‹ Les difficultés qui se présentent lorsque l'on veut diminuer la durée du séjour des malades dans les hôpitaux parisiensChapitre 26 sur 35 · RES · texte numérisé non relu

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Lorsqu'un sujet venu de province travaille à Paris, son domicile de secours n’est Paris qu’un an après sa majorité. Son domicile de secours est celui de ses parents. S'ils sont séparés celui du chef de famille. S'ils sont morts tous deux, celui du dernier mort. Qu’arrive-t-il ? Monsieur Risr l’a résumé : « Il y a à Paris quantité de mineurs dont les parents habitent en province. Ces jeunes gens travaillent dans la capitale. Quand ils deviennent tuberculeux il faut se retourner vers une commune lointaine qui a perdu le souvenir de ses enfants partis au loin. Les parents peuvent même être morts et on a affaire dès lors à des orphelins. Mais du fait que les parents ont habité tel ou tel endroit, le domicile de secours reste le même. Pendant que les mois passent, la maladie s'aggrave et l’on n’arrive pas à faire admettre ces malheureux en sanatorium. »

Voici deux observations de Monsieur Etienne BER- NARD :

Mlle Tex., âgée de 22 ans, entre dans le service le 21 juin 1935. Tombée malade entre 21 et 22 ans, elle a conservé le domicile de secours de ses parents qui habitent un petit village de la Charente. Une proposition sanatoriale établie en sa faveur le 4 novembre 1935 est transmise le 16 janvier 1936 au Préfet de la Charente. Plusieurs réclamations faites au Préfet et au Maire de la commune sont restées sans résultat. Au bout de 3 mois, lassée d’attendre, la malade a quitté notre service. Son état nécessiterait pourtant des soins très sérieux.

Millie Thérèse B.., est âgée de 22 ans. Elle travaille à Paris

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depuis plusieurs années. Mais comme elle tombe malade étant encore mineure, elle a conservé le domicile de secours de ses parents qui habitent à Ste- Geneviève, en Seine-et-Oise. Une proposition sanatoriale est établie pour elle en Décembre 1934 par l'hôpital Beaujeon et transmise par l'A. P. à la Préfecture de Versailles, le 10 janvier 1935. Cette proposition est transmise immédiatement au maire de la commune de Sainte- Geneviève, Or, le 15 mars 1936, c’est-à-dire au bout de 15 mois, le Maire de Ste-Geneviève n’a pas encore pris de décision, bien que nous ayons adressé au sujet de cette malade, de multiples réclamations à l'A. P., au Préfet de Seineet-Oise, au Maire de la commune,

Bien entendu, les difficultés que soulève le domicile de secours, lorsqu'il s’agit de placer un tuberculeux encore mineur se retrouvent lorsque le mineur est convalescent, incurable ou a un besoïin d’un placement quelconque.

Il nous semble donc que ce serait une grosse simplification que d’enlever aux départements et aux communes ainsi qu'aux administrations privées le soin de placer les tuberculeux. Une organisation unique pour toute la France signifierait une bien plus grande rapidité dans le placement des tuberculeux, une économie de travail et d’argent. De toutes façons dans l’organisation actuelle c’est la collectivité qui supporte en dernier ressort les frais de l’organisation de la lutte antituberculeuse: en raison de la rapidité du placement et du plus grand nombre d'établissements de cure parmi lesquels le médecin pourrait choisir pour envoyer ses malades, une organisation centrale de la lutte antituberculeuse en France assurerait une plus grande efficacité à cette

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lutte et permettrait d'importantes économies. La question est d’importance : « sur les 10.400 provinciaux qui ont été traités à Paris en 1935, il y en a 2.600, exactement le 1/4 pour lesquels les départements ont refusé de payer les frais de séjour, certains ne répondant même pas aux demandes qui leur ont été adressées » écrit Monsieur de FONTENAY. L'Etat n’est pas resté indifférent devant ces conflits. Par exemple, le 31 octobre 1935 un décret-loi institue l’arbitrage du Ministre de la Santé publique lorsque la détermination du domicile de secours du tuberculeux soulève un conflit entre deux collectivités. « Ce décret, écrit Monsieur de FONTENAY, n’a donné lieu jusqu’à présent (décembre 1936) qu’à deux applications. D'ailleurs il n’a pu fonctionner régulièrement dans ces deux cas, les départements en conflit avec l’A. P. de Paris n’ayant pas reconnu la décision prise par le Ministre ».

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