ANDRAL, LONGET
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s'assurer de l’exactitude des opinions professées par l’école de la Salpêtrière et par Serres, concernant les sièges distincts des mouvements des membres supérieur et inférieur dans le cerveau.
Le résultat négatif auquel il arriva ne l’empêcha pas d’affirmer qu’il y a des sièges distincts, puisque chacun des membres peut être paralysé isolément. Ces sièges, on ne les connaît point, disait Andral, ce ne sont ni les couches optiques ni les corps striés.
Andral estimait qu’on ne peut pas nier que certaines parties de l’encéphale soient spécialement destinées à l’accomplissement de certains actes, Ce qui explique, déclarait-il, qu'on trouve dans les altérations du cerveau les sièges les plus divers pour expliquer les troubles d’une même fonction, c’est qu’il est vraisemblable que certains points du cerveau ont entre eux un rapport tel, que la lésion de tel d’entre eux va spécialement retentir sur tel autre. II y a une « merveilleuse solidarité qui unit entre elles et ramène à l’unité d’action toutes les parties du système nerveux ».
Pour Longet, « à supposer qu’on » devait « admettre dans le cerveau des régions distinctes et déterminées pour correspondre aux divers mouvements volontaires », il n’était point démontré qu'il y avait « rien de positif dans les localisations proposées pour les principes actifs de ces mouvements ». Dans les lobes cérébraux devaient se trouver surtout les conditions matérielles de l’intelligence, des sentiments et des instincts comme celles des mouvements.
Quant à la valeur des localisations relatives aux organes et aux fonctions des sens et de l'intelligence, les observations de blessures graves et de perte de substance aux dépens des lobules antérieurs ou postérieurs des hémisphères ne révélaient, suivant Longet, aucune altération grave de ces fonctions. Après Desmoulins, pour qui la protubérance annulaire était l'organe où réside la conscience des sensations de tout le corps moins la vue, après Serres, Longet croyait que la sensibilité générale qui
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subsiste après l’ablation de tout l’encéphale, hormis la protubérance et le bulbe, étaient avec les impressions tactiles perçues dans la protubérance. Quant aux impressions olfactives, visuelles, auditives, gustatives, il estimait qu'on n’avait aucune donnée pour oser croire que leur perception s'opère même partiellement dans la protubérance, les hémisphères cérébraux étant les seules parties encéphaliques où les sensations soient soumises à une élaboration définitive.
Longet était d'accord avec la généralité des physiologistes anciens et modernes pour reconnaître que les substances blanche et grise des centres nerveux étaient insensibles ou plutôt inexcitables. Suivant lui, il n'avait trouvé de parties excitables, au cours de ses expériences, que la protubérance annulaire, le bulbe rachidien et la moelle épinière.
Parchappe (1800-1866) a plus fait qu'aucun physiologiste ou clinicien de son temps pour l’avancement de la vraie doctrine de l’innervation cérébrale, mais sa voix ne perça pas à son époque. C’est un précurseur des idées actuelles sur le siège de ce complexus indissociable de fonctions psychiques appelées sensibilité, intelligence, volonté.
C’est de la considération des troubles fonctionnels et des lésions anatomiques observés surtout dans la paralysie générale que Parchappe s’est élevé à la théorie des fonctions de l’écorce du cerveau. Avant lui, la plupart des physiologistes et des cliniciens avaient considéré la substance blanche, plus encore que la substance grise du cerveau, du cervelet et des ganglions de la base, comme un centre d'action et d'élaboration psychique. Gall, Delaye, Foville, Pinel-Granchamp, Lallemand, avaient bien localisé dans la substance grise corticale des hémisphères le siège de l'intelligence, opinion déjà impliquée dans la théorie de la sécrétion des esprits animaux par les glandules constituant cette substance du cerveau, mais ils n'avaient situé le siège, ni de la volonté, ni de la sensibilité, dans le substratum organique des fonctions intellectuelles.
Parchappe a fait de l’écorce grise du cerveau le siège com-
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mun et exclusif de l'intelligence, de la volonté et de la sensibilité. Cette doctrine physiologique est fondée avant tout sur la démonstration faite par Parchappe lui-même dès 1838 que la paralysie générale des aliénés résulte d’une altération destructive de la couche corticale. Aux troubles de l'intelligence et de la motilité volontaire, tenus pour les symptômes les plus directs des lésions de l’écorce, Parchappe ajouta ceux de la sensibilité : « La couche corticale du cerveau doit, dit-il, être considérée comme l’aboutissant des impressions sensitives. » L'observation clinique lui avait montré que la perception des impressions sensitives diminue dans la même mesure que la force des mouvements volontaires « en raison de l’étendue et de la profondeur des altérations organiques de l’écorce grise ». Parchappe eut le grand mérite de voir que les trois fonctions qui servent à définir la vie psychique, sensibilité, mouvement volontaire, intelligence, se supposant réciproquement, encore que fonctionnellement dissociables à l’état pathologique, au moins en apparence, doivent avoir un même siège. Il vit bien que la complexité croissante des phénomènes qui s’accomplissent dans l'écorce du cerveau peut créer l'illusion de leur indépendance réciproque.
Quant à la substance blanche de l’encéphale et de la moelle, Parchappe ne lui attribua que le rôle exclusif de conducteur des influences nerveuses, centrifuges ou centripètes ; quant à la substance grise des mêmes régions, que celui du mouvement et de la sensibilité. à
Flourens (1797-1867) fut l’auteur d’une méthode d’expérience qui, en détruisant isolément les différentes parties de l’encéphale, devait permettre d’en déceler les fonctions spéciales. Avant lui, on n'isolait point les unes des autres les parties soumises à l'examen ; on n’avait donc que des expériences confuses qui ne permettaient d'aboutir qu’à des conclusions vagues et incertaines.
Pour Flourens, le système nerveux a trois propriétés distinctes, l’une de percevoir et de vouloir (intelligence) ; l’autre