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vantage la nécessité de renouer les liens entre la médecine «et l’assistance.
A l'heure actuelle on ne peut pas plus ressuciter l’ancien médecin de famille que l’on ne peut remplacer les filatures modernes par le rouet de nos grand-mères. Il ne s’agit pas de revenir aux formes anciennes de la conception de la médecine, il s’agit de trouver à l’exercice de la médecine des formes nouvelles adaptées à notre technique. Le Service Social à l'Hôpital s'efforce de créer cette symbiose entre la médecine et l’assistance. Il est certain que les assistantes sociales obtiennent de très beaux résuitats. Nous avons eu l’occasion de citer au cours de cette thèse de belles réalisations du $. $. H. Nous nous permettrons d’en citer quelques autres.
M. W.., entre à l’hôpital pour tuberculose pulmonaire au début. Son état nécessite surtout une longue cure de repos. C’est un japonais de 22 ans, se disant étudiant, mais parlant très mal français. L’assistante ne peut même pas avoir de lui les renseignements qu’elle désire. Personne ne vient le Voir.
L’assistante fait une démarche à la légation du Japon. Elle demande d’avoir les secours d’un interprète et d'autre part, soit des fonds pour le faire soigner dans un sanatorium, soit son rapatriement.
Un employé de la légation vient à l'hôpital; il reconnaît dans notre malade, le jeune homme que la légation recherchait sur la demande de sa famille. Son père qui est fonctionnaire occupe une bonne situation dans son pays. Il a envoyé son fils en France pour des études, mais celui-ci d’un
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caractère dissipé n’y faisait rien. Actuellement, la famille réclamait son retour au Japon; l’argent du voyage avait été envoyé une première fois; le fils l’a dépensé; il a quitté ensuite son domicile et menait une vie misérable. La légation ignorait où il se trouvait. L’assistante a donc pu mettre la légation sur la trace du jeune homme et servir de liaison entre la famille est lui. Les formalités de rapatriement ont été accomplies rapidement et il est retourné auprès de son père. On a évité ainsi de longs mois d’hospitalisation.
Mlle Suzanne R.., 13 ans, envoyée à la consultation de chirurgie orthopédique par l’assistante sociale du service de cardiaque où elle est soignée. Le chef de service diagnostique une coxa vara au début. Etant donné l’état cardiaque de la malade, il conseille de la mettre en extension continue pour trois mois, mais n’envisage pas un traitement chirurgical.
Famille : mère 45 ans, veuve, fait de la couture à domicile.
Sœur de 15 ans, apprentie, gagne 75 francs par semaine.
2 autres enfants, 11 et 9 ans qui vont régulièrement à l’école.
Ressources de la famille :
Aux faibles gains de la mère et de la fille aînée s’ajoute lallocation des familles nombreuses, soit 100 francs par mois. De plus, la famille est inscrite à l'A. M. G.
L’hospitalisation de Suzanne présente plusieurs inconvénients : enfant très jeune pour être soignée longtemps dans un service d’adultes. Enfant très affectueuse qu’un séjour à l'hôpital, loin de sa famille effraie. De plus, un lit d'hôpital sera immobilisé pendant 3 mois.
L’assistante sociale enquête : Suzanne peut être soignée chez elle par le médecin du bureau de bienfaisance qui suit la famille depuis 8 ans. Il pourra installer et surveiller l’extension de la fillette, Quelques modifications doivent être faites au logement. Un lit-cage est installé dans la pièce la mieux aérée. Pour 1 mois, on loue un appareil d’extension. Puis un voisin en fabrique un pour éviter les frais. De plus,
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l’assistante aide la famille avec quelques envois d’épicerie.
Suzanne est mise au repos. L’assistante établit la liaison avec la maîtresse de classe qui accepte de la faire continuer à travailler pour qu’elle ne s'ennuie pas. De plus, Suzanne travaille et gagne un peu en faisant quelques tricots pour les pouponnières de Mme de B.…., patronne de sa mère. Madame de B... s'intéresse à cette famille : tous les ans, elle la fait partir. à la campagne par l’œuvre de Mlle Korn. Suzanne ne voudrait pas être un obstacle au départ, car sa mère est si fatiguée qu’un séjour à la campagne lui est indispensable.
Les 3 mois écoulés, Suzanne repasse à la consultation. Elle va beaucoup mieux, son extension est supprimée et elle peut partir à Orival avec sa famille, à condition de faire beaucoup: de chaise-longue là-bas.
Mile B... Marthe, lingère, âgée de 32 ans, célibataire, habite chez ses parents, n’est pas A. S. Diagnostic, mal de Pott. Le 16 octobre 1933, la malade est signalée à l’assistante sociale par la consultation externe, comme devant entrer à l'hôpital. En fait, on peut la suivre à domicile en attendant son départ pour Berck. L’assistante surveille la température. Elle fait adapter le lit à la malade (planche sous matelai). Le 17 octobre 1933, l’assistante visite Mlle D... Elle insiste pour que sa malade soit couchée à plat, met des rallonges de tables de salle à manger sous le matelat, Ce même jour, elle remet les certificats médicaux nécessaires au départ de Mlle D... Elle fait une démarche à la mairie pour obtenir VA. M. G. en vue de son placement. Elle fait une nouvelle visite, le 18 octobre; Mile B... souffre du côté droit du thorax. De même le 24, le 25, le 26. Le 30 octobre, le médecin de lhôpital demande à la voir. Le 2 novembre, Mlle B... est hospitalisée. Le 12 novembre, une radiographie est faite. Mlle B... est jugée apte à retourner chez elle en attendant son départ pour Berck qui ne saurait tarder. L’assistante continue à la suivre jusqu’à son départ. Mais Mlle B… désirerait beaucoup rentrer à l’hôpital. En effet, elle vit avec ses pa-
rents, sa sœur et son beau-frère dans un appartement de 3 pièces.
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Ces réalisations sont très belles. Mais évoquant le mot d’une directrice du S. $S. H., elles ne sont « qu’une goutte d’eau dans la mer ». On note dans les statistiques pour les 3 premiers trimestres de 1935, que : 40.536 malades ont été visités à domicile.