BOERHAAVE, LA PEYRONIE
Le hollandais Boerhaave, le français La Peyronie, le suisse Haller, sont des derniers représentants de la doctrine des esprits animaux.
Hermann Boerhaave (1668-1738) a appelé sensorium commune la partie du cerveau où tous les points de cet organe se trouvent rassemblés, où tous les nerfs du sentiment se terminent, d’où partent tous les nerfs moteurs; c’est dans cette partie que se terminent les sensations ou actions de tous les nerfs provoquées dans chaque organe des sens par les impressions des choses extérieures, qu'a lieu la perception de ces actions, que la volonté est déterminée à l’amour ou à la haine; c’est en elle que naït le principe d’où partent tous les mouvements allant aux muscles volontaires.
Après plusieurs hésitations, Boerhaave est arrivé à se convaincre que le sensorium commune, loin d’être confiné en un point du cerveau, est à l’origine de tous les nerfs; qu'il est l’ensemble de tous les points du cerveau où de l’écorce cérébrale naît une fibre médullaire et nerveuse, qu’il se compose de tous les points où finit l'écorce et où commence la moelle du cerveau.
Ce qui semble prouver que le primum sentiens et l'ëmpetum faciens sont localisés dans l’écorce tout à proximité de la substance blanche, c’est que si on lèse faiblement la substance blanche du cerveau à son origine, des convulsions intenses éclatent, tandis que si on lèse l'écorce de toutes les manières, si même on la détruit en grande partie, à peine survient-il quelque changement. ;
La Peyronie (1678-1747), pour lequel la substance corticale est toujours un amas de glandes qui filtrent les esprits, place le siège de l’âme dans le corps calleux; il est amené à cette localisation « d’après les faits et par voie d'exclusion ». Il a constaté que toutes les parties du cerveau peuvent être altérées ou détruites, sans entraîner de lésion des fonctions de l’âme (sensations, pensées, mouvements volontaires), sauf le corps calleux.
De ses observations cliniques et de ses expériences directes