Journal des savants, février 1881, p
cn4RC0T et RICHF.R. — Lc8 (liflbrmes et les malades dans Tart. 3
les explorations modernes ont démontré Texistence au centre de l'Afrique, les Obongos et les Akkas. Ce sont ces derniers que les Égyptiens auraient connus sous le nom qu'ils
LE DIEU PHTAU.
Figuiiae en terre rernissée. Musée du Loutre.
portent encore et que Mariette-Bey a lu à côté du bas-relief dont il vient d'être question. Ce nain, ou plutôt cette naine, est ainsi décrite parMariette. Le bas-relief représente la
i&SOPE.
Buste en marbre. Villa d'Albani.
mission envoyée par la reine Hatason sœiïr de Thoutmès (XVIir dyn.) dans le pays des Somali, lequel s'appelait à ce moment le pays de Poun.
« Derrière lui (leroi de Poun), dit Mariette, se trouve sa femme. Celle-ci a la chevelure soigneusement peignée et ramenée en queue épaisse par derrière. Un collier formé de gros disques enfilés orne son cou. Elle a une grande chemise jaune sans manches. Quant à ses traits ils sont assez réguliers quoiqu'un peu virils, mais tout le reste de sa
personne est repoussant. Ses bras, sa poitrine, ses jambes sont comme chargés de chairs ramollies ; le bassin se projette en arrière et accuse une difformité que l'artiste égyptien a rendue avec une naïveté surprenante. »
Faut-il voir là Tensellure et la proéminence des fesses signalées par Parrot chez
s la luette en bronze.
Musée du LouTre.
Staluelte en bronxe.
Musée du Louvre.
Sutuotto en bronze.
Musée du Louvre. — Collection Thicis.
certains nains ainsi que nous l'avons ditplushaut. Oubien, comme le pense M. Bordier,
Statuette en bronze. Musée du LouTre. Collection Tbiera.
ne s'agirait-il pas ici de la représentation du type des Boschimans avec Tensellure et la stéatopygie caractéristiques?
Broca fait une remarque qui ruine cette dernière hypothèse. Il lait observer que l'humérus paraît plus court que les radius. Or ce fait ne se rencontre dans aucune race, moins chez les Boschimans que chez aucune autre.
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C'est donc bien d'une naine qu'il s'agit ici.
Ces deux fjjjures de nains ne sont pas les seuls spécimens de ce genre que nous offre l'art égyptien. M. Maspéro insiste sur l'affection que les pharaons et les princes de leur cour avaient pour ces êtres difformes.
< Leur maison, dit-il, n'aurait pas été complète s'ils n'y avaient pas attaché un ou plusieurs nains d'aspect plus ou moins grotesque.
c Ti en avait qu'il a fait peindre avec lui dans son tombeau. Le pauvre hère tient dans sa main droite une sorte de grand sceptre en bois, terminé en forme de main humaine, et conduit en laisse un lévrier presque aussi haut que lui. Ailleurs le nain est représenté accroupi sur un tabouret, auprès du maître, à côté du singe ou du chien préféré. Les tableaux de Beni-Hassan nous en ont fait connaître deux qui étaient attachés à la per-
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pyohAb. Statuetto en brome. Musée du Louvre, collection Tbicrt.
sonne du prince Minieh; l'un deux est assez bien proportionné dans sa petitesse, mais l'autre joint à l'exiguité de la taille l'avantage d'être pied bot. >
La figure que nous donnons d'après l'ouvrage de H. Rosellini montre que les pieds-bots de ce temps-là ne difléraient point de ce qu'ils sont aujourd'hui. Elle prouve en môme temps que les Egyptiens, qu'on s'imagine trop aisément esclaves d'une formule, savaient au besoin voir la nature et la copier au point d'en reproduire très exactement jusqu'aux difformités.
Ce n'est pas tout, ce type de nain rachitique, les Égyptiens Font divinisé. Ils l'ont fait entrer dans leur Ciel qui contient au moins deux nains dont lé rôle était important, le dieu Bes qui présidait aux armes et à la toilette et le dieu Phtah.
On peut voir au musée des antiquités égyptiennes, au Louvre, de nombreuses figures du dieu Bes. Il est représenté avec des attributs différents suivant les deux principaux rôles qu'il remplissait, mais son aspect monstrueux ne varie guère. La tête énorine
montre de gros yeux à fleur de tête, une face élargie, un nez camard, une bouche lippue et agrandie, d'où pend une grosse langue, enfin une large barbe a^ix enroulements symétriques et des oreilles velues. II est souvent coiffé d'une sorte de chapiteau carré ou d'un panache de longues plumes.
Cependant on peut remarquer plusieurs variétés dans la morphologie du corps qui supporte celte tête grotesque et hideuse. Il est parfois modelé comme celui d'un homme petit, trapu et dont les muscles extrêmement développés rappellent ceux du type herculéen; mais, à partie volume disproportionné de la tête, la conformation est assez
IVROID
NAIN TUnOLD.
Tapisserie de la reine Mathilde. Bayeui.
TRIBOULBT.
Médaille de Franeesco Laurano.
régulière. D'autres fois le type du nain est plus accusé, les proportions diminuent en hauteur, pendant qu'elles augmentent dans le sens de la largeur. Les membres sont courts, les fesses sont saillantes, les cuisses élargies sont d'une brièveté telle que les fesses touchent presque aux mollets. Enfin sur un certain nombre de statuettes la difformité s'accentue encoi'e et les jambes courtes sont en même temps incurvées, présentant les caracièresdelacourbure rachitique des membres inférieurs.
Nous rappellerons ici plusieurs statuettes dans lesquelles le dieu Bes est associé à une déesse également monstrueuse, et que Ton s'accorde à reconnaître comme sa mère. Il s'agit d'abord d'un petit groupe de terre vernissé blanc trouvé à Chypre, reproduit par M. Heuzey dans son atlas * et ainsi décrit dans son catalogue*.
« 11 représente le divin pygmée sous sa figure la plus hideuse à la fois et la plus em-
1. Figurines antiques de terre cuite, elc, déjà ciié. ~.>î. Catalogue^dcs Figurines antiques de terre cuite du musée du Louvre, par Léon Heuzey, 1882, p. 80.
panachée, porté, ou pour mieux dire, afFourché sur les épaules d'une femme qui le lient par les deux pieds. Cette déesse, dont les proportions larges et courtes, la nudité cho-