LA VOLONTÉ N’EST PAS UNE FACULTÉ
contraire, c’est nous qui obéissons à l’idée la plus forte et sommes déterminés par elle.
A ce sujet, M. J. Soury dit (Fonct. du cerveau, p. 126):
« Puisqu'il est impossible de distinguer rigoureusement les mouvements réflexes des mouvements volontaires, pourquoi essayer de les distinguer ? Des mouvements volontaires supposent d’ailleurs l’existence d’une volonté, c’est-à-dire d’une faculté qui, comme la mémoire et l'intelligence, n’est qu’une abstraction, une vaine entité d'école. La volonté, a très bien dit Max Schrader, doit être bannie de la physiologie comme un deus ex machina. I] faut avec Schiff faire du réflexe la cause unique de tous les mouvements des animaux.
« Tout mouvement d’un organisme est nécessairement réflexe, qu’il s'agisse d’une simple contraction musculaire ou d’une réaction aussi complexe que celle de tout notre être en présence d’un danger à éviter, qu'il s’agisse des mouvements externes par lesquels nous manifestons nos besoins, notre humeur, notre caractère, ou des mouvements internes des réactions mutuelles de nos éléments nerveux. Dans les organismes, comme dans le reste du monde, il n'y a qu'actions et réactions ; et naturellement les mêmes lois du mouvement, les mêmes lois mécaniques qui régissent les corps célestes des plus lointains systèmes, comme les mouvements de la sève chez les végétaux, gouvernent également le chœur des atomes de nos molécules cérébrales et spinales. Le mécanisme des représentations mentales, des images sensorielles ou des images motrices est donc aussi fatalement déterminé que celui de la cristallisation d’un sel ou du flux et reflux des marées. Point d’autre différence que la complexité croissante ou décroissante des phénomènes.
« La seule différence spécieuse qu’on pourrait faire entre les mouvements de l'organisme serait celle de conscients et d’inconscients... Mais la conscience n’est qu’un état, un épiphénomène, ce n’est pas plus un être que la volonté. Ainsi que la mémoire la conscience, à quelque degré que ce soit, est une propriété universelle de la matière organisée tout au moins. »