‹ Les Difficultés du Traitement des Teignes TondantesChapitre 18 sur 37 · CODE · texte numérisé non relu

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animaux sont passagères, et que l’homme a seul le privilège des tondaäntes durables. Il estvrai que les tondantes d’origine animale sont chez luiles moins rebelles de toutes ; mais leur durée est plus longue encore que chez l'animal où elles ont pris naissance. Or si l’on épile comparativement un cheveu d'homme et un poil de chat, par exemple, on s'aperçoit faciment que le cheveu est de beaucoup le plus profondément implanté. Sur une coupe de tégument animal, on verrait les infundibula pilaires très superficiels, à peine assez profonds pour contenir le bulbe du poil; il en est tout autrement chez l’homme.

Qu'on nous permette ici de rappeler quelques notions anatomiques bien connues, mais sur lesquelles, à notre avis, on n’a pas assez insisté à propos du sujet qui nous occupe. Le tégument de homme a son substratum dermique à peu près partout aussi épais dans les régions glabres ; ce tissu, ce feutre de fibres conjonctives et élastiques, est parcouru de vaisseaux dont les terminaisons se rendent daus les saillies papillaires. Nous n’insisterons pas sur la disposition de ces systèmes vasculaires, étudiée par Maurice Raynaud ; il nous

suffira de noter que la surface extérieure du derme est tout entière hérissée de papilles, laissant entre elles des espaces creux interpapillaires. Dans les régions pilaires, sans que les papilles augmentent de saillie, les espaces interpapillaires augmentent de profondeur, et ces infundibula forment le follieule pileux, dont le fond est occupé par un rudiment de papille, la matrice du poil. La profondeur de ce follicule est telle qu’il

forme à son tour une saillie au-dessous du derme; il s'ensuit

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que l'enveloppe dermique du follieule se trouve effectivement dans l’'hypoderme, en plein pannicule adipeux sous-cutané.

L'épiderme garde la même épaisseur dans les régions pilaires et dans les régions glabres de la peau vague; il comble les vallons interpapillaires, se trouvant ainsi plus mince au niveau de la saillie des papilles. A chaque orifice pilare, il descend dans le follicule, en revêt en totalité Jes parois, ne laissant à l’infundibulum, comme lumière, que l'ouverture exactement comblée par le cheveu.

Nous n'irons pas plus loin dans cette rudimentaire étude du follicule pileux, laissant de côté tout détail sur les différentes couches épidermiques, l’abouchement des glandes sébacées, la construction de la matrice du poil et du poil lui-même; ces intéressantes questions, dont la connaissance est indispensable au dermatologiste, ne nous paraissent pas avoir un rapport direct avec les difficultés du traitement des tondantes. Au contraire, à ce point de vue spécial, un seul fait domine tous les autres : le renflement du follicule contenant un renflement semblable du cheveu, de sorte que ce follicule, plus large à sa base qu'a son orifice, constitue une cavité, virtuelle «a l’état normal, réelle dans certains états pathologiques, ne communiquant avec l'extérieur que par un pertuis infiniment étroit, comblé par le cheveu et, quand. Le cheveu manque, par la seule élasticité des cellules épidermiques qui le limitent. Cette cavité, dans les régions du cuir: chevelu et de la barbe chez l’homme, est profonde de quatre

à cinq millimètres (1).

(1) Voir, à la fin de l'ouvrage, les deux planches dessinées d’après nature par M. KARMANSK1T.

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Il est à remarquer que le cheveu de l'enfant est plus profondément implanté encore que celui de Padulte (1), et que nombre de processus quasi-normaux de l’âge mür, en particuher l'alopécie dite arthritique, s'accompagnent d’une diminution progressive de la profondeur du follicule pileux.

Cette profondeur est, de plus, variable suivant les lésions de la peau. Qu'il survienne une inflammation superficielle, une lésion eczématiforme, à plus forte raison une dermite plus accusée du euir chevelu, on sera frappé de ce fait qu'à lépilation les cheveux des régions malades paraissent deux fois plus profondément implantés que ceux des régions saines. C'est que les téguments se sont œdématiés, en sorte que, sans que le fond du follicule ait changé de place, ses bords se sont élevés autour de lui. Le fait est manifeste dans une plaque de tondante toute jeune, où le cheveu est déjà envahi sans être encore devenu cassant: la région cireumpilaire s'élève en forme de cône, et tous ces cônes rapprochés donnent à la peau laspect de la chair de poule, que M. Gruby avait signalé comme caractérisant les tondantes à leur début (2). Inversement, quand un processus irritatif a évolué longuement sur une région pilaire, il survient un stade d’atrophie passagère. C’est ce qu’on voit clairement dans l’évolution de

. la tondante à petites spores ; à sa période ultime, la plaque malade, loin de faire une saillie sur les tissus voisins, semble

(1) Il existe, à ce sujet, de notables différences individuelles, comme on peut aisément s'en assurer par l'examen comparatif d’un grand nombre de cuirs chevelus. Peut-être est-ce là une raison de la résistance Variable d’un même parasite au même traitement chez des individus différents.

2) L'aspect du cône cireumpilaire des tondantes à leur début rappelle de

très près, quoique en plus petit, la lésion élémentaire du Pityriasis rubra

pilaire.

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