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Mais en même temps, Louis XIV mène grande lutte contre les mendiants; ils pullulent en effet. Il y en a plus de 10.000 à Paris. On scinde l'hôpital en deux : l’'Hôtel-Dieu pour les malades, l'Hôpital général pour les mendiants valides, les vieillards et les enfants. Cet Hôpital Général est un intermédiaire entre une prison et un hospice. On condamne aux galères les hommes et au fouet les femmes pris à mendier. Simultanément, on crée des Hôpitaux-Hospices dans les principales villes de province, chaque ville devant secourir ses mendiants. Mais aucun Hôpital Général ne pût réussir à enfermer tous les mendiants qui accouraient des campagnes, où, sans terre, ils mourraient de faim. Le pouvoir royal dut reconnaître la nécessité de lPassistance à domicile, d’où la création à Paris, par exemple, du Grand Bureau des Pauvres.
D’autre part, le pouvoir royal lutte contre la conception d’assistance dispersée. On veut rendre uniforme l’administration hospitalière, mettre partout des représentants du roi, (les 24 articles du 12 décembre 1698). Il y avait d’ailleurs une énorme gabegie. On répétait ce mot que le premier Président de Harlay aurait répondu à un candidat à la place de Recteur (Directeur du Bureau des Pauvres) qui s’excusait de n’être point venu en carrosse : « Allez, Monsieur, vous en aurez bientôt un ! ». On accuse vers le milieu du XVIII siècle un Procureur Général au Parlement de s’être fait 60.000 fr. de rentes sur l'Hôpital Général.
Comme les Hôpitaux Généraux ne pouvaient renfermer tous les mendiants, le Gouvernement de Louis
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XV créa dans ce but en 1724 des espèces de prisons appelées « Renfermeries ». Elles sont disparues 10 ans plus tard. En 1767 on rétabli le Dépôt de Mendicité où furent enfermés avec les mendiants, des fous et des repris de justice.
Le peuple est très hostile à ces mesures. Au XVIII* siècle l’assistance à domicile reprend le dessus. Il existe des Bureaux des Pauvres qui distribuent l’aumône chaque mois, parfois chaque semaine. Mais toujours parce que les gens des villes luttent contre ceux qui, privés de terre, arrivent des campagnes, les pauvres inscrits sont souvent astreints à porter sur l'épaule une croix de drap jaune, bleue ou rouge. Et lorsque les Hôpitaux Généraux ne s'occupent pas de cette tâche, les Bureaux des Pauvres s’occupaient de punir et d’expulser les mendiants étrangers à la ville. Pour cela ils ont à leur service des agents spéciaux nommés « Chasse-gueux, ou Bedaux des Pauvres, archers de l’Ecuelle ».
Comme la création du Domicile de Secours, la division des Hôpitaux en Hôtel-Dieu et Hôpital Général est dûe à la nécessité pour les gens aisés de se déiendre contre les foules d’indigents, anciens paysans ayant perdu leurs terres qui affluent dans les villes. Le médecin n’a guère plus d’influence dans les Hôtel- Dieu que les autres serviteurs à gages chargés du service intérieur et de l’approvisionnement. Barbi :rs et chirurgiens étaient toujours confondus.
Pendant la période qui précéda la Révolution, la question de l’Assistance ne pouvait laisser indifférents
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les esprits. Une partie des libelles politiques qui se publient journellement lui est consacrée. En 1777, l'Académie de Châlons-sur-Marne, ouvre un concours sur ce sujet. Les auteurs de mémoires sont des littérateurs, des abbés, des magistrats, des médecins, Leur mentalité n’est plus celle des contemporains de Sénèque, de Fabiola, de St-Vincent de Paul. Préoccupés surtout de l’intérêt de la Nation, ce qu’ils voudraient c’est la suppression de la mendicité, qu’ils considèrent non plus seulement comme une honte, mais aussi comme une déperdition de force pour la Patrie, L'Académie de Châlons a posé la question dans ce sens : « Les moyens de détruire la mendicité en rendant les mendiants utiles à l’Etat sans les rendre malheureux ». Une idée puisée dans le Contrat Social se fait jour : L'Etat doit se charger de l’Assistance.
La Révolution se déclanche; les Bastilles tombent. L'Assemblée Constituante crée le 21 janvier 1790 le Comité de Mendicité où entrent beaucoup de prêtres et qui est présidé par le Duc de La Rochefoucault. Sept rapports furent présentés à l’Assemblée, accompagnés d’un projet de décrets. Un nouveau principe apparaît : l’Assistance est un Droit, au même titre que la Justice et elle doit être égale pour tous. En conséquence, la Nation seule est capable d’assurer cette égalité; l’assistance doit être nationale; tous les bien charitables seront réunis en un fonds commun dont l’Assemblée représentant la Nation aura la garde.
Ce dernier principe déclanche des batailles parle-