FRAGMENT DU TRIOMPHE DB JULES CÉSAR PAR HANTEGNA
Hampton-Court.
quanle, indiquent évidemment un être de la même famille de dieux grotesques, n'appartient pas au panthéon égyptien et se rapproche plutôt des déités féminines que l'on rencontre en Babylonie. Les deux figures superposées sont portées par un petit chapiteau en forme de fleur de lotus. »
Nous ajouterons à cette description un détail plein d'intérêt pour nous. Les jambes
rilAOMENT DU PORTRAIT DE BARBE UB BRANDEBOORO PAR MANTBCNA.
Mantoue.
écourtées de la mère ont subi l'incurvatioi\rachitiqu3 que nous signalions tout à l'heure chez le fils.
C'est là un lien de plus entre ces deux êtreset comme la formule antique de la* grande loi de l'hérédité dans les maladies constitutionnelles.
Il existe au musée du Louvre, parmi les antiquités égyptiennes, un petit bronze d'assez basse époque, représentant le même sujet, mais avec un trait de plus qu'à notre point de vue spécial, il importe de relever. I^a statuette porte l'inscription suivante : < Une femme debout sur une grenouille, laquelle est posée sur une fleur de lotus, supporte le dieu Bes sur ses épaules. »
Sans rechercher la signification de cette superposition symbolique, nous ferons remarquer qu'en outre de l'incurvation rachitique très accentuée des membres inférieurs, la femme présente une malformation évidente du pied droit tourné en dedans et qui n'est autre que celle du pied bol varus. C'est ainsi que la maladie se manifeste chez la mère par des signes encore plus nombreux, et nous ne devons pas nous étonner qu'une telle mère ait donné naissance au produit monstrueux et pathologique qui fut le dieu Bes.
La seconde divinité du panthéon égyptien, dont la conformation spéciale nous intéresse, est le dieu Phtah vénéré à Memphis sous les noms de Phtah embryon, œuf de Phtah. Dans quelques textes on le qualifie de nain. On a comparé les figurines qui représentent Phtah sous une forme monstrueuse au fœtus humain. Le professeur Parrot, dans une fort intéressante communication à la Société anthropologique, rejette cette hypothèse, et rapproche les figures de Phtah d'une naine qu'il avait étudiée de près et qui était atteinte d'un arrêt de développement du système osseux, désigné par lui sous le nom de <c malformation achondroplasique. »
« Lorsqu'on rapproche, dit-il, une de ces figurines (du dieu Phtah)de l'enfant achondroplasique que je viens de montrer, on est immédiatement frappé de la très grande ressemblance que présentent entre elles ces deux formes. Mêmes proportions entre les différentes parties du corps, même attitude, et surtout même saillie des fesses avec l'ensellure si remarquable, même volume démesuré de l'extrémité céphalique par rapport à celui des autres parties du corps, dont les membres courts et gros donnent une apparence trappue à l'individu ; tout cela se retrouve d'une manière aussi tranchée, aussi typique chez le dieu Phtah que chez notre petite fille, et l'on ne peut douter que le type du dieu Phtah n'ait été pris sur un monstre achondroplasique. »
Considéré sous cet aspect le dieu Phtah n'est pas sans offrir de grandes analogies avec le dieu Bes, au point de vue du moins de la conformation du corps.
C'est bien un type de nain chez lequel on retrouve également l'incurvation des jambes que nous avons signalée plus haut chez le dieu Res. Sur quelques statuettes qui présentent ce caractère, la face vieillie et aux traits grossiers vient compléter le tableau.
Cependant nous ferons quelques réserves. Les figurines qui représentent le dieu Phtah sont nombreuses, elles ne se ressemblent pas toutes. L'examen que nous avons fait de celles que possède le musée du Louvre nous conduit à y distinguer plusieurs variétés morphologiques.
Sur un certain nombre, le type décrit par le professeur Parrot est hors de conteste. Mais il en est d'autres où la monstruosité est moins accusée et où les formes générales sont plutôt celles d'un nouveau-né ou d'un très jeune enfant. Nous ferons remarquer le dessin de la tête construite toujours d'après le même type : développement considé-