‹ Les Différentes Manifestations De La PenséeChapitre 8 sur 82 · PLATON, HIPPOCRATE, ARISTOTE · texte numérisé non relu

PLATON, HIPPOCRATE, ARISTOTE

Pour Platon (430-347), chez lequel on trouve, ainsi que chez Hippocrate, la théorie des trois âmes (qui s’est transmise jusqu’à nous sous la forme de la doctrine classique des facultés de l’âme), l’encéphale est, comme du reste pour les Pythagoriciens, le siège de l’âme pensante, raisonnable (veüc); ce n’est pas le siège des perceptions comme chez Aleméon ; le cœur est l'organe physiologique de l’âme irascible (6vyos) qui exécute les ordres de la raison et tient en bride les désirs ; le foie est le siège de l’âme sensitive (exôuma), le siège des sensations et des désirs. L'âme irascible et l’Ââme sensitive, toutes deux mortelles, tandis que l’âme pensante est immortelle, sont attachées par des liens à la moelle épinière et par elle reliées au cerveau, siège de l'intelligence.

Hippocrate (460-380) et les hippocratistes du siècle de Périclès ont répandu la croyance qui, jusqu’à la fin du xvinre siècle, a été une sorte de dogme scientifique, des rapports du sang avec l'intelligence. Pour Hippocrate, « l’intelligence de lPhomme est innée dans le ventricule gauche du cœur et commande au reste de l’âme ». Ce ventricule ne contient pas de sang, ses valvules empêchant que le sang de l’aorte n’y pénètre ; il reçoit bien l’air par les veines, maïs son aliment véritable, il le tire « d’une superfluité pure et lumineuse qui provient d’une sécrétion du sang » ; c’est ce qui fait que ce ventricule est le siège du feu inné et de l'intelligence.

Quant au cerveau « métropole du froid et du visqueux », c’est une glande non seulement par son aspect, mais encore par sa fonction ; il rend à la tête les mêmes services que les glandes, 11 la délivre de son humidité et renvoie aux extrémités le surplus provenant des flux.

Pour Aristote (384-322), dont la doctrine s’inspire en partie des vues d’'Hippocrate, le cœur est le centre psychique par excellence, le siège des sensations et de la pensée. Le cerveau n’a aucune fonction psychique ; il n’est à cet égard qu’un intermédiaire indispensable entre les sensations de la vue et de l’odorat et le cœur où toutes les sensations aboutissent, portées

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