‹ Les difformes et les malades dans l'artChapitre 21 sur 49 · PORTRAIT DU NAIN EL PRIMO, PAK VÉLASQUEZ · texte numérisé non relu

PORTRAIT DU NAIN EL PRIMO, PAK VÉLASQUEZ

Musée du Prado, à Madrid.

à sa disposition. D'ailleurs la tête elle-même n'a rien de bien caractéristique, les traits sont grossiers, il est vrai, mais ils paraissent avoir été arrangés et comme régularisés.

L'école espagnole, pauvre en démoniaques, riche en extatiques, est également riche en représentations de nains, de bouffons ou d'idiots.

On peut voir au Louvre un tableau célèbre de Ribera connu sous la dénomination du Pied'Bot. Il montre en effet un jeune mendiant atteint de cette infirmité, et le pied droit difforme ne pose à terre que par les orteils; c'est donc le pied-bot équin représenté avec la plus grande vérité. Mais ce n'est pas tout : le médecin qui examine ce tableau reconnaît en outre que la main droite qui retient le chapeau n'est point normale.

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LES NAliNS, LES BOUFFONS, LES IDIOTS. 43

Son attitude, parfaitement caractéristique, dénote qu'elle est atteinte d'une déformation analogue à celle du pied, bien que les doigts, placés en perspective, disparaissent sous le bord du chapeau. Le membre tout entier est roide, et son mouvement est empreint d'une gaucherie bien typique. Donc, du même côté du corps, le membre supérieur

PORTRAIT DU NAIN DE PHILIPPE IV APPELÉ SÉBASTIEN DE MORRA, PAR VÉLASQUEZ.

Musée du Prado, k Madrid.

et le membre inférieur sont atteints de contracture avec déformation permanente, et les caractères en sont tels que nous n'éprouvons aucun embarras à prononcer le diagnostic d'hémiplégie infantile, résultant d'une atrophie cérébrale portant sur l'hémisphère du côté opposé. L'expression niaise de la physionomie vient compléter le tableau en nous révélant le développement incomplet des facultés intellectuelles qui accompagne d'ordinaire cette affection.

Le pauvre petit mendiant porte de sa main gauche, avec sa béquille, une pancarte sur laquelle on lit : Da mihi elimosinam propter amorem Dei.

Un élève de Ribera, Luca Giordano, surnommé Fapreslo à cause de sa fécondité et de la facilité avec laquelle il travaillait, a représenté un nain dans une de ses fresques qui décorent TEscurial. On voit, en effet, dans une fresque du grand escalier de la

NAIN DE PHILIPPE IV APPELÉ DON ANTONIO L'ANOLAIS, PAR VÉLA8QUBZ. Musco du Prado, à Madrid.

Clausura,la reddition de Saint-Quentin, un de ces avortons guerriers aux jambes torses, faire partie de la suite de Philippe 11. Il est ceint de Tépée. Un grand chien blanc est à côté de lui.

Vélasquez, le peintre de la cour de Philippe IV, parait avoir eu une prédilection marquée pour ces malheureux infirmes nains ou idiots, enfants déshérités de la nature. Le musée du Prado, à Madrid, ne contient pas moins de sept tableaux qui leur sont exclusivement consacrés.

Ce sont les suivants :

N*» 32. Bouffon de Philippe IV, appelé Pablillos de Valladolid. — N- 30. Les Ménines. — N*» 35. Portrait du nain El Primo. — N« 36. L'enfant de Vellacas. — N^ 37. Porlrail de Tidiot de Coria. — N** 38. Nain de Philippe IV, appelé Sébastien de Morra. — N** 55. Nain de Philippe IV, appelé don Antonio l'Anglais.

Il faut encore ajouter un tableau du musée d'Auch, la naine Barbola, et un autre du musée de Vienne, un enfant au large et niais sourire, tenant une fleur à la main, et désigné sous cette simple dénomination « l'idiot ».

En eftet, Vélasquez s'est attaché avec un soin tout spécial à fixer sur la toile cette expression mobile des êtres dénués d'intelligence, et il semble que ce masque étrange de l'imbécile ou de l'idiot ait hanté son imagination. Il l'a rendu d'ailleurs avec une intensité de vie et une puissance d'expression vraiment extraordinaires, et ses tableaux consacrés aux faibles d'esprit, tels que Y Enfant de Vellacas^ YIdiot de Coria^ celui du musée de Vienne, le nain Sébastien de Morra, sont d'une vérité absolue.

Le nain de Philippe IV, Antonio l'Anglais, appartient à la catégorie des nains exempts de difformités. Il est assez bien proportionné. Vélasquez l'a représenté debout superbement vêtu, tenant un grand lévrier en laisse. Les autres nains de Philippe IV rentrent dans la catégorie ordinaire des nains difformes et contrefaits, véritables petits monstres dont les riches habits ne masquent pas la laideur et les infirmités. Le tableau des Ménines est le plus célèbre*. Il montre dans quelle promiscuité la famille royaleet ces êtres grossiers et difformes avaient l'habitude de vivre. Ils sont là, en effet, le nain Nicolasino Pertusano et la naine Barbola, au même titre que les lévriers ou les molosses qu'ils accompagnent souvent, dans l'angle de droite du tableau où Vélasquez a représenté les infants entourés des ménins, et derrière lesquels il s'est peint lui-même *.

Un autre portrait de la naine Barbola, également attribué à Vélasquez se trouve au musée d'Auch. M. Ed. Garnier le décrit ainsi :

c La naine Barbola y est représentée de face, de grandeur naturelle et tenant un petit chien sur son bras droit, ses cheveux tombent dans toute leur longueur; elle est vêtue d'un corsage vert à basques et d'une jupe noire; elle est affreusement laide et on

\, Les niéoins (méuinos) étaient de jeunes garçons de haute naissance remplissant auprès de la reine, des infants et des infantes les fonctions de pages ; mais ils étaient considérés comme étant de beaucoup supérieurs à ces derniers (Ed. Garnier.)

t. La faveur dont jouissaient en Espagne ces êtres monstrueux s*est perpétuée jusqu'à nos jours. Nous extrayons du carnet de voyage de lun de nous la note suivante : c M. Madrazo, aujourd'hui âgé de soixunte-douze ans, a vu, lorsqu'il avait six ans, des bouffons et des nains attachés ù la personne des grands d'Espagne. L'évèque de Santander, en particulier, avait un bouffe, sorte d'idiot que l'on habillait en général et que l'on faisait chanter. > (M. Madrazo, communication orale.)

M. Hugues Le Roux rapporte dans un article paru dans le journal le Temps, du 3 décembre 1887, qu'il a connu un de ces grotesques attachés aux personnes royales :

ifi LES DIFFORMES ET LES MALADES DANS L'ART.

s'explique difficilement, en voyant son portrait, comment des femmes jeunes et belles ont pu s'entourer de pareils petits monstres, a moins que ce ne soit — pour employer un terme de peinture — afin de leur servir de repoussoir. »

Pour en finir avec l'école espagnole nous signalerons un tableau de Carréno de Miranda qui est actuellement dans une salle fermée du musée du Prado, à Madrid, et consacré à une monstruosité célèbre.

Voici la notice que lui consacre le catalogue cxtemo^ et que M. Madrazo a bien voulu nous communiquer.

« N° 691, — Carreno. Portrait d'une naine monstrueusement grosse, debout et de grandeur naturelle. »

Dans l'inventaire des tableaux qui existaient en 4686 au palais royal de Madrid, ce tableau figurait parmi les autres dus à Carréno, décorant la chambre basse du prince, joint à un autre portrait de la même femme nue S et mal nommée dans ce document la Monstrueuse.

Au temps de Charles II on publia un papier dans lequel on racontait les circonstances de sa présentation au palais dans Tannée 4680 à cause de sa grosseur phénoménale qui fit ordonner par le roi qu'on la pesât, et le document indiquait aussi son nom. Palomino raconte que Carréno fit de cette monstrueuse nue un dieu Bacchus (sans doute, il a voulu dire un Silène) dont on fit beaucoup de copies qu'il retoucha. Le portrait original nu resta dans la maison royale jusqu'au commencement de ce siècle;

f J'ai connu pour ma pari, dil-il, un de ces nains royaux, peut-être le dernier de sa race. H faisait parlie de la maison de la reine Marie-Christine d'Espagne. Il habitait près d'elle, dans la villa de Mont-Désir, à Sainte- Adresse, où la reittcest morte en 1878.

c Ce nain était unaiïreux petit Espagnol, très barbu, très hasauc, qui avait une tète énorme et de minuscules jambes cagneuses. Il était vaniteux comme un paon, et redouté pour sa méchanceté. On le rencontrait toujours un cigare au coin de la moustache, la canne à la main. Il promenait les suivantes do la reine dans un petit panier attelé de deux poneys. Et il fallait le voir faire sa roue, à moitié enseveli sous les fraîches toilettes de ces jolies filles.

f Les derniers mois de sa vie, la reine Marie-Christine souffrit d'étouffements et Ton craignait à toute heure de la voir passer. Elle était déjà agonisante lorsque, dans la nuit du 23 août 1878, subitement elle sentit Tair lui manquer.

c La suivante qui la veillait s'étant endormie sur le fauteuil, la reine se leva sans bruit, et s'appuyant aux mors descendit, sans être aperçue, jusque sur la terrasse de la villa...

f Or, il advint que celte nuit-là, le nain était descendu pour boire en cachette aux offices. Il remontait rescalier à moitié ivre, quand son pied butta contre une forme étendue au travers des marches.

4 Rageur comme il l'était, l'avorton commença par frapper l'obstacle de sa botte, puis, comme rien ne bougeait il frotta une allumette à la muraille et se pencha pour voir.

f II poussa un cri aigu qui réveilla la maison.

€ — Dios! lareina!

€ Des portes battirent, des flambeaux accoururent avec une grande rumeur de voix.

« Et, en travers de l'escalier, on trouva le nain évanoui sur le corps de Marie-Christine morte. >

1. Dans le périrait dont il s'agit ici la naint est vêtue d'une robe de soie s» ramages.

le roi Ferdinand VII qui Tavait à la Jarzuela, en faisant faire un jour une classification de ses tableaux, en fit cadeau à son peintre Don Juan Galvez, h qui il fut acheté, seloa ce que nous avons entendu dire, par l'infant Don Sébastien Gabriel.

C'est sans doute la Monstrueuse nue de Carrêno qui fut décrite comme le portrait ffune naine nue représentée en Silène^ de Vélasquez, dans l'ouvrage Spain and th^ Spaniards in 1843, t. II, p. 20, par le capitaine anglais Widrington.

Au nanisme vient s'ajouter ici l'obésité K

Les œuvres dont il nous reste à parler appartiennent aux écoles allemande, flamande et hollandaise. De même que celles de l'école espagnole que nous venons de citer, elles sont presque toutes des portraits de nains ou de bouffons célèbres. Dans ces circonstances l'artiste n'avail pasà se mettre en frais d'imagination. Son œuvre vaut par la sincérité de la copie et les qualités d'exécution. Or les maîtres dont nous allons examiner les œuvres sont des premiers parmi les portraitistes de leur temps.

Mais, avant d'arriver aux portraits, nous signalerons un tryptique de Jean Gossaert, représentant Jésus-Christ chez Simon le pharisien^ conservé au musée royal de Bruxelles, et dans lequel nous avons pensé reconnaître une figure de bouffon.

Au fond de la salle où Simon reçoit Jésus-Christ, les disciples sont assis à une autre table. Le personnage du milieu se verse à boire, et près de lui, une main appuyée sur son épaule, un individu de petite taille à la tête pointue et dont les traits rappellent la physionomie des bouffons, semble lui adresser quelque facétie, ainsi qu'il était dans l'habitude de ces sortes de personnages. En effet la tête est garnie de grandes oreilles, le nez, long et pointu, surmonte une bouche largement fendue, les yeux sont gros et saillants et toute la tête est comme déjetée de côté, inclinée sur Tépaule droite.

Will Summers, le célèbre bouffon de Henri Vill d'Angleterre, a eu la bonne fortune d'être peint plusieurs fois par le célèbre peintre de la cour Hans Ilolbein, qui lui a consacré deux tableaux où il est représenté seul avec des attributs qui servent à le caractériser. Dans l'un de ces derniers portraits gravé par F. Delaram, les lettres H. R. (Henricus Rex) sont gravées sur sa poitrine et il tient un cor à la main. 11 nous apparaît petit, la tête volumineuse, les membres longs, le corps dissimulé sous de larges vêtements flottants.

Il existe en outre d'Holbein un beau portrait de Henri VilI, où le roi est accompagné

1. On p6ul rapprocher de cette naine monstrueuse transformée en Silène un lableau de Rubens du musée des Offices à Florence, et qui représente Silène avec une Bacchante. L'obésité du Silène y est poussée à ses dernières limites avec une grande vérité. Là encore nous sommes certainement en présence de la fantaisie d'un peintre qui s'est plu à copier dans la nature une monstruosité que le hasard lui a mis sous les yeux et qui l'a transformée aisément en personnage mythologique. De semblables masses graisseuses et charnues ont pu tenter le pinceau de Rubens. Il a fait ainsi lui-même h caricature de sa manière.

de son bouffon. Ce portrait est aujourd'hui à Londres dans la salle de réunion de la Société des antiquaires. Un autre portrait de Henri VIII avec son bouffon est une mi-

LE IIOUPPON PKJEROU, PAU ANTONIO MOItO.

Musée du Praiio, à Madrid.

mature d'un psautier écrit par John Mallar, secrétaire et chapelain du roi, et conservé au British Muséum.

Un des plus beaux portraits de nain que les peintres des cours royales nous aient

LES. NAINS, LES BOUFFONS, LES IDIOTS/ i 49

laissés peut se voir au musée de peinturé du Louvre. II représente le fameux Brusquet, bouffon et nain de Charles-Quint. Il est d'un peintre hollandais de haute valeur et dont on peut admirer au même musée plusieurs autres portraits très remarquables, Antonis de Mor, Moor ou More, ou bien encore Antonio Moro *.

Brusquet remplissait sa charge debouffon avec éclat, et était doué, au dire des contemporains, de beaucoup d'esprit. « Il faut dire de lui, dit Brantôme, que c'a été le premier homme pour la bouff*onnerie qui fut jamais et qui sera, n'en déplaise à Morel de Florence, fut pour le parler, fut pour le geste, fut pour écrire, fut pour les inventions, bref pour tout, sans offenser, ni déplaire... On peut dire de lui, ajoute-t-il plus loin, qu'il est véritablement le maître de chœur des bouffons en titre d'office. >

Au physique le portrait d'Antonio Moro nous le représente avec une grosse tête, le buste long, les jambes courtes. Les traits du visage sont durs et grossiers, ils expriment la méchanceté. Revêtu d'un costume noir magnifique, coiffé d'un bonnet pointu, l'épée au côté, une masse d'armes dans la main droite, il pose la gauche sur un grand chien d'Espagne qui lui arrive à la hauteur de l'aisselle.

Le musée du Prado, à Madrid, possède du même maître un portrait d'un autre bouffon nommé Péjerou, et non moins remarquable que le précédent. Ce n'est pas un nain, mais il ne nous en offre pas moins les signes certains d'un état pathologique, que nous avons déjà nommé bien des fois et qu'il est si fréquent de rencontrer parmi cette catégorie d'individus spécialement et officiellement chargés de dilater la rate de leurs contemporains.

Les jambes courtes et grêles soutiennent un buste parfaitement développé, et on remarquera que les tibias ont subi l'incurvation caractéristique du rachitisme. Ces jambes légèrement tordues ne sont point la conséquence de l'inhabileté du peintre, et il faudrait bien se garder de prendre pour une erreur de dessin ce qui n'est que l'expression sincère de la nature. Une manche trop longue et qui retombe sur le poignet ne cache qu'imparfaitement la difformité de la main droite. Enfin le regard est dur, et la physionomie respire un air de profonde méchanceté.

Rubens, dont nous avons eu l'occasion, dans un autre ouvrage, d'exalter les œuvres qui personnifient des démoniaques, a peint avec non moins de réussite un type remarquable de nain, dans le portrait du comte Thomas Arundel et sa femme (à la Pinacothèque de Munich).

Le crâne est étroit, pourvu de grandes oreilles; la face offre un type bestial; la bouche est grande et lippue. Le torse long est mal supporté par les jambes courtes et grêles. Il paraît mal en équilibre sur de tels supports, et s'appuie de la main droite sur un grand lévrier, pendant que de l'autre il s'accroche aux plisd'unelourde tenture. Les membres supérieurs sont d'une longueur disproportionnée.

i. Le portrait du nain dont il s'agit avait été attribué par erreur dans l'ancien catalogue au peintre vénitien Torbido Moro.

CHARCOT ot BICHER. — Les difformoB et les malades dans Tart. 7

Van Dyck a fait le portrait de deux nains de la cour d'Angleterre, célébrés par les

qualités de leur esprit et par leur réputation de conformation physique irréprochable.

Richard Gibson, qui eut une réputation de peintre miniaturiste, était attaché à la

nOUFFON DANS LE POHTRAIT DU COMTE THOMAS ARUNDEL, PAR RUDEN8.

Pinacothèque de Munich.

personne de Charles I*"^ en qualité de nain, et plus spécialement de page de la garderobe; il épousa la naine de la reine Henriette-Marie, Anne Shepherd, qui était exactement de la même taille que lui (1 mètre 45).

Van Dyck a dessiné un portrait de Gibson, que possédait à la fin du siècle dernier

W. Hamilton, ambassadeur d'Angleterre à Naples. Il a peint également mistress Gibson dans le beau portrait de la duchesse de Richmond.

Gibson, à en juger par ses portraits et d'après le témoignage de ses contemporains, était fort bien proportionné dans sa petite taille et, suivant l'expression de sesj[>iflgraphes, t il possédait et exerçait tous les talents qui font le parfait gentleman^ j».

Jeffrey, né enl516, nain également attaché à la cour de Charles I", fut encore plus célèbre que Gibson. Van Dyck l'a représenté aux côtés de la reine Henriette-Marie dans le beau portrait qu'il a fait de cette princesse.

Les documents écrits ou figurés relatifs à ce nain célèbre sont nombreux. Sir Walter Scott les a résumés dans le portrait qu'il en trace dans un roman. « Jeffrey Hudaon, quoique nain de la plus petite stature, n'ofïrait rien de contrefait ni dans sa taille ni dans sa physionomie. Sa grosse tête, ses longues mains et ses pieds étaient, à la vérité, disproportionnés; son corps et sa taille plus épais que ne l'auraient exigé les règles de la symétrie ; mais Tefletqui en résultait était plaisant sans avoir rien de désagréable... »

Daniel Mytens, peintre d'un talent réel, fort admiré sous les règnes de Jacques I" et de Charles P% a laissé de lui plusieurs portraits.

Le plus célèbre est celui qui se trouve à Hampton Court. Jeffrey Hudson est représenté tenant un chien en laisse dans un paysage chaudement coloré dans le goût de Snyders et de Rubens *.

Nous nous contenterons de signaler d'autres portraits du nain Gibson, dont nous avons parlé plus haut, et de son épouse, par sir Peter Lely, le peintre célèbre de la cour de Jacques II, de son vrai nom Peter van der Facs.

Nous ne quitterons pas l'école hollandaise sans parler d'un tableau de van der Venue, la Pêche des âmeSj dans lequel on trouve sur la droite et au premier plan une figure de nain qui nous ramène au type difforme et contrefait. Vêtu d'un superbe habit de cour, l'épée au côté, il montre sa grosse tête et ses jambes cagneuses. 11 est accompagné d'un petit chien et des enfants du peuple le montrent du doigt, avec un geste de moquerie, pour sa grave prestance et toute sa personne pleine de prétention.

Il existe de nombreuses estampes de ce siècle et du siècle dernier, consacrées à la célébrité des nains exhibés en public. Nous ne nous y arrêterons pas. Ces œuvres d'art, destinées à la publicité, sont pour la plupart d'un mérite secondaire, un certain nombre n'étaient que de simples réclames, vendues au profit de l'être extraordinaire dont l'image était nécessairement flattée.

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