‹ Les difficultés qui se présentent lorsque l'on veut diminuer la durée du séjour des malades dans les hôpitaux parisiensChapitre 25 sur 35 · ANT ES · texte numérisé non relu

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18 mai 1936 pour en ressortir le 17 janvier 1937, rentrant chez elle en attendant son départ au sanatorium.

Pour les enfants la situation est plus difficile encore. On peut lire ceci dans le rapport 1935 de Monsieur de FONTENAY au Conseil Municipal : « Je note avec tristesse que 67 enfants tuberculeux de moins de 4 ans n’ont pu être placés faute d'établissements appropriés à leur état ». La Ville de Paris ne peut envoyer ces petits tuberculeux que dans un seul sanatorium d'altitude par l'A. P. Roc de Fiz, et depuis très peu de temps à Briançon par l'O. P. H. S. A Roc de Fiz, l’établissement tout en ayant 150 lits dont 0 à l’A. P. demande un délai de 5 à 6 mois pour les admissions privées et de 6 à 8 mois pour les admissions par l’A. P.

On ne sait pas non plus où envoyer les tuberculeux mixtes, osseux ct pulmonaires par exemple. Le seul Odeillo est bien-insuffisant. Si la radiographie pulmonaire du petit malade qui aurait été envoyé à Berck montre des lésions, alors évidemment on ne peut plus l'envoyer à Berck. Il y a bien des chances pour qu’il reste indéfiniment dans la salle de chirurgie générale où le diagnostic a été fait. « Les malades atteints de lésions pulmonaires encore évolutives associées à des lésions extra-pulmonaires : lésions osseuses ou ostéo-articulaires plâtrées, suppurations ganglionnaires, ne sont admis ou gardés dans aucun sanatorium.…. La cure d’altitude ou d’insolation pourtant si utile pour eux est donc irréalisable pour ces malades ». Docteur Etienne BERNARD.

Pour les nourrissons et enfants de moins de 4 ans, il existe de très grosses difficultés de placement. 1 seul sanatorium : Brévannes «50 % ont dû attendre plus de 2 mois et jusqu’à 5 mois à partir du moment où leur état nous paraissait justifier leur départ à la campagne. Le placement en préventorium est plus difficile encore. Aucun n’a pu être obtenu en moins de 3 mois et demi par l'O. P. H. S.; 4 enfants seulement ont pu partir; tous les autres ayant été repris par leur famille découragée par cette longue attente ». A l’opposé il y a des vieillards que l’on n’accepte pas dans les hospices de Vieillards ou des asiles de chroniques, parce qu’ils sont bacillifères de temps en temps. Monsieur le Docteur Etienne BERNARD dans son rapport sur la situation de 500 femmes tuberculeuses entrées à la Salpétrière en «1934-1935 en dénombre une douzaine dans son service. L’une d’entre elle occupe un lit depuis 7 ans. Et il déclare que « Le danger que ces malades pourraient faire courir à leurs voisines dans un asile de vieillards ou dans un asile de chronique nous semble d’un ordre très réduit ».

En résumé : en ce qui concerne les malades originaires de Paris, il nous semble utile, pour pouvoir les envoyer plus rapidement dans le sanatorium qui leur convient, de simplifier encore les formalités administratives, de grouper tous les tuberculeux des hôpitaux dans les centres de triage, d'augmenter le nombre de lits des sanatoria d’altitude et des sanatoria pour tuberculeux mixtes, des établissements pour enfants et nourrissons.

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Pour les provinciaux et les malades de banlieue, le problème est plus complexe. On sait en effet que chaque département possède ses propres établissements de cure. Les départements, les communes refusent parfois de payer pour un malade placé dans un sanatorium d’un autre département, à moins qu’il ne se soit réservé dans ce sanatorium un certain nombre de lits fixe. La conséquence de cet état de choses, c’est d’abord qu’à côté d’un sanatorium plein où on refuse des places, le sanatorium voisin qui répond à des indications analogues possède des lits disponibles. Ensuite le département ne peut pas avoir des établissements de cure répondant bien à toutes les indications.

Observations de Monsieur Etienne BERNARD.

Mlle Germaine R.…., âgée de 16 ans est orpheline. Elle a son domicile de secours dans le Morbihan, département où sont décédés ses parents. L'état de la malade justifie selon nous un sanatorium d’altitude. Nous la proposons pour Hauteville. La proposition est envoyée à la Préfecture du Morbihan, Celle-ci veut bien placer la malade dans un sanatorium du département, mais elle refuse le sanatorium d’altitude que nous avions proposé. Nous faisons valoir le point de vue médical. Au bout de 6 mois, la malade attend toujours.

Les complications administratives sont nombreuses. Si un provincial tombe malade à Paris, il faut écrire à son département qui répond plus ou moins vite, est parfois obligé de demander à un autre départe-

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ment s’il a des lits disponibles dans son sanatorium, etc. Ces lenteurs existent même lorsqu'un tuberculeux domicilié dans la Seine habite Paris. Les dossiers circulent entre la Préfecture, la Mairie, les A. S., les fédérations mutualistes, les différentes organisations charitables et le résultat est que le tuberculeux reste à l’hôpital.

B... Charles, Impasse Auguste, à St-Ouen. Proposé pour Berck, le 11 octobre 1934. La mère va à la mairie, croit l'A. M. G. accordée, et le bureau dit à l’assistante sociale que le dossier est à la Préfecture depuis le 9 novembre. Le 26 février 1935, démarche de PAssistante sociale à la Préfecture. Le dossier est arrivé. Elle téléphone à la mairie de Saint- Ouen où le dossier est en panne, car on vient de s’apercevoir que le père est assuré social. On demande prise en charge rue de Dunkerque qui répond 1 mois après, que le père est affilié à la Fédération Mutualiste. Le 4 avril 1935, la Fédération refuse à la mère la prise en charge de son enfant sur simple certificat de présence à l’hôpital; elle demande à voir l’enfant. Le 16 avril 1935, l’assistante sociale porte à la mairie de Saint-Ouen certificat de présence attestant que l’enfant étant hospitalisé depuis 7 mois les Assurances sociales ne jouent plus. On promet de constituer le dossier; celui-ci arrive à la Préfecture le 17 avril. Le 7 mai, l’assistante fait une démarche à la Préfecture : le dossier est reparti ce jour à l’A. P. Le 14 mai, l’enfant n’est pas encore parti.

0... Emilienne. Domicile de secours Haute-Marne, Proposition départementale faite le 12 février. Aucune réponse le 14 mai.

D... Emile, rue Victor-Hugo, Levallois. Proposé en même temps pour Gradignan et Hendaye le 1* mars. L’A. M. G. allait être accordée en complément des A. S., quand le 5 avril on déclare à l’assistante sociale que l'A, M. G. est supprimée et qu’il faut refaire un placement par l'O. P. H. S. Le 14 mai,

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l'enfant doit partir pour Gradignan par les A. S. pour 72 jours, les parents payant le complément, car ils renoncent à de nouvelles démarches à l'A. M. G. et à l'O. P. H.S.

B... Andrée, rue de Parcy, Gentilly. Proposée pour Berck, le 31 janvier 1935. Le 3 avril 1935, l’Assistance sociale réclame à la Préfecture qui déclare attendre toujours la réponse de la Mairie. Le 16 avril, l’assistante réclame à la Mairie qui assure qu’elle envoie le jour même le dossier. Le 14 mai rien de changé,

€... Roland, Bd Jean-Jaurès, Boulogne. Proposé pour Berck en Mai 1935. Enfant suivi par le service social depuis plusieurs mois. L’Assistante téléphone à l'O. P. H. S. pour l’avertir du placement au point de vue administratif. La visiteuse de l'O. P. H. S$S. répond qu’elle va visiter la famille et la prendre en charge au point de vue social : donc double emploi.

D... Marcelle, 16 ans et demi. Hospitalisée le 8 août 1933. Le 12 août, P. A. Le 6 décembre 1933 demande de placement par département (Haute-Marne). Pas de réponse. Le 20 février 1934, le chef de service écrit au Préfet de la Haute- Marne. Le 27 février, réponse du Préfet. La demande d'A. M. G. est refusée : En effet, le père est fonctionnaire, il est éclusier; la mère ne travaille pas; la malade a un frère de 14 ans et demi qui est employé de bureau, 1 sœur mariée, 2 sœurs et 1 frère écoliers. Le 16 mars 1934, on écrit au dispensaire de Saint-Dizier pour demander une aide afin de placer Marcelle. Le 31 mars 1934, on reçoit une nouvelle lettre du Préfet, qui informe le médecin chef de service que VA. M. G. est accordée sur nouvelle intervention de sa part. Le 7 avril 1934, la malade quitte le service pour se rendre au sanatorium, mais son état est très aggravé,

B... Gabriel, né le 17 janvier 1901. En Juillet 1932, il aurait eu une pleurite, puis il fut hospitalisé au sanatorium de Neufmoutiers en Brie, de Juillet 1932 à Mai 1934, puis à

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l'Hôpital de Saint-Quentin, de Mai 1934 à Août 1934. Domicile de secours : St-Quentin. Entre dans le service, le 27 octobre 1934 avec pneumothorax, liquide, abcès froid sur le trajet de la ponction. Thoracoplastie ? Le malade est traité. 10 mars 1935, proposé pour sanatorium. 3 avril 1935, demande transmise au département de l’Aisne. 27 juillet 1935, après nombreuses lettres de l’assistante sociale, lettres du chef de service au Préfet. Le 6 août on reçoit dans le service une lettre du Préfet : Il a reçu icopie, le 11 juillet, de la délibération du Conseil municipal de St-Quentin accordant l'A. M. G. pour quatre mois. Il déclare envoyer les papiers du malade pour son transport gratuit à Villiers-sur-Marne, le 12 août. Le malade n’a rien reçu le 12 août. L’assistante sociale va voir au bureau de VA. M. G., à l'A. P. On ne sait rien. Par hasard, dans un autre bureau, où elle était appelée pour une autre affaire, elle découvre le dossier de M. B.…. qu’on allait renvoyer à la Préfecture de l’Aisne, ne sachant pas à qui l’adresser. Le 14 août, le malade part au sanatorium.

M. Andrée, née le 4 mars 1916. Domicile de secours dans l'Eure-et-Loir. Entre dans le service, le 22 mai 1935. Demande de placement faite le 17 juin. Auraït été transmise le 25 juin au département. Malgré de très nombreuses démarches pour accélérer ce départ, M. M. ne part que le 7 novembre 1935.

D... Odette, âgée de 20 ans, entre dans le service, le 6 juillet 1934. Le 30 juillet, une demande est faite au domicile de: secours : Doubs. Le 7 août 1934, l’assistante sociale écrit à l'infirmière visiteuse d'hygiène sociale de Pontarlier; celle-ci va à la Mairie et à la Sous-Préfecture; aucune des deux n’a rien reçu. Le 27 août, l’assistante sociale adresse à ?I. V. H. S. le double de proposition pour dispensaire de Pontarlier. Le 19 octobre 1934, elle écrit au dispensaire de Pontarliers pour demander des nouvelles de l’admission de Mlle D... au sanatorium. Le 2 novembre 1934, la malade part enfin au sanatorium. La malade n’a attendu que 3 mois son placement et on observe ici un placement très accéléré par l’assistante sociale qui a fait de multiples démarches.

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