MAGENDIE, ANDRAL
lité, est insensible, de mêmé pour la surface du cervelet. La moelle épinière, au contraire, est sensible ; il s’agit toutefois de la substance médullaire, non dé la substance grise centrale de la moelle, qu’on peut toucher, déchirer pour ainsi dire impunément, La sensibilité du quatrième ventricule et de la moelle allongée est aussi très vive.
: Magendie ne localisait ni dans le cerveau ni dans le cervelet le siège principal de la sensibilité et des sens spéciaux. Dans l’ablation des hémisphères, aucun des sens, sauf celui de la vue, n'avait paru aboli à Magendie : « Il est donc bien positif, concluait-il, que les sensations n’ont pas leur siège dans les hémisphères ». Cependant, le cerveau peut non seulement percevoir les sensations, mais encore reproduire celles qu’il a déjà perçues. Cette action cérébrale se nomme mémoire.
Pour Magendie, la disposition anatomique indique que le sentiment doit se diriger plus particulièrement vers le cervelet et le mouvement vers le cerveau; mais la physiologie et les faits pathologiques ne viennent pas confirmer ce que l’anatomie semble montrer d’une manière si évidente. Les lésions du cervelet ne font point perdre la sensibilité. La soustraction des hémisphères n’emporte pas nécessairement la perte du mouvement. Il paraît évident à Magendie que les couches optiques, les cuisses du cerveau, les tubercules quadrijumeaux, ont des fonctions relatives aux mouvements: mais, pour ce qui a traït spécialement au cervelet, Magendie déclare que les lésions profondes, voire les ablations totales de cet organe, ne font point perdre la sensibilité. Ce qu’il a le plus souvent remarqué, c’est que le cervelet semble nécessaire à l'intégrité des mouvements en avant.
Magendie a combattu les idées de Bichat au sujet du siège des passions : « Dirons-nous, a-t-il dit, qu’elles résident dans la vie organique ? Mais les passions sont des sensations internes ; elles ne peuvent avoir de siège. Elles résultent de l’action du système nerveux, et particulièrement de celle du cerveau. »
. Andral (1797-1851) entreprit d'interroger les faits pour