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payait sa chambre et sa nourriture. Voyant que l’état mental de son frère empêchait celui-ci de trouver du travail, elle a fait une demande de placement au commissaire de police qui lui a envoyé une convocation pour passer une contrevisite à l’hôpital. La consultation externe admet ainsi M. L. Un secours de dix francs par jour permettrait à sa sœur de le faire vivre chez elle comme avant son entrée à l’hôpital, ou de le placer dans un asile temporaire.
Mme V.…, entrée le 25 décembre 1933. Mme V.……, vivait seule dans une chambre d’hôtel en faisant des ménages et du blanchissage. Son accident (fracture compliquée du coude nécessitant une ostéosynthèse) la rend incapable de travailler. En attendant son admission dans un hospice elle est obligée de rester à l'hôpital. Un secours de 30 frs par semaine pour son loyer et de 5 frs par jour pour sa nourriture lui suffirait pour vivre de nouveau à l’hôtel.
Dans une enquête récente faite à la Salpétrière par un Conseiller Municipal, membre de la 5° commission, on relève ceci :
Une femme de 65 ans, admise à l’hôpital parce qu’elle eut un pied coupé (?) nous dit tout net : Bien sûr, si l’on m'avait accordé une retraite suffisante, je serais restée chez moi.
Une autre, 80 ans, inscrite à l’assistance; elle touchaïit 150 fr. par moïs + 10 fr. de bons de pain et 30 fr. de charbon par an. « Aucune autre ressource ! Alors je me suis fait hospitaliser >» — « Mais si vous aviez touché par exemple 10 à 12 fr. par jour ? » — « Je ne serais pas venue ici ».
Une autre « Je me suis fait inscrire à l’assistance » — elle touchait « 60 fr. par mois auxquels s’ajoutaient 20 fr. que me versaient ma fille >» — « Mais si
= Aÿ—
vous aviez 10 fr. par jour ? » — « Oh ! je rentrerais chez moi ».
Une autre « Si vous nous faisiez obtenir 10 fr. par jour ? Mais je retournerais tout de suite chez ma fille ! Elle a un petit logement, mais on m’y trouverait bien une place ».
Nombreux sont les cas où la famille pourrait reprendre son incurable à condition de toucher une petite somme, ou bien même l’incurable pourrait vivre seul avec 10 fr. par jour. Comme de toute façon, il faut bien s'occuper des incurables sans ressources, leur allouer systématiquement une petite somme qui leur permettrait de payer l’hospice ou de rester dans leur famille, ne peut pas être considéré comme une dépense pour la collectivité, mais au contraire comme un < manque à perdre » appréciable.
Il nous semble donc que la 1'° raison pour laquelle les incurables restent longtemps dans des salles de médecine générale est le manque de place : auquel on peut remédier en créant de nouveaux hospices, certes mais surtout en allouant à ses mandats une petite somme de 10 fr. par jour, par exemple.
L’encombrement de nos services actifs par les vieillards et les incurables est dû encore, à ce que, pour les malades de banlieue et de province, les différents bureaux se renvoient les dossiers, chacun voulant que ce soit l’autre qui paie :
Mme F.., née Anne C..., le 3 avril 1861. Domicile de secours Combres sur les Côtes (Meuse). Entrée à Tenon le 14 octobre 1935. Proposition le 11 février 1936. Assistance has-
AT
pitalière rejetée par le Conseil Municipal de Combres, le 8 juillet 1936. On écrit une lettre au Maire de Combres le 21 octobre 1936. Le 28 octobre 1936, réponse du maire de Combres; la commune est trop pauvre et ne peut allouer une allocation autre que l'assistance à domicile. Conclusion, le 2 février 1937, la malade est encore à l'Hôpital.
Mme N.…, 82 ans a quitté l’Aisne il y.a 3 ans. La Mairie refuse un placement vu les ressources de la famille. Celle-ci ne peut donner plus de 150 frs par mois ce qui est une somme insuffisante pour un placement payant, et M. N.… étant invalide, il ne peut pas être placé aux Petites Sœurs des Pauvres.
Mme J..., 78 ans atquitté depuis 17 ans Lavallée; elle avait Passistance obligatoire à Lavallée; la mairie a refusé le placement en mai 1933; nouvelle demande en février 1934, le dossier a été envoyé à l’instruction à la mairie du 20° le 4 juin 1934; renvoyé à l'assistance publique le 19 juillet; transmis à Lavallée, dont on attend la réponse en août 1934.
Nous retrouvons ici, la personne qui avait été signalée dans un autre dossier comme non placée par faute de la famille. Dans ce dernier dossier, il semblerait qu’il y eu plutôt mauvaise volonté de Lavallès. Cela montre en tout cas combien il est difficile dans l’état actuel des choses de savoir qui doit payer.
D'autre part, un étranger n’ayant pas quinze ans de résidence ou appartenant à une nation n’ayant pas passé de traité de réciprocité (Arménie par exemple) ne peut pas être placé et reste à l’hôpital des années s’il ne peut pas être rapatrié.
Nous pourrions nous amuser à allonger la liste des
SPRADEES
observations où l’on voit les différents bureaux se renvoyer les dossiers et jouer à cache-cache. La conclusion nous semble devoir être celle-ci: puisque dans le précédent paragraphe, il nous a semblé qu’il était bon d’allouer une certaine somme aux incurables et aux vieillards, cette somme nous semble devoir être allouée non pas par les départements ou les communes, mais par l'Etat. La création d’une caisse de solidarité nationale nous semble être une mesure satisfaisante pour les assujettis, satisfaisante pour notre conscience morale, satisfaisante aussi pour les finances de la collectivité. Il est certain qu’une telle mesure supprimerait beaucoup de lenteurs administratives, puisqu'elle en supprimerait une des causes principales. On peut néanmoins se demander si elles les supprimerait toutes, parce qu’il semble bien qu’à l’heure actuelle des fautes administratives aggravent encore l’incohérence de notre système de placement des incurables :
F, L.., domicile de secours état. Proposée le 17 mars 1934. L’A. P. transmet le dossier à la mairie du 20° à la fin de mars et le bureau de VA. P. affirme qu'il n’a pas revu le dossier en Juillet 1935. La mairie du 20° dit à l'assistance lavoir retransmit à l’administration de l’A. P. le 30 avril. Aucune suite n’est encore donnée à cette demande de placement fin Juillet 1935.
B..., née le 16 mars 1858, entre à Tenon le 6 avril 1935. Proposée le 17 avril 1935. N’a encore rien reçu le 2 mars 1937. L’intéressée dit avoir toujours habité Paris.
Vve C.., née le 21 janvier 1852 à Dannemarie. Entrée à Tenon le 19 juin 1934. Proposition le 12 octobre 1934. Réclamation faite par l’assistante sociale en Juin 1935. Réponse :