DATES
polymorphisme des tondantes d’origine animale, de celles qui s'accompagnent de surproductions tégumentaires. Un enfant se présente avec des cheveux longs et dans un état sordide ; d'énormes plaques croûteuses recouvrent des lacs de pus, et ces croûtes sont retenues par les cheveux qui les traversent ; le premier diagnostic qui vient à l'esprit est celui d’impétigo ; mais si l’on coupe les cheveux au-dessous des croûtes, on s'aperçoit que tous les points où la suppuration existait présentent des poils ayant une collerette à leur base et n’amenant pas leur bulbe à lépilation : il s’agit d’un trichophyton ectothrix. D’autres enfants sont porteurs d’un véritable psoriasis confluent du cuir chevelu ; les cercles sont assez mal dessinés, incomplets ; on cherche le psoriasis de la peau vague, il n'existe pas ; l’idée de la teigne ne vient qu’en second lieu, et c’est la vraie. Un autre enfant présente des poux et des lentes, et de l’impétigo à croûtes mellitagriques d’un jaune d’or ; Porigine pédiculaire de l'affection semble évidente ; on coupe les cheveux, on fait tomber les croûtes, et l’on découvre des points de trichophytie confluents.
Il n'est pas jusqu à la tondante à petites spores de Gruby- Sabouraud qui, dans les cas où elle est extrêmement généralisée, ne puisse en imposer pour la maladie, non mycosique, désignée sous le nom de fausse teigne amiantacée de Devergie.
La question se complique encore quand on à affaire à une lésion déjà traitée, et mal traitée, ordinairement par des empiriques. Le microscope seul peut décider, en présence d’un placard à la surface duquel quelques cheveux isolés persis-
tent, s'il s'agit d'une mycose, et si cette mycose est le favus où la tondante à grosses où à pétites spores. Un traitement antérieur, méme convenable, peut également rendre le dia= gnostie fort difficile : après une épilation ou une tentative d'épilation récente, une plaque de tondante est complètement déformée, et 1l est pour ainsi dire impossible de formuler une opinion (1).
Ces faits sont de ceux qui ont le plus contribué à fausser les statistiques de guérisons, car si, grâce à eux, la teigne est souvent restée méconnue, d'autre part on peut dire que bien dés enfants ont été considérés comme teigneux et traités pour tels, qui ne présentaient que des inflammations vulgaires, ne ñécessitant que quelques soins de propreté. M. Béclère, prenant la direction médicale de l’école des teigneux de Saint- Louis, au mois d'avril 1894, a constaté qu'un treizième des enfants en traitement n'avaient pas la teigne,ce qui parait singulier à notre époque. On ne peut faire un crime aux observateurs de 1820 du peu de précision de leur diagnostie, et l’on pardonne aux frères Mahon leur célébrité acquise surtout grâce au nombre incroyable d’impétigos de sordidité soignés par eux sous le nom de teigne tondante; maïs l’on s'étonne avec raison, croyons-nous, de voir qu'aujourd'hui le
(1) Sil’on veut redonner à une plaque malade ses caractères morbides spontanés, tout en continuant un traitement actif, on peut employer le coton iodé, recouvert d’un bonnet de caoutchouc,et laisser repousser les cheveux pendant trois semaines. Tous les deux jours, on nettoie au savon le cuir chevelu, on lave le bonnet et on change le coton iodé. Les cheveux sains ou malades, bien que les spores de ces derniers soient stérilisées, reprennent intégralement les
caractères objectifs qu'ils avaient avant toute intervention thérapeutique. (Les Trichophyties humaines, Zoc. cit.)
diagnostic n'est pas toujours confirmé par la constatation microscopique d’un cryptogame, ne l’est que rarement par la différenciation entre les divers parasites des teignes, et pour ainsi dire jamais par la culture en milieux appropriés.
Le point le plus important du diagnostic des tondantes est la précocité de ce diagnostic, car si, comme nous l'avons vu, le traitement, une fois la lésion pilaire constituée, présente les plus grandes difficultés, il n'en est pas de même tant que le cheveu a gardé une résistance suflisante pour pouvoir étre épilé en entier, Lorsqu'on examine un enfant isolé, on peut lui être fort utile en lui épargnant une longue maladie, souvent répugnante, exigeant un traitement douloureux ù mais la nécessité du diagnostic précoce devient impérieuse quand ils agit d'un groupe d'enfants, d’une division scolaire, où le moindre cas inaperçu peut devenir l'origine de multiples contagions.
Les lésions du début sont, nous l'avons dit, très minimes ; une tondante qui commence n’est marquée ordinairement sur Le euir chevelu que par un petit cercle d’exfoliation épidermique, confondu le plus souvent parmi des altérations séborrhéiques etmasqué par la longueur des cheveux, Même une fois les cheveux tondus ras, ce cercle ne présente qu'une teinte bistnée à peine appréciable, et passe inaperçu des yeux les plus expérimentés. Il est pourtant de la plus haute importance d’instituer untraitement immédiat : si l’on tarde d’une semaine, le parasite sera installé dans le follicule pileux et la thérapeutique devenue impuissante.
Nous avons, heureusement, à notre disposition, un moyen
facile de faire apparaître nettement ces imperceptibles lésions.
M. Sabouraud nous à souvent montré que si, examinant un cuir chevelu atteint de teigne tondante, on marque d’abord les plaques malades reconnaissables à Pœil nu, et qu'on badigeonne ensuite la tête entière de £einture d'iode (1),on s’aperçoit, souvent avec étonnement, que la teinture d’iode dessine en brun plus foncé un, deux, trois.…, jusqu’à huit ou dix cercles parasitaires que l’on ne voyait pas. En ces points, l’exfoliation épidermique est commencée, les couches cellulaires sont dissociées et légèrement surélevées ; la teinture d’iode s’est accumulée dans les interstices, fonçant considérablement la teinte bistrée naturelle de la lésion et la rendant manifeste à tous les yeux.
Ce procédé si simple de diagnostic a, en outre, l'avantage d’être un excellent mode de traitement. A ce degré, l’altération du cuir chevelu ne diffère pas des trichophyties cutanées contre lesquelles la teinture d’iode est eflicace. Son application per- ‘met non seulement de se rendre un compte exact des lésions, mais encore de les limiter d'emblée au minimum de leurs dégâts. Elle ne comporte aucune espèce de danger ni de souffrance, ni d’inconvénient d'aucune sorte (2) : nous la croyons donc infiniment recommandable au début de tout traitement
de teigne tondante. Même la thérapeutique une fois instituée,
(1) Il est utile d’essuyer aussitôt la teinture d’iode et de frotter le cuir chevelu avec un linge sec. Si l’on veut rendre les points malades encore plus évidents, on peut nettoyer ensuite la tête avec une solution d'iodure de potassium : les parties où l’épiderme est soulevé restent seules colorées.
(1) Dans le cas où il s'agirait d’un enfant cachectique, très affaibli, ou particulièrement sensible à l’iode, on ferait l'application de teinture en quatre jours, en divisant le cuir chevelu en quatre segments.
il nous parait utile de continuer à appliquer la teinture d’iode sur les parties saines en apparence, une fois par semaine environ, au moins jusqu'à ce que la régression de la maladie soit devenue évidente; et nous n’hésitons pas à affirmer que le médecin qui voudra bien employer ce procédé évitera la formation d’une bonne moitié des lésions qu'il aurait ensuite à traiter. -
Voici la première fois, la seule peut-être dans cette étude décevante à bien des égards, que nous avons la satisfaction, après avoir signalé une difficulté, d'indiquer la manière de la vaincre, de placer le remède à côté du mal. On comprendra donc que nous insistions de toutes nos forces pour proposer l'adoption de la teinture d'iode comme moyen de diagnostic précoce et premier traitement des tondantes. Nous irons jusqu’à dire que, connaissant cette méthode, il serait téméraire de ne pas l’employer et de s’exposer par cette négligence à laisser inaperçues des lésions que l’on pouvait facilement mettre en évidence. Et que penser du médecin chargé de l'ins pection d’un groupe d’enfants qui refuserait ce moyen si simple de reconnaître et d’éteindre à la fois le foyer d'épidémie
qu'il est appelé à combattre ?
dr AU LENS AR AVS ITA NT RTE but ARE Se UT TE et FLAT son UTAN VAT
PRE R EL T A A ORIT"
9 SP ee ar MEME! RENE “ CESR ME ET ET L Ÿ CRENX PE 2er, à Le