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ARISTOTE

par des veines ; il ne peut être considéré comme le principe des sens, 1l n’est cause d'aucune espèce de sensations, puisque de même que la moelle épinière, il est absolument insensible. (Cette doctrine de l’insensibilité du cerveau et de la moelle épinière a persisté jusqu’à nos jours.)

Le grand rôle du cerveau, selon Aristote, sa fonction principale est d’être une sorte de glacière permanente et de servir à la réfrigération du cœur ; la supérivrité des fonctions psychiques de ce dernier organe chez l'homme provient d’une heureuse combinaison entre l'intensité de la chaleur du cœur etle volume ainsi que l'humidité réfrigérante du cerveau.

La grande originalité du philosophe grec est d’avoir proclamé que les sens et les sensations sont la source unique de toute connaissance, qu'il n’y a point de pensées sans images, sans perception, sans sensation, sans nutrition. Ces images avec lesquelles l’homme pense, sans lesquelles pour lui, il n’y a pas de pensée, ce ne sont pas les idées de Platon. Pour ce dernier, les idées (idées générales) sont tantôt un attribut de Dieu (idées d’absolu), tantôt l’ensemble des qualités de chaque espèce, de chaque genre (idées générales relatives, c’est-à-dire idées de qualité finie), ensemble qui est comme le modèle, l’idéal immortel d’après lequel l'artiste suprême a exécuté chacune de ses créations, et les objets créés sont par suite aux idées ce qu’une simple image, ce qu’une copie est au modèle.

« L’être, dit Aristote, s’il ne sentait rien, ne pourrait absolument ni rien savoir, ni rien comprendre. Quand il conçoit quelque chose, il faut qu'il conçoive en même temps quelque

image, car les images sont comme des espèces de sensations

sans matière. »

Il reconnaît même que les pensées premières, les notions générales de l'intelligence n’existeraïent pas sans les images. Ainsi, pour cette intelligence (vwüc), principe de la raison et de la liberté (immortel d’après Aristote, tandis que le principe vital (eyreheyeix cwuaroc) et le principe de la sensation, de la mémoire et de l’imagination compris dans l’âme (y) sont

Û STRATON, HÉROPHILE

mortels , les images sont proprement des sensations avec lesquelles elle opère ; et l’origine de ces images, de ces résidus de sensations, comme nous dirions aujourd'hui, ce sont les impressions périphériques des organes des sens.

Lcs physiologistes contemporains, pour lesquels la psychologie n’est qu'une partie de la biologie, doivent considérer Aristote comme un précurseur ; pour le Stagirique, qui a déclaré expressément que l'étude de l’âme appartient au physiologiste, la sensibilité et la pensée étaient bien du domaine des sciences de la vie ; toutes ses observations étaient empruntées à la série des êtres organisés.

Les disciples d’Aristote, Théophraste (373-288), Aristoxène et Straton de Lampsaque (280) se détournèrent de plus en plus des spéculations métaphysiques pour se livrer à l'étude de la nature.

Straton, qui conçut l’activité de l’âme comme un mouvement et fit dériver toute vie des forces immanentes du monde, considère que c’est dans le cerveau qu'est situé le siège des sensations et de l’entendement; que c’est en lui que persistent les traces des impressions ; que tous les actes de l’entendement sont des mouvements. D’après lui, les impressions pour être perçues doivent être transmises au cerveau ct « si l'intelligence faisait défaut, la sensation ne pourrait absolument pas exister ».

A l'École d'Alexandrie, les sciences naturelles qui, avec les disciples d’Aristote, étaient entrées dans l’ère de l’expérimentation et de l'observation objective des faits, furent étendues et approfondies par des hommes considérables qui ont été les véritables créateurs de la méthode scientifique, méthode inductive reposant sur l’idée de l’existence de lois dans la nature et complétée par l’expérimentation.

Hérophile et son contemporain Ærasistrate (1e siècle), les chefs de l’école d'Alexandrie, occupent une place considérable dans l’histoire de la physiologie, parce que les premiers, ils firent des vivisections ; avec eux l’anatomie et la physiologie devinrent les fondements mêmes de la science de la vie.

HÉROPHILE, ÉRASISFTRATE, GALIEN 7

Hérophile, qui fut avant tout un grand anatomiste, fit avancer la connaissance du cerveau et du système nerveux central. Les lieux du cerveau qu'il étudia le plus furent les ventricules ; il y plaçait l'âme, en particulier dans le quatrième ventricule ou ventricule du cervelet. Les forces régulatrices de la vie étaient pour lui les forces nutritive, calorifique, sentante et pensante auxquelles il donnait pour substratum, le foie, le cœur, les nerfs et le cerveau. C’est Hérophile qui distingua entre les nerfs ceux du mouvement et ceux du sentiment et reconnut qu'ils tiraient leur origine de l’encéphale et de la moelle épinière.

D’après Érasistrate, qui décrivit le cerveau et le cervelet, les circonvolutions et les ventricules, l’homme a le cerveau le plus circonvolutionné parce qu'il est de beaucoup supérieur à tous les autres animaux par son intelligence; les sensations qui proviennent des narines, des oreilles, gagnent le cerveau; des nerfs émanant de cet organe, se portent aussi à la langue et aux yeux; le « pneuma » introduit par la respiration passe des veines du poumon dans les artères et devient dans le cœur l’air vital, dans le cerveau l’air psychique.

A l’époque où va apparaître Galien de Pergame, le rôle et l’importance de l’encéphale, de la moelle épinière et des nerfs est déjà découvert : le cerveau a été reconnu, par les anatomistes et les physiologistes de l’école d'Alexandrie, comme le siège des fonctions de la sensibilité, des mouvements dits volontaires et de l'intelligence; les nerfs sensibles ont été distingués des nerfs moteurs; en outre les naturalistes de l’Hellade ont depuis longtemps, sous le nom de canaux ou conduits, indiqué ou suivi le trajet des nerfs sensoriels ou craniens, depuis les organes périphériques des sens jusqu’au cerveau et-du cerveau jusqu'aux sens.

A la limite du 19 et du n° siècle de notre ère, sous l’empereur Trajan, l'état des connaissances sur la structure et les fonctions du cerveau et du système nerveux a été exposé avec une extrême précision par Rufus d'Ephèse.

Galien (131-200) ne fit guère que vulgariser l'anatomie et la

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