‹ Les difficultés qui se présentent lorsque l'on veut diminuer la durée du séjour des malades dans les hôpitaux parisiensChapitre 15 sur 35 · CHAPITRE III PLACEMENT DES MALADES CHRONIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III PLACEMENT DES MALADES CHRONIQUES

Il nous semble qu’il faut distinguer parmi les malades chroniques, lorsqu'il s’agit de leur trouver un placement, d’une part ceux qui sont incurables, cloués au lit d’un bout de l’année à l’autre, qui ont constamment besoin de soins, d’autre part les vieillards qui n’ont besoin d’un lit que pour se reposer et dormir, et enfin ceux qui sont seulement des demichroniques, sujets dont la capacité de travail est diminuée mais ron pas nulle.

Les services actifs sont encombrés de tels malades. Par exemple, en janvier 1936, nous relevons à la Salle V. : sur 17 occupants, 6 chroniques, soit 1/3. A la salle D. : sur 24 occupants, 9 chroniques ou demichroniques.

Les statistiques administratives montrent que le 5 novembre 1933 sur 11.822 hospitalisés, il y a 1.511 chroniques. Le 5 novembre 1935 sur 15.210 hospitalisés il y a 1.502 chroniques à placer. Le 5 octobre 1936 sur 13.677 hospitalisés, 1.500 chroniques à placer. Ces chiffres sont relevés à une époque de l’année où nos hôpitaux ne sont pas encombrés. On n’a fait

Be

entrer dans la catégorie des chroniques ni les tuberculeux, ni les cardiaques non aigus; et les statistiques d’hôpitaux tels que Claude-Bernard oules Enfants- Malades sont inclues dans ces statistiques générales. D'autre part, ce n’est pas avec une rigueur mathématique qu’on peut ranger tel malade parmi les chroniques et tel autre non. En tous cas, il est certain qu'il y a au moins dans nos hôpitaux un chronique sur 10 malades.

Or ces malades chroniques restent souvent fort longtemps dans les salles de médecine générale. Il est inutile d’insister sur ce point qui est bien connu de tout le monde. Par exemple dans 2 services de l’hôpital Tenon en février, 37 restent 4 chroniques qui sont depuis très longtemps hospitalisés :

P..., Hélène : le placement a été demandé le 2 sept. 1935; l’Assistance Obligatoire à été refusée le 7 déc. 36; une nouvelle demande a été refaite le 8 janvier 37.

V. Jeanne : Demande de placement le 28 février 36. Assistance obligatoire acceptée; la malade devait entrer à la Salpétrière; mais on la refuse parcequ’il n’y a actuellement pas de place pour elle dans cet hospice.

T, Blanche : demande de placement, 13 ter., 7 fév. 35. À. O. refusée par Bagnolet. Une nouvelle demande est faite le 1% déc. 36.

G. Joséphine : 1° demande 10 août 35, le dossier est transmis à la mairie, 30 janv. 37.

Pour accélérer le départ des malades chroniques, certains médecins qui n’ont pas tendance à envisager

dite

le problème dans son ensemble, ou l'assistance pour diminuer ses dépenses propres tendent à utiliser des méthodes qui nous semblent insuffisantes car elles ne suppriment en aucune façon les causes de l’encombrement des hôpitaux. En médecine, un traitement symptomatique n’amène le plus souvent qu’un soulagement passager, seul, le traitement étiologique est véritablement efficace. Cette règle thérapeutique nous semble juste aussi lorsqu'il s’agit de soigner non pas les troubles d’un organisme humain, mais les troubles d’un organe, d’un appareil de la société. Quelle méthode empirique utilise-ton pour lutter contre l’encombrement des services actifs ?

D'une part, si, par exemple, il s’agit d’un vieillard qui s’est fait hospitaliser un jour d'hiver pour une poussée aiguë de bronchite chronique, dès que la poussée aiguë est terminée on peut faire le malade sortant. Mais l’expérience montre que ce vieillard risque bien de se faire admettre de nouveau à l’hôpital. 48 heures en moyenne après sa sortie, l’aprèsmidi ou dans la soirée, il se présente à la consultation d'urgence du même hôpital ou d’un autre hôpital de la région parisienne. Il est bien difficile à l’interne de garde de refuser un vieillard qui présente des signes de bronchite plus ou moins nette, qui n’a pas peutêtre mangé grand chose avant de se présenter à l’hôpital, et qui risque toujours de faire un accident aigu. Il nous apparaît que faire sortant un vieillard sans savoir où il ira une fois sorti de l’hôpital n’est pas une solution efficace.

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