‹ Les Difficultés du Traitement des Teignes TondantesChapitre 9 sur 37 · RE ES · texte numérisé non relu

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de teinture d'iode. Mais les imjections intradermiques ne sont-elles pas plus actives ? Et le cosmétique au croton tiglium n’a-t-il pas obtenu de nombreux succès ? Et les cou rants continus de M. Reynolds, de Chicago ? Et le pouvoir pénétrant des oléates ?...….

Arrêtons cette interminable nomenclature, de peur qu'on ne nous accuse d’embrouiller à plaisir une question déjà fort difficile. Ce que nous avons voulu montrer, c’est l'hésitation inévitable du médecin soucieux de son devoir en face des nombreuses voies que lui offre la thérapeutique actuelle. Il faut avoir eu l'illusion de croire qu'il suflisait de comparer les uns aux autres les divers traitements proposés, afin d’en ürer la meilleure règle de conduite, pour serendre un compte exact de la grandeur dela déception. L'esprit se perd au milieu de ces méthodes et de ces formules, qu'il est d’ailleurs impossible de connaitre toutes. Nous en avons cité quelquesunes, nous en avons passé d’autres sous silence, il est certain que beaucoup noûs sont inconnues. Que faire en présence de ce chaos ?

La réponse parait simple: il ne faut point s’embarrasser des théories, ni même subir trop docilement l'autorité des maitres qui les professent, mais juger les procédés d’après les résultats obtenus. Lisons les observations et les statistiques, examinons la durée moyenne de chaque traitement et choisissons celui qui conduit ïe plus vite à la guérison. Nous sommes forcé de toucher ici un point fort délicat, et que nous voudrions n'aborder qu'avec une extrême réserve. Certains

auteurs, des plus compétents et des plus consciencieux,

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annoncent qu'ils débarrassent un sujet d’une tondante confirmée en deux ou trois mois, quelquefois même en trois ou quatre semaines ; comment oserions-nous avancer à notre tour, dans ce modeste travail, que nous avons toujours vu la maladie résister beaucoup plus longtemps, malgré des soins attentifs et continus ? Il va sans dire que nous ne nous permettrons de contester la parole de personne ; nous dirons seulement que, dans lés observations publiées et que nous tenons pour absolument smcères, on a souvent négligé certains facteurs dont l'importance nous parait de premier ordre, tels que le pronostic de la maladie et le diagnostic mdubitabie de la guérison. Ces questions, qui peuvent, à notre avis, prendre place parmi les diflicultés du traitement des tondantes, seront examinées dans la suite de cette étude ; mais nous pouvons déclarer dès à présent que les statistiques qui n’en tiennent pas compte diminuent beaucoup de valeur à nos yeux. D'ailleurs, la multiplicité même des traitements préconisés nous est un sûr garant du peu de crédit que les auteurs accordent aux résultats promis par leurs concurrents. Comment, après la vulgarisation d’un traitement qui guérit en quatre semaines, en verrions-nous proposer un autre qui n’a la prétention de guérir qu'en trois mois, si le premier était vraiment eflicace ? Choisissons, à dessein, un exemple auprès de maitres éminents, pour lesquels notre profond respect est indiscutable. M. le professeur Unna, de Hambourg, traite les tondantes au moyen d’un pansement imperméable fixé à l’aide de la colle de zinc, sous lequel il applique

alternativement une pommade à la chrysarobine et une autre

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à l’ichtyol, la première pendant quatre jours, la seconde pendant trois, jusqu'à parfaite guérison. « Celle-ci, dit M. Brocq, auquel nous empruntons ces détails (1), est obtenue dans la majorité des cas en quatre semaines. Ces résultats réellement merveilleux doivent engager les dermatologistes français à expérimenter cette méthode. » Or nous lisons, dans la thèse de M. Carrère (2), « qu'il résulte de recherches faites au laboratoire de M. Quinquaud, qu’en appliquant rigoureusement le traitement de Unna, on constate, six semaines après le début, que des cheveux ensemencés dans des bouillons appropriés donnent encore lieu à des cultures fertiles » (3). Et M. Quinquaud, le regretté médecin de l'hôpital Saint-Louis, préconise un traitement basé sur le raclage à la curette tranchante, les lotions et les emplâtres au bichlorure et biüodure d'hydrargyre, dont la durée, d’après lui, « oscille entre trois et cinq mois » (4). Les conclusions mêmes de M. Quinquaud ne sont-elles pas trop optimistes ? C’est une

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question à examiner (5) ; nous ne voulons retenir ici que le

(1) Traitement des maladies de la peau. Article : Trichophytie.

(2) Étude sur le traitement de la teigne tondante, 1890.

(3) Et nous savons tel cas de tondante, envoyé à M. Unna par un professeur agrégé de Bruxelles, traité pendant trois mois, et revenu de Hambourg sans amélioration évidente, en tout cas sans guérison.

(4 De son côté, M, BUTTE, le distingué chef de laboratoire de M. Quinquaud, propose ensuite une pommade au protochlorure d'iode, avec laquelle la guérison est également obtenue en trois à cinq mois. Thèse CARRÈRE.

(5) « Si, au lieu de considérer la durée seule du traitement, on considère la durée totale de la maladie, dans les 102 observations dont M. Quinquaud a communiqué le résumé au Congrès de dermatologie de 1889 (voir p.195 du Compte rendu), on trouve que 62 fois sur 102 (environ 3 fois sur 5) fla durée totale a atteint où dépassé un an ; que dans plusieurs cas elle a atteint deux ans, trois ans, quatre ans. » H. TENNESON. Jraité clinique’de dermatologie, 1893.

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