs cérébrales d’Aristote et en parle comme d'êtres et de choses dont on peut argumenter dans une dispute scientifique : « Il ne se peut, dit-il,

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faire graisse dans le cerveau ; il y a grande quantité d’esprits animaux qui sont très chauds et subtils, joint la multitude des vapeurs élevées de tout le corps à la tête, lesquelles choses empèchent la génération de la graisse. »

A la fin du xvi° siècle, au commencement du xvu1°, la doctrine généralement enseignée est la suivante : des trois parties nobles, le cerveau envoie la faculté animale par les nerfs à tout le corps pour lui donner le sentiment et le mouvement ; ce sont les nerfs qui communiquent aux parties auxquelles ils se distribuent, le sentiment ou le mouvement selon la nature de ces parties.

Cette doctrine se trouve exposée chez Riolan (1577-1657, Anthropographia, Paris, 1618). Pour ce médecin, l’homme possède un cerveau plus gros que celui de tous les animaux à cause de la diversité et de la perfection de ses fonctions. La substance du cerveau est blanche, parce qu’elle est spermatique, engendrée qu'elle est de la meilleure et de la plus pure partie de la semence et des esprits ; elle est molle pour recevoir plus promptement l'impression des images des objets ; son tempérament est froid et humide (Aristote). (Il fallait qu'il fût tel pour empêcher que cet organe, occupé d’imaginations perpétuelles, ne s’échauffât outre mesure et ne rendit les mouvements précipités et les sentiments égarés, comme il arrive chez les frénétiques). Ses usages sont d’engendrer l'esprit animal et faire toutes les fonctions animales, princesses, motrices et sensitives (Galien). Le cerveau, qui élabore l'esprit animal dans les deux ventricules latéraux, est animé de deux mouvements : il se dilate et il se resserre. Quand il se dilate, il tire l’esprit vital du sang et l’air des narines ; quand il se resserre, il chasse l’esprit animal élaboré, des ventricules antérieurs, dans le troisième ventricule, puis dans le quatrième, d’où cet esprit est ensuite envoyé dans la moelle et dans les nerfs, et en même temps il expulse au dehors ses excréments par les narines et par la bouche.

« Le cerveau, qui sent activement, qui est l’auteur de tous

les sens, n’a point de sentiment, dit Riolan ; c’est parce qu'il est le siège du sens commun et le juge de tous les sens, et que le juge doit être dépouillé de toutes passions. »

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