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A l'actif de la Salle Rayer une diminution de 4.570 journées pour l’année, soit 10 journées par malade.
Or, il est important de diminuer la durée de séjour des nialades dans les hôpitaux.
Le fait qu’un vieillard ou un incurable occupe pendant de longs mois un brancard dans une salle de malades aigus n’est pas sans gêner quelque peu le Chef de Seiv'ce dont le service est moins ac'if (Cela gêne aussi les étudiants : l’externe qui s’occupe d’un certain nombre de lits observe moins de malades si les lits sont occupés longtemps par la même personne. Mais il est des inconvénients bien plus graves.
A la date du 17 décembre 1936, pour 39 lits budgétaires il y avait une population de 60 malades à la salle BO, à Lariboisière; salle B. pour 39 lits budgétaires, 62 malades; salle R. pour 38 lits budgétaires 63 malades; salle L. pour 39 lits budgétaires 67 malades. Les malades serrés les uns contre les autres se gênent mutuellement, surtout s’il en est d’agités la nuit, et les malades aigus, qui, eux, ont leur place à l’hôpital, souffrent particulièrement de cet état de choses. De plus, des contaminations sont possibles, en particulier, lorsque des tuberculeux sont couchés dans des salles surchargées. Enfin cette surcharge présente aussi des inconvénients pour les infirmières qui sont obligées de beaucoup s'occuper des vieillards gâteux et des agités et ont moins de temps pour soigner les malades aigus.
D’autre part lorsqu'un chronique occupe un lit d'hôpital, il coûte environ 40 fr. par jour, un peu
Joue
moins dans une salle de médecine, un peu plus dans une salle de chirurgie. Dans une maison de convalescence ou dans un hospice le prix de revient de la Journée est beaucoup plus bas, environ moitié moindre. C’est donc une économie importante pour les finances publiques que réaliserait le placement rapide des vieillards et des incurables.
On voit parfois traîner dans des lits d’hôpitaux des malades jeunes, diminués physiquement, mais qui sont loin d’être incapables de tout travail. A l’hôpital ils sont entièrement à la charge de la société.
Enfin, de longs séjours à l’hôpital diminuent les individus. Il est triste de voir ces personnes d’un certain âge, jadis bons ouvriers, légitimement fiers de connaître leur métier, perdre petit à petit à l’hôpital leur sens de l’existence et devenir des malheureux ballotés d’un lit à l’autre; ces fins de vie sont profondément tristes. Petit à petit les chroniques prennent à l'Hôpital une mentalité de « clochards » même pas indépendants. C’est une question d'honneur que de sortir le plus rapidement possible de lhôpital, milieu déprimant, les chroniques et les vieillards qui n’ont commis d’autre faute que d’être usés par de longues années de travail.
Enfin, il n’est pas douteux que les lenteurs du placement sont parfois néfastes à la santé de certains convalescents et surtout des tuberculeux. Il n’est pas exceptionnel, nous en verrons plus tard des exemples de voir l’aggravation des lésions de tuberculeux qui attendent des mois leur envoi au sanatorium.
CEE
Les résultats obtenus dans son service par Monsieurle Docteur May, des observations prises par les assistances sociales et qu’elles ont bien voulu nous laisser consulter, des communications de Monsieur le Professeur BESANÇON et de Monsieur le Docteur Etienne BERNARD, différents autres documents vont nous permettre de relever les difficultés auxquelles on se heurte lorsque lon veut diminuer la durée du séjour des malades dans les hôpitaux parisiens, et d’envisager un certain nombre de solutions. Ine s’agit pas de diminuer la durée du séjour à l’hôpital des malades aigus. On peut concevoir une organisation qui permette de traiter gratuitement en dehors de tels malades. Mais notre thèse n’a pas de limites si vastes. Il ne s’agit que d’envisager le cas des chroniques, des. tuberculeux, des convalescents. Il nous semble utile . de traiter séparément les problèmes que soulève le placement de chacune de ces catégories de malheureux.