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déprimée et ne présente même plus le granité naturel de la peau saine. Le follicule subit fatalement le contre-coup de ces modifications-cireumpilaires : au début des tondantes, le poil est engainé par son follicule sur une hauteur nettement plus considérable que le poil grêle que l'on voit repousser sur les plaques en guérison.
Ainsi l’évolution du parasite s'accompagne d'une évolution parallèle des téguments qui semble le défendre et protéger son existence contre tout effort extérieur : au moment où il pullule, il est abrité dans une cavité profonde, et quand cette cavité diminue, il n’a plus de résistance vitale.
1 nous semble qu'il y a là une raison majeure d'impuissauce pour le traitement des tondantes : dans cette sorte de puits étroit, ne communiquant avec lextérieur que par un oriice, d’ailleurs comblé, d’un cinquième de millimètre de diamètre, le parasite est zaaccessible. L’excrétion normale des glandes sébacées et des détritus épidermiques s’effectuant, comme la croissance du cheveu lui-même, de la profondeur vers la surface, vient encore ajouter une condition défavorable à lintroduction d’un topique dans le follicule.
D'ailleurs, un fait qui rend bien compte de l'obstacle, pour ainsi dire insurmontable, qu'éprouve un corps, si petit qu'il soit, à pénétrer dans un tel infundibulum, est la stérilité parfaite d’une racine de cheveu zormal. Alors que la surface du cuir chevelu est naturellement couverte en permanence d’une grande quantité de micro-organismes divers, pas un ne s’introduit dans le follicule, en dehors, bien entendu, des cas pathologiques. Si, pour tous ces microbes, la barrière demeure infran-
chissable, comment pourrait-on espérer qu’elle sera franchie
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par une substance inerte ? Il faudrait que cette substance füt un caustique détruisant la cellule vivante, cheminant grâce à la mortification progressive des tissus qu'elle rencontrerait ; mais quand elle aurait rejoint le parasite jusque dans l’hypoderme, le tégument serait infailliblement détruit dans toute sa hauteur et ne se réparerait qu'au prix d’une cicatrice alopécique.
Si encore il était possible, comme dans le favus, d'amener le cheveu entier à l'épilation, peut-être arriverait-on, pendant que l’orifice est encore béant, à faire pénétrer quelque parasiticide dans la cavité laissée par l’avulsion du cheveu ; les applications de ce topique pourraient, à la rigueur, être assez ménagées pour ne frapper de mort que les éléments épidermiques superficiels et, puisque le passage serait libre, le médicament descendrait peut-être par capillarité jusqu’au fond du follicule. Mais il n’en est malheureusement point ainsi dans les tondantes ; aucun moyen d'épilation ne peut empêcher la fracture du cheveu à Porifice pilaire, qui reste alors exactement comblé.
Cette inaccessibilité du parasite nous parait, bien plus que sa résistance aux agents toxiques, la vraie raison de là longue durée des tondantes, malgré tous les efforts de la thérapeutique. Rien n'est plus facile à détruire £x vitro qu'un champignon microscopique; une quantité impondérable d’un sel d'argent dans un liquide de Raulin suflit à tuer l'aspergillus niger; on sait, grâce à M. Verüjsky (1), que le #richophyton et l'achorion, même sporulés, ne supportent pas une tempéra-
ture humide de 53; les recherches de M. Pottevin sur
(1) Annales de l'Institut Pasteur, août 1887.
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l'aldéhyde formique montrent qu'un quarante millième de sa vapeur suflit pour tuer une culture trichophytique; et cependant le cryptogame pullule à son aise sous des pansements renfermant les plus violents antiseptiques connus.
Pour prendre un exemple assez frappant, examinons comparativement les traitements de la trichophvytie pilaire et de la trichophytie cutanée. Tous les moyens sont bons contre la « dartre » parasitaire ; le remède populaire consistant en simples lotions vinaigrées réussit parfaitement ; une ou deux applications de teinture d’iode en ont raison plus vite encore; c’est que sur la peau glabre, le champignon n’a pas de cryptes profondes où se réfugier ; il nest protégé que par quelques lamelles d’épiderme qu’on exfolie facilement, et se trouve à la merci du premier parasiticide venu. Mais qu'il pénètre dans un follicule pileux, le voilà inexpugnable; la teinture diode, qui tout à l’heure guérissait instantanément, ne le fera plus, si elle le fait encore, que lentement, péniblement, après des mois, et à la condition d’être aidée, comme nous le verrons plus loin (1); si l’on emploie le coton todé, pensant que liode en vapeur pourra peut-être avoir un plus grand pouvoir de pénétration, on observera bien, moins d’une heure après son application, que l’iode se retrouve déjà dans les urines : mais ce n'est pas au travers des infundibula pilaires qu'il aura passé,
c’est au niveau des papilles du derme qu'il aura été absorbé
par le courant sanguin, en sorte que le parasite, dans sa cavité
toujours bien‘close, en aura à peine été inquiété (2).
(1) Page 84.
(2) « Faites, si vous voulez, des frictions mercurielles sur le cuir chevelu tout entier jusqu’à salivation, ce qui montrera bien que le mercure a traversé le tégu-
Ces considérations ne sont pas, il faut l'avouer, des plus encourageantes ; l’inanité des méthodes thérapeutiques employées jusqu'à ce jour nous apparaît comme inévitable, étant données les conditions de la lutte. Il faudra donc chercher ailleurs. Trouvera-t-on des substances plus pénétrantes que celles qui ont été expérimentées ? Arrivera-t-on, par des moyens externes où internes, à rendre le follicule inhabitable pour le champignon ? Est-ce en modifiant la nature du cheveu, en lui donnant les caractères du poil adulte, qu’on le débarrassera de son hôte ? Nous ne savons ; ce que nous croyons, en tout cas, c’est que les recherches ne devront pas perdre de vue l’inaccessibilité actuelle du parasite des tondantes, et que, connaissant la profondeur de la lésion, elles feront bien de ne
pas s’attarder à la traiter superficiellement.
ment, et cependant la teigne ne sera pas guérie. » BESNIER et DOYON. — Le fait peut se vérifier facilement par la culture, toujours positive dans ces condis tions.