‹ Les difficultés qui se présentent lorsque l'on veut diminuer la durée du séjour des malades dans les hôpitaux parisiensChapitre 11 sur 35 · LL DY · texte numérisé non relu

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mentaires. Certains, en effet, voulaient préserver la notion d’assistance communale et partant la notion de Domicile de Secours.

D’autres idées neuves sont exposées pour la 1" fois dans une Assemblée d'importance nationale. Le Comité « voudrait que tous les vieillards qui ont une famille soient nourris chez eux au moyen d’une pension de secours ». Il voudrait qu’on crée des ateliers de secours pour les ouvriers sans emploi. La Convention veut nationaliser pratiquement l’Assistance. Mais le directoire rétablit le domicile de secours. Dans la suite, avec les oscillations politiques, on constatera un plus ou moins grand désir des gouvernants de faire aboutir ce principe théoriquement reconnu par tous : l’Assistance est un droit pour les pauvres, un devoir pour la nation.

Mais ce principe a subi au cours des fluctuations politiques d’étranges transformations. C’est ainsi que Napoléon III s’efforce, en son nom, de prendre la direction de toutes les organisations charitables. D’après la loi du 7 août 1851, le Préfet nomme l’Administrateur Charitable. Le Gouvernement se réserve la nomination des Administrateurs de Sociétés de Secours Mutuels, etc. Quand une organisation charitable en dehors de l'Etat devient trop puissante, elle est dissoute. C’est ainsi que l’Empire ordonne la dissolution du Comité Directeur des « Conférences de Saint Vincent de Paul ». De la même façon que les Césars ont modifié de fond en comble l’Annone des Gracques, on modifie la notion de devoir national d’Assistance.

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€e n’est pas la nation qui choisit parmi ses Membres quelques-uns d’entre eux responsables devant elle, pour organiser les secours aux malheureux. Mais on nomme à la direction d'œuvres déjà créées des fonctionnaires dépendant uniquement d’un fonctionnaire plus haut situé dans la hiérarchie administrative et finalement d’un haut fonctionnaire aussi puissant qu’il est éloigné de la nation. Simultanément, une différenciation se produit, de plus en plus poussée, entre le médecin qui soigne les malades et le fonctionnaire qui organise l’assistance.

La troisième République certes, a amélioré les services d’Assistance. Elle a créé l’Assistance médicale gratuite, l'allocation aux vieillards. Mais elle n’a pas modifié l’organisation de l’assistance avec sa conception du domicile de secours, avec ses fonctionnaires hiérarchisés, et surtout avec la rupture entre la médecine et l’assistance.

A l'étranger d’ailleurs, le problème se pose à peu près de la même façon : « La famille, le foyer, les conditions sociales, le caractère particulier, les affaires d’argent d’un patient qui ne sont pas des éléments négligeables pour sa guérison, sont cependant tellement relégués à l’arrière plan par le médecin et l'infirmière qu’absorbent leur tâche précise, que le malade pourrait tout aussi bien être un citoyen de Mars, détaché sur la terre pour une période de traitement, et qui, une fois amélioré, regagnerait sa mystérieuse planète » a pu écrire l’Américaine Miss Gardner dans Public Health Nurse. Le Docteur Cabot,

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en 1903, se rend compte que cette rupture entre la médecine et l’assistance rend stérile bien des «efforts; il crée en Amérique les premières Assistances sociales. L'idée fait fortune et le Service Social se répand de par le monde. En France, Mme la Doctoresse NaA- GEOTTE fait en 1913, une communication sur ce sujet à la Société de Pédiâtrie : « Tout l'effort des médecins et de leurs assistants est concentré sur le diagnostic et sur l’étiologie des maladies, et pour arriver à une précision toujours plus grande, on n’épargne ni la peine du médecin, ni le temps du consultant, ni ses souffrances physiques et morales. Il est bien certain que la précision du diagnostic est essentielle, mais il est non moins indiscutable que la justification de tout ce travail préliminaire c’est le traitement de la maladie. Et justement là, le médecin se voit dans un nombre considérable de cas tout à fait impuissant : il donne des conseils que le patient ne peut pas suivre, faute de temps, faute de surveillance. IL est par exemple, facile de détacher du bloc une feuille de régime pour diabétique ou dyspétique, et de la remettre au malade. Mais qui s’arrête pour remarquer l’air découragé du patient à la lecture de tous les aliments interdits à sa bourse ? Il est facile de conseiller à une famille de changer un enfant anémique de climat, ou de faire abandonner un métier à un jeune homme, mais le médecin ne s’occupe pas

de rendre ces bons conseils exécutables… Il y a là : une mauvaise utilisation du travail médical, un vice de fonctionnement que l’on ne peut tolérer une fois

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