ABEILLES, FOURMIS, OISEAUX, ETC
sensibilité. n’a rien d’ailleurs qui doive nous surprendre. En effet, quelle que soit l'influence du développement spontané de l'intelligence même, selon la constitution propre du cerveau qui est son organe, il n’en est pas moins vrai que toutes nos connaissances viennent de nos sensations et du travail cérébral qui en résulte. L'intelligence est en quelque sorte le produit de ces deux facteurs... » (Ch. Richet, {’ Homme et l'intelligence, p.109).
VI. — On ne peut nier le caractère nettement routinier des opérations des insectes supérieurs ; celles-ci s’exécutent sous la direction d'une ou de deux facultés sensorielles, tout au plus. Le pouvoir d'adapter leurs actions à des conditions nouvelles ést très limité ou même fait absolument défaut.
Sir John Lubbock s’est livré à de nombreuses expériences
-pour montrer, par exemple, la régularité machinale et immuable de l’intelligence des abeilles. Elles sont incapables de remplacer l'usage d’un sens par celui d’un autre.
« Les abeilles et les guêpes, écrit Sir John Lubbock, trouvent leur route par un sens de direction, plutôt que par celui de la vue, bien que la guêpe n'ignore pas, aussi complètement que l'abeille paraît le faire, cette dernière source de savoir. »
La fourmi, au contraire, semble se guider entièrement par l’odorat ; et, quand ce sens est en défaut, elle erre au hasard, ne faisant que peu ou point d'usage du sens de la vue.
Le même observateur a trouvé encore que ni les abeilles, ni les guëpes, ni les fourmis ne prétaient attention aux bruits les plus variés faits autour d'elles ; ses multiples expériences ont bien montré les actes instinctifs compliqués et merveilleux des insectes, mais n’en ont dévoilé aucun impliquant la raison.
Le cerveau et le système nerveux étant en général beaucoup plus développés chez les oiseaux que chez les insectes, les facultés sensorielles des premiers, à l’exception du seul sens de l’odorat, sont certainement plus développées que celles des seconds. L’étendue de la vision, la finesse de l’ouiïe et le sens
-de direction des oiseaux augmentent le champ de leurs rela-