‹ Les Différentes Manifestations De La PenséeChapitre 49 sur 82 · SENSATION ET INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

SENSATION ET INTELLIGENCE

singes, Qu'il nous suffise de dire que des différences notables, apparentes, existent entre les cerveaux de ces grands singes quant à la conformation extérieure, mais qu'il n’y en a pas de grandes, quant à la topographie interne. En somme, des travaux physiologiques accomplis, il semble résulter que les circonvolutions du cerveau du gorille sont un peu plus subdivisées et complexes que celles du chimpanzé et qu’en ce qui concerne lasymétrie de beaucoup de circonvolutions correspondantes des deux hémisphères cérébraux, c’est le cerveau de l’orang qui se rapproche le plus de celui de l’homme.

V.— Il nous reste à examiner maintenant comment les êtres agissent, en puissance de leurs facultés sensorielles, dans les conditions où la nature les a placés et dans les nouvelles conditions où on peut les placer.

Auparavant, faisons l’observation préliminaire suivante : plus les organes des sens seront développés dans la série des êtres, plus la sensibilité sera grande et, plus cette sensibilité sera grande, plus l'intelligence sera élevée. Les animaux inférieurs sentent peu ou mal, leur intelligence est aussi obtuse que leur sensibilité ; au contraire, à mesure que l’on considère des animaux dont la sensibilité est plus délicate, on voit l'intelligence devenir de plus en plus grande, en sorte que l’homie le plus sensible de tous est aussi le plus intelligent. « La disposition anatomique des centres nerveux confirme cette loi : c’est chez l’homme que les cordons postérieurs de la moelle épinière sont le plus volumineux comparativement aux cordons antérieurs. Or, les cordons antérieurs transmettent les excitations motrices aux nerfs, tandis que les cordons postérieurs et les lobes postérieurs du cerveau servent à la conduction des excitations sensitives. L’anatomie a montré que les lobes postérieurs du cerveau sont, relativement à ce qui existe chez les animaux, plus déve. loppés chez l’homme que les lobes antérieurs. Or, c’est dans les lobes postérieurs que ‘semble se faire la perception des exci= tations sensitives. Ce rapport étroit entre l'intelligence et la

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