‹ Les Difficultés du Traitement des Teignes TondantesChapitre 7 sur 37 · LS UE · texte numérisé non relu

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sourire aujourd'hui, en voyant la teigne considérée comme un vice dans les humeurs de l’économie, et soignée par les purgatifs, la saignée, les vésicatoires permanents sur les bras, et la riche collection des apozèmes dépuratifs ? Et les topiques employés quand on se résoud à traiter localement la maladie, ne sont-ils pas bien singuliers ? La bouse de vache et l'urine de chameau des médecins arabes font hausser les épaules, les caustiques et les emplätres de l'antique polypharmacie paraissent bien peu rationnels, la calotte de poix fait frémir. Tout cela parait administré à l’aventure, sans méthode ou d’après des méthodes à priori qui ne reposent sur rien ; on s’effraie de cette longue enfance de la médecine, et c'est avec une vraie satisfaction que l’on voit arriver la période moderne, marquée par la découverte du parasite.

Cette satisfaction est malheureusement un peu platonique, car, à y regarder de bien près, les traitements modernes ne sont pas aussi éloignés des anciens qu’on pourrait le supposer d’après la révolution dans les doctrines. Il y a loin des idées humorales à la notion de la moisissure ; la distance est moins grande, il faut l'avouer, entre le vinaigre et l'acide pyroligneux, Veuphorbe et l'huile de croton, la calotte et les traumaticines ; quant au soufre, aux sels de mercure, à la térébenthine, is forment encore la base de traitements employés aujourd’hui ; nous-même recommanderons tout à l'heure l'iode et l'emplätre de Vigo de nos ancêtres. Ces considérations doivent, semble-t-il, nous ramener au respect de la thérapeutique ancienne ; les moyens dont nous disposons sont

les siens, un peu perfectionnés ; les résultats que nous obte-

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nons sont les mêmes, un peu améliorés (1) ; etles médecins d'autrefois avaient pour excuse qu’ils agissaient sans connaître la cause du mal, tandis que nous en avons déterminé la nature ; ils appliquaient au hasard tous les remèdes que leur suggérait leur imagination, tandis que nous avons un but précis : la destruction du parasite; ne seraient-ils pas en droit de nous railler à leur tour et de nous faire observer qu'eux aussi ont eu de beaux cas de guérison avec les cendres de crapaud (2) ? À

Nous ne voulons pas dire par là que l’art de traiter les teignes n'ait fait aucun progrès et que nous ne soyons pas plus avancés qu'à l’époque où Ambroise Paré en abandonnait la cure « aux empiriques et aux femmes ». Au contraire, dans cette longue histoire des efforts de la thérapeutique contre la maladie qu’on appelait l’opprobre de la médecine,

on trouve de temps à autre une conquête réelle. Les frères

Mahon (3), par exemple, malgré le soin peu charitable qu'ils

prenaient de tenir leur méthode secrète, rendirent de grands services, en substituant au douloureux procédé de la calotte l'épilation avec le peigne et les doigts. Mais le progrès le plus

sensible est dû à Bazin, qui combina l'épilation par la pince ? Ï

(1)« On traite par voie d’arrachement avec l’emplâtre agglutinatif. . On renouvelle l’application des emplâtres trois fois par semaine, après avoir coupé les cheveux à la longueur d’une ligne et avoir brossé la tête. Le plus court traite ment est de quatre mois, le plus long de deux ans. Communément on est guéri dans l’espace de six ou de huit mois. » TENON. Mémoires sur les hôpitaux de Paris, 1788,cités par H. FEULARD.

(2) « Prétendu remède secret, qu’un certain PIEVANO FORZONI avait trouvé le moyen de vendre fort cher à l’empereur d'Autriche Léopold IT, qui le rendit public. » H. FEULARD.

(3) MAHON jeune, Recherches sur le siège et la nature des teignes, 1829.

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