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ÉCOLE DE LA SALPËTRIÈRE, SERRES

ces fonctions, mais il faut faire cette remar que qu'il ne douta pas que les différences que présentent les formes extérieures du crâne ne soient l'expression de différences correspondantes dans les formes extérieures du cerveau. « Jamais, déclare Gall, il ne me vint à l’idée que la cause des qualités morales ou des facultés intellectuelles fût dans tel ou tel endroit des os du crâne. » Aussi, après avoir indiqué les prétendus signes extérieurs d’un sentiment ou d’une faculté sur la tête, Gall localise-t-il toujours le substratum de cette qualité ou de ce sentiment dans une circonvolution cérébrale.

École de la Salpétrière : Delaye, Foville, Pinel-Grandchamp. — De 1820 à 1823 s’élabore à la Salpétrière une doctrine nouvelle des fonctions motrices et sensitives du cerveau qui, pour ses promoteurs, Delaye, Foville, Pinel-Grandchamp, trouve son fondement dans la clinique, l’anatomie pathologique et la physiologie expérimentale. Dans cette doctrine, la substance corticale du cerveau est affectée à l'exercice des opérations intellectuelles, c’est-à-dire qu’elle est le siège de l'intelligence, tandis que dans la substance fibreuse est localisée la locomotion; ce qui prouve ces localisations, c’est que les dérange-. ments des deux ordres de fonctions correspondent aux altérations de la superficie (substance corticale) ou de la profondeur du cerveau (substance blanche du centre ovale et renflements de substance grise profondément situés, corps striés et couches optiques qui. avec leurs radiations fibrillaires, sont les centres moteurs de la jambe et du bras). Quant au cervelet, c’est le siège de la sensibilité, et cela de par des raisons anatomiques (connexion du cervelet avec les faisceaux. postérieurs de la moelle épinière), des recherches expérimentales instituées sur le éervelet, et la comparaison dés altérations pathologiques de cet organe avec les symptômes. :

Serres, en 1823, arrive aux mêmes idées que l’école de la Salpêtrière, au sujet des localisations dans le cerveau des mouvements du bras et de la jambe. Pour lui, la matière grise n’est ni l’organe unique de la sensibilité, ni le principe des mouve-

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ments; la matière blanche peut à la fois exciter et les mouvements et les différents états de la sensibilité; si la moelle allongée est le siège principal de la sensibilité (ce qui est démontré par les expériences physiologiques), il ne s’ensuit pas que le cervelet et les lobes cérébraux soient insensibles : la sensibilité est répandue dans toute la masse de l’encéphale.

Le grand mérite de Serres est d’avoir exposé d’une façon magistrale l'unité d’origine et de composition de l’encéphale, c'est-à-dire la phylogénie du cerveau des vertébrés. «... En remontant l'échelle des poissons aux singes, dit-il, vous voyez l’encéphale se compliquer graduellement, comme, en descendant des mammifères adultes à leurs différentes époques de formation embryonnaire, vous apercevez cet organe se décomposer successivement. Vous arrivez par ces deux voies au même résultat, à l’unité de leur formation et de leur composition. »

Pour Legallois (1774-1814), quoique ce soit du cerveau qu'émanent incontestablement les déterminations de la plupart des actes, ce n’est pas en lui que résident exclusivement le principe du sentiment et des mouvements volontaires; il n’est pas la source unique de la puissance nerveuse; la moelle épinière est la source du sentiment et de tous les mouvements volontaires du tronc. Les phénomènes mécaniques de la respiration dépendent immédiatement du cerveau (plus précisément d’un endroit assez circonscrit de la moelle allongée, situé à une petite distance du trou occipital et vers l’origine des nerfs de la 8° paire); c’est principalement en tant que l'entretien de la vie dépend de la respiration que l’animal dépend du cerveau; il n’en est pas moins avéré que c’est par la moelle épinière que la respiration s’exerce.

Ce que Legallois a écrit sur l'unité apparente du moi vaut d’être rappelé : « L'unité du moi dont nous avons la conscience, est encore un fait qui semble répugner à la dissémination du principe de la vie dans toute l'étendue du cerveau et de la moelle épinière. Mais il faut prendre garde que la connexion et l’harmonie de toutes les parties de la puissance nerveuse suffisent pour

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donner le sentiment de cette unité, sans que cette puissance soit concentrée dans un seul point. »

Enfin Legallois, qui à donné cette définition de la vie : « une impression du sang artériel sur le cerveau et la moelle épinière » ou « un principe résultant de cette impression », s'est élevé contre la théorie des deux vies distinctes professées par Bichat : la vie animale et la vic organique. Pas plus qu’il ne croyait que le cerveau était le centre unique de la vie animale, il n’admettait que le cœur, indépendant du cerveau, füt le centre de la vie organique.

Lallemand (1790-1854; repousse l'hypothèse qui plaçait dans les couches optiques et les lobes postérieurs du cerveau les centres d’innervation des membres supérieurs, dans les corps striés et les lobes antérieurs ceux des membres inférieurs. La supposition que les fonctions motrices des membres peuvent résider exclusivement dans une partie quelconque de l’encéphale, supposition incompatible avec le système de Gall, ne doit pas être faite : « Si, comme je n’en doute pas, disait-il, chaque fonction intellectuelle ou morale distincte a son siège dans une partie du cerveau, il faut bien admettre que chacune de ces parties a une influence directe et immédiate sur tous les organes du mouvement ; car il n’est pas une seule de ces facultés qui ne soit susceptible de provoquer des mouvements prompts, énergiques et compliqués. » De même qu’il n'existe pas dans l’encéphale de territoires spéciaux affectés à de prétendus organes distincts, pour la détermination des mouvements volontaires, de même il n’y en a pas pour la perception des sensations. Ce qui prouve, sans réplique, que les sensations sont perçues par les mêmes portions du cerveau qui provoquent les contractions musculaires, c’est que, dans toutes les affections cérébrales, ce sont les mêmes parties qui sont privées du mouvement et du sentiment. De ce que Le cerveau est passif dans la perception des sensations tandis qu'il doit devenir actif pour susciter des mouvements, Lallemand s’explique commentla sen- -sibilité peut persister, quoique le mouvement volontaire ait cessé.

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