démarches ont été faites
587 placements de femmes enceintes.
913 placements de femmes après couches.
205 placements de femmes pour travailler.
507 placements d'adultes pour travailler.
181 cas d’assistances pour travail à domicile.
Ces quelques chiffres pris parmi ceux qui nous ont semblé les plus caractéristiques des statistiques officielles nous montrent l'effort produit, ses résultats. De tels résultats sont très loin d’être négligeables, | mais lorsqu'on pense qu’il vit environ 5 millions de personnes dans l’agglomération parisienne, on peut penser qu’il y a encore un énorme travail à fournir. De même l'Aide, les Amicales de cardiaques, re peuvent soulager qu’un très petit nombre de malades.
Les médecins eux aussi ont un rôle actif à jouer dans cette symbiose de l’assistance et de la médecine.
Certains chirurgiens font faire les examens nécessaires avant que le futur opéré n’entre dans leur service et n’occupe un lit.
Des médecins ont organisé des œuvres d'assistance à leurs anciens malades.
Surtout, certains chefs de service tendent, en même temps qu’ils font leur diagnostic clinique à penser
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au sort du malade sorti de l’hôpital. De cette façon, les formalités peuvent être remplies avant que soit terminée la période où une étroite surveillance médicale est nécessaire; le malade peut quitter beaucoup plus vite l'hôpital et être orienté vers la formation qui lui convient.
Certes, il est encore des médecins qui méprisent le « social ». Ils se feront certainement de plus en plus rares, car @ il y a là une mauvaise utilisation du travail médical, un vice de fonctionnement que l’on ne peut tolérer une fois que l’on y a arrêté sa pensée. Il n’est pas logique, il n’est pas humain, ni même économique d’arrêter l’assistance aux malades au seuil du traitement » Mme NAGEOTTE.
Quels sont les obtacles auxquels on se heurte le plus fréquemment lorsqu'on veut diminuer la durée du séjour des malades dans nos hôpitaux ?
L'institution du domicile de secours gène aussi bien le placement des vieillards que le placement des tuberculeux en sanatorium. A l’heure actuelle les services que rend cette institution ne sont pas en rapport avec les ennuis qu’elle cause. Chaque administration s'efforce de payer le moins possible, a tendance à se décharger sur d’autres administrations des besoins de l’assistance, ceux-ci étant toujours supérieurs aux sommes d'argent dont les administrations disposent pour les satisfaire, D’où toute une série de lenteurs et de contestations. La notion d’assistance communale et départementale est même dépassée par la technique moderne qui impose par exemple toute
une série de sanatoria. Des hommes remarquables ont pensé qu’il suffisait de changer le régime actuel du domicile de secours. Le domicile de secours des mineurs devrait être la ville où ils travaillent lorsqu’ils sont depuis un certain temps, le domicile du secours des adultes pourraient être automatiquement le département où ils sont hospitalisées. De telles modifications seraient évidemment souhaïitables. En réalité elles sont plus difficiles à réaliser que la suppression pure et simple du domicile de secours. En effet nous avons vu que dès sa création par le Concile de Tours, le domicile de secours a été conçu pour empêcher les mendiants de vagabonder. Il a toujours gardé en fait la même signification. Louis XIV créa un Hôpital Général dans chaque ville, chaque Hôpital Général devant admettre les mendiants de sa ville et pas ceux des villes voisines. Et les hommes pris à mendier dans les rues sont condamnés aux galères. Le domicile dé secours a toujours été conçu par les bourgeois des villes comme une mesure de protection contre les gueux des provinces voisines. Mais si, les villes et les départements continuant à organiser l’assistance on considère comme domicile de secours du malade le lieu où il est hospitalisé, on aboutit à un résultat opposé à celui que voulaient atteindre les hommes qui ont imaginé le domicile de secours. Et bien mieux, plus une ville disposerait de beaux sanatoria, de beaux établissements de convalescence, de beaux hospices, plus les misérables afflueraient dans cette ville. Pour lutter contre les charges toujours
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croissantes qui résulteraient d’un pareil état de chose, les conseils généraux et municipaux auraient fendance à posséder les sanatoria et les hospices les plus laids possibles. Il y a antinomie entre l’assistance rationnelle et le domicile de secours. Il faut supprimer le domicile de secours et non le modifier.
Le très grand polymorphisme des services d’assistance nuit d’autre part à l'efficacité des efforts que l’on fait pour aider les misérables. A côté des réalisations de l’état (A. M. G. Assistance aux vieillards, etc.) des réalisations des villes et départements (maisons de convalescence de l’A. P., sanatoria de l'A. P., hospices de la Ville et de la Seine, maisons de retraite de provinces, sanatoria départementaux), il existe un très grand nombre de réalisations diverses, aide matérielle aux malheureux, sanatoria privés, maisons de convalescence relativement peu coûteuses. Ces réalisations sont aussi variées que nombreuses, variées dans les conceptions qui ont présidé à leur fondation (religieuses, laïques, patronales, ouvrières) variées dans les rapports qu’elles ont avec les administrations publiques (subventions plus où moins importantes, rapports plus ou moins intimes entre leur direction et les administrations publiques). Notre système de lutte contre la misère est donc excessivement complexe; d'autant plus qu’il n’existe pas de plan d'ensemble, et qu'une coordination des efforts est très difficile, C’est une des tâches les plus importantes de l’assistante sociale d’aiguiller les malades vers telle ou telle organisation charitable et beaucoup
de leur temps est perdu en démarches récidivées. De même l’Association Internationale des Hôpitaux travaille en ce sens : « En matière de politique sanitaire il faut éviter les gaspillages d’argent et d’activité, le double emploi, l’éparpillement des efforts. Comme écrivait notre Président d'honneur M. le Docteur SAND, dans la Revue des Hôpitaux du 30 avril 1936, à propos de l’évolution du centre de santé, lhôpital doit être la forteresse de la médecine, de l’hygiène, du service social qu’il unit en une symbiose féconde ». M. SarRRAz-BOURNET, inspecteur général des services administratifs. Dans le même ordre d'idées, on a pu lire récemment que par arrêté du 5 mars 1937, M. Henri SELLIER, ministre de la Santé publique vient de créer une commission permanente de protection de la vieillesse. Elle comprendra les représentants du Parlement et du Ministère intéressé (Travail, Pensions, Santé publique) ainsi que ceux des syndicats médicaux, de la C. G. T. des collectivités locales.
Le ministre s’efforce aussi de coordonner les œuvres charitables qui intéressent la santé publique dans le département de la Seine.
Supprimer le domicile de secours, coordonner les œuvres d'assistance, ce n’est pas encore suffisant :
L'Assemblée Nationale de 1790 a, la première dans l'Histoire posé le droit qu'a tout citoyen d'obtenir les soins et l'assistance qui lui sont nécessaires. Aujourd’hui il est difficile de ne pas attribuer au service médicale un caractère de nécessité, d’obligation, sans lequel il n’a pas d’efficacité. On connaît les maladies
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contagieuses; de cette notion de contagiosité découle l'obligation pour le malade de se soigner et la nécessité pour la société de le soigner. On a reconnu que certaines maladies doivent être obligatoirement déclarées et obligatoirement soignées. Mais la liste arrêtée des maladies à déclaration obligatoire repose
sur des bases artificielles.
La famille L. se composait en 1934 du père âgé de 30 ans, chauffeur livreur de charbon, de la mère âgée de 25 ans et de 5 enfants. À cette époque, M. L.. est déjà malade. En avril 1933, il a fait un épisode pulmonaire aigu et il est suivi depuis par le dispensaire de Montreuil. En Mai 1934, une cuti-réaction à la tuberculine a été faite aux 5 enfants. Pour tous, elle est négative,
En Juillet 1934 environ, l’analyse de l’expectoration de M. L.. révèle la présence de bacilles. Dès Août 1934, le malade part au sanatorium de Bellequeue où il reste jusqu’au début d'Octobre 1934. En ce même début d'Octobre, sa fillette Jeannine âgée de 6 ans et demi meurt à l’hôpital Herok de tuberculose pulmonaire, et le 10 novembre 1934, Liliane âgée de 10 mois meurt également à Herold. L’observation porte le diagnostic de syndrome cholériforme.
Cependant, M. L.… est repris en charge par le dispensaire qui fait pour lui une demande pour le sanatorium de Saint- Martin-du-Tertre. En attendant son départ, M. L.. reste chez lui, chômeur et ne prend vraisemblablement aucune précaution, car le 30 mai 1935, Monique, sixième enfant, née en Février 1935 meurt. La méningite tuberculeuse est diagnostiquée. M. L... part enfin au sanatorium en Avril, mais il n’y reste que 15 jours. Une nouvelle proposition est faite qui aboutit à son entrée à Villiers-sur-Marne, le 13 janvier 1936. I n’y reste qu’un mois. Par les soins de l'Office, trois enfants ont été placés, mais il naît un bébé le 18 mai 1936 et celui-ci meurt à son tour en Août, d’une méningite tuberculeuse. Des trois enfants qui restent, seule Yvonne, qui a pu
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être placée à 18 mois, dès que son père à été bacillaire a une cuti-réaction négative. Les 2 autres enfants âgés de 6 ans et demi et de 5 ans et demi ont une cuti-réaction positive. Robert a pu être placé au Préventorium d’Orthez depuis le début de l’année jusqu’en Octobre et Odette est restée en préventorium de Janvier à Juin 1936.
M. L.. est rentré le 16 septembre à Laënnec. Le dispensaire s’est de nouveau charger de placer les 2 enfants, Robert et Odette qui étaient au foyer. Mais les parents qui avaient tout d’abord demandé le placement, s’y sont ensuite opposés et pour éviter que ces petits ne soient de nouveau en contact avec leur père qui a quitté l’hôpital le 5 octobre, ils ont été envoyé à Huisson dans la famille, M. L... est donc rentré chez lui, toujours bacillaire. Une proposition a été faite pour Champrosay, la 4° depuis 2 ans. Conclusion : 7 enfants nés vivants et normaux, 4 morts en bas âge dont 3 de tuberculose, 3 vivants dont 2 ont une cuti-réaction positive très jeunes.
Aujourd’hui encore un tuberculeux a le droit de ne pas se soigner; il a le droit de contaminer d’autres personnes. La question est d’ailleurs très complexe, et les arguments ne manquent pas à ceux qui pensent inutile de ranger la tuberculose parmi les maladies à déclaration obligatoire.
Les malades atteints d’affection non contagieuse peuvent aussi ne pas se soigner, et bien plus souvent encore il leur est difficile de se bien soigner. Pourtant tout malade signifie un déficit pour l'Etat. Depuis longtemps on définit le but du service de santé militaire comme étant la conservation et la récupération des effectifs. Obligation pour le malade de se soigner, obligations pour la société de soigner les malades aigus et aussi les chroniques. On soigne
gratuitement les mutilés de guerre, les mutilés du travail. Est-ce qu’un vieillard « usé » n’est pas en fait un mutilé du travail, d'autant plus que, dans la législation actuelle sur les mutilés du travail, la notion de responsabilité ne joue qu’un rôle accessoire.
De ces quelques remarques semble se dégager la nation. La notion actuelle de charité privée est cette assistance. Mais qui peut assumer ces obligations de la société, qui peut contraindre des individus à se soumettre à leurs devoirs ? Ce ne peut être que la nation. La notion actuelle de charité privée est d’ailleurs différente de celle qu’on en avait au Moyen- Age. Jadis on recevait chez soi les malades, on les assistait personnellement, on lavait les pieds des indigents. Actuellement on se rend compte que pour pouvoir être efficace l’assistance demande autre chose que de la bonne volonté et de l’abnégation, mais de grosses sommes d’argent. Les admirables résultats qu’à obtenu le S. S. H. n’ont été possibles que parce que le S. S. H. a reçu d'importantes subventions du ministère et de la ville de Paris et parce qu’il est lié étroitement à l'assistance publique tout en gardant son indépendance administrative. Sinon l’admirable dévouement des visiteuses n’aurait pas abouti à la 100° partie du résultat obtenu. A part quelques cas exceptionnels, c’est la collectivité qui fournit les fonds nécessaires à l’assistance moderne.
Il semble donc que l'Etat doive assumer l’organisation et le contrôle de l’assistance. On se heurte ici à un obstacle capital. Nous avons vu les dossiers cir-
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<uler de bureau en bureau, trainer dans des cartons,
se perdre dans les administrations. Certes, il serait dommage que les assistantes sociales deviennent comparables aux fonctionnaires de l’Administration actuelle. Mais il est bien certain aussi qu’on ne peut pas organiser l’assistance sans administration et que pour faire fonctionner une administration des fonctionnaires sont indispensables. Causant à ce sujet, avec une assistante sociale, elle en est venue à nous dire qu’elle ne voudrait pour rien au monde avoir des comptes à rendre à tel ou tel qui lui serait supérieur dant la hiérarchie de l’A. P., qu’elle finirait, dans ce cas, par prendre une mentalité de fonctionnaire. On ne nait pas fonctionnaire, on le devient. À l’heure actuelle, les lenteurs, le manque d’enthousiasme qu'on peut reprocher aux fonctionnaires, nous semblent liés non pas à leur personnalité, mais à l’administration dont il sont un rouage et qui les conditionne. Il est possible de concevoir un autre type d’administration que cette administration napoléonienne, indépendante de l’usage et fortement hiérarchisée. On peut concevoir un type d'administration nationale où le fonctionnaire serait intimement lié à la vie de ce qu’il administre, non plus noté par son supérieur hiérarchique, mais jugé par ses administrés pour son travail.
Replacer la médecine dans son cadre naturel d’assistance aux malheureux, supprimer le domicile de secours, coordonner les œuvres d’assistance, obliger le malade à accepter l’assistance; transformer le sys-
tème administratif, l’œuvre à accomplir est immense. Mais c’est logiquement que nous avons été amené à considérer une telle œuvre comme utile en recherchant les causes du séjour prolongé des malades dans nos hôpitaux.