‹ Les Difficultés du Traitement des Teignes TondantesChapitre 8 sur 37 · AD EE · texte numérisé non relu

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avec les parasiticides (1) ; la plupart des traitements actuels ne sont que des modifications de celui de Bazin ; tantôt on améliore la technique, tantôt on change le parasiticide, mais le principe reste le même : essayer d’abord d’arracher le cheveu, puis de faire pénétrer dans le follicule une substance qui tue le champignon, cause, symptôme et lésion de la teigne tondante.

Il semble qu’il n’y ait rien de plus rationnel et que la liste des essais infructueux doive s’arrêter là. Il n'en est cependant pas ainsi; après Bazin, une foule d'auteurs reprennent la question, et les communications se multiplient. Nous ne croyons pas indispensable d’en donner une nomenclature complète, bien que lPexposé de ces tentatives opiniâtres soit loin d’être dépourvu d'intérêt ; les hommes les plus considérables, on peut dire tous les maîtres de la dermatologie contemporaine, se sont acharnés au problème de la destruction du trichophyton et ont épuisé dans ce but tout l'arsenal de la thérapeutique. Pour ne citer que quelques exemples, on a fondé tour à tour les plus grandes espérances sur le pétrole (2). préconisé par M. Browne, qui saupoudrait aussi la tête avec un mélange de fannin, d'iode et de gomme arabique et l’humectait d'huile; sur le savon vert (3), employé par M. Kaposi contre l’herpès tonsurant généralisé ; sur le crayon

à l'huile de croton (4), de M. Ladreït de Lacharrière; sur la

1) BAZIN. Recherches sur la nature et le traitement des teignes, 1853. 2) The Practitioner, mai 1874.

3) Lehrbuch der Hauthrankeiten, 1876.

( ( ( (4) Bulletins de l’Académie de médecine, juillet 1876.

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calotte de collodion au sublimé (1), de M. Bucquoy ; sur la poudre de goa et son alcalcide la chrysarobine, jusqu’à ce que leur ineflicacité ait été constatée par M. Adler Smith (2) ; sur l’agglutinatif en bâton, de M. Duncan Bulkley (3); sur l'acide salicylique, vanté par M. Rabitsch, du Caire (4) ; le cantharidal collodion, de M. Van Harlingen (5); l'acide pyroligneux, de M. Cramoisy (6). Et les brillants résultats ne manquaient pas : M. Brame, de Tours, publiait vingt-cinq observations favorables obtenues avec le coaltar (7) ; M. Malcolm Morris guérissait en huit semaines avec le menthol et le thymol (8) ; on obtenait des succès en Angleterre grâce au pouvoir pénétrant de l'oléate de mercure (9); M. Van Harlingen guérissait des cas très graves de ringworm avec la glycérine phéniquée (10); d'autres, avec la résorcine, le camphre, Viodoforme, l'eau oxygénée... Cependant M. Horand, de Lyon, comparant l'épilation employée seule avec l'épilation asoociée à des parasiticides divers, n'avait constaté aucune différence appréciable dans la longueur du traitement (11) ; et M. E. Besnier, après trente ans de pratique journalière,

déclarait en propres termes que la durée de la maladie était

(1) Bulletin thérapeutique, janvier 1877. (2) The Lancet, janvier 1880.

(3) Archives of dermatology, avril 1881.

(4) Wiener medicinische Wochensehrift, avril 1882. (5) Medical News, mars 1883, (6) Bulletins de l'Académie de médecine, janvier 1884. (7) Bulletin thérapeutique, mars 1878.

(8) The Lancet, janvier 1881.

(9) The Birmingham medical, août 1883.

…. (10) Medical Nens, mars 1883.

(11) Annales de dermatologie, 1876.

CR CE" indéterminée, quels que fussent les agents antiparasitaires employés (1).

On avouera qu'il y avait là de quoi décourager les confiances les plus robustes ; la lutte continua pourtant, exaspérée en quelque sorte par la résistance du champignon microscopique qui, une fois établi dans un follicule pileux, semblait défier toutes les attaques de la médecine. La plupart des praticiens gardèrent leur foi dans les antiseptiques, d’autres eherchèrent ailleurs les moyens d’expulser le parasite. MM. Vidal et Marfan, ayant remarqué qu'il était aérobié, comme tous les champignons d'ailleurs, imaginèrent de le priver d'air, et vantèrent les pansements par occlusion (2). M. du Castel, désespérant de l’atteindre par les orifices pilaires, essaya de le détruire au moyen d’injections intradermiques de sublimé acide (3). Nous arrivons avec ces éminents praticiens à la période tout à fait actuelle du traitement des tondantes ; les dermatologistes français et étrangers poursuivent avec persévérance la solution du problème, et il est permis de dire que, si les méthodes employées présentent souvent des analogies, les moyens pratiques sont différents, au point que l'on peut visiter tous les services d’hôpitaux où l’on soigne les teignes sans rencontrer deux traitements identiques.

On comprend, dès lors, lembarras du médecin qui, ayant

une tondante à traiter, cherche à s'inspirer des travaux

(1) Besnier et Doxon. Traduction du Traité de pathologie et traitement des maladies de la peau, de MORITZ KAPOSI,

(2) Congrès international de dermatologie et de syphiligraphie, 1889.

(8) J. AUDRAIN. Contribution à l'étude de la trichophytie tonsurante. Thèse, 1892.

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des maîtres en la matière, et l’on nous excusera si, voulanténumérer les principales difficultés de la thérapeutique, nous avons inscriten première ligne la multiplicité des traitements proposés. En effet, on n'aperçoit pas bien tout d'abord pourquoi on en choisirait un de préférence à un autre. Dois-je, se demandera le médecin désireux de guérir l'enfant qui lui est confié, m'en tenir au traitement de Bazin, c’est-à-dire à l'épilation et à la pommade au turbith minéral, ou bien appliquer, comme fait M. Kaposi, un mélange d'huile de hêtre, de soufre et de naphtol, et des solutions alcooliques d'acide phénique et d'acide salicylique ? Ne vaudrait-il pas mieux employer, comme M. Hallopeau, une lotion excitante renfermant de l’alcoo! camphré, de l'essence de térébenthine et de lammoniaque, puis appliquer de la vaseline iodée à 1/100 ? N'est-ce pas M. Thin qui a raison de se servir de pommades soufrées et de glycérines phéniquées dont le titre est gradué suivant l’âge de l'enfant, ou bien d'onguent citrin, ou encore de la préparation du D' Startin, composée de soufre, chloramidure de mercure, sulfure noir de mercure, huile et axonge ? Je devrais plutôt peut-être imiter M. Pellizzari, qui préfère une pâte de camphre et d'huile de foie de morue et une pommade à l'acide pyrogallique. Si l’occlusion, pourtant, était plus efficace, je rendrais plus de services à mon malade en lui enduisant le cuir chevelu de vaseline, et en lui faisant porter un bonnet imperméable; je pourrais même,comme a fait M. Vidal, employer la vaseline boriquée où iodée, et faire en outre

des frictions à l'essence de térébenthine et des badigeonnages

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