Cité par M. Rivière, loc. cit
ces animaux. Le lièvre est parfaitement reconnaissable k ses longues oreilles. Au-dessus de cette chasse, on aperçoit un homme entièrement nu, d'une forte musculature, remarquable par le développement de sa cage thoracique. Le col est gros et court, et la tête forte, vue de profil, est pour ainsi dire rentrée dans les épaules : elle porte une longue chevelure qui semble rejetée en arrière; le nez est proéminent. Le bras gauche est étendu et la main du même côté tient une lyre, tandis que le bras droit est relevé au-dessus de la tête dans une sorle de geste théâtral. L'individu est assis sur le bord d'un siège antique aux pieds en griffe de lion. Sa jambe gauche est repliée à angle droit sur la cuisse du même côté, de telle sorte que le pied qui lui appartient, en passant derrière la jambedroite, pourrait êtrepris, au premier abord, pour le pied droit. Quant au membre inférieur droit, dont les reliefs sont très nettement accusés, il n'est pas complètement étendu, mais il affecte une légère flexion à angle très obtus de la jambe ou plutôt de son moignon avec la cuisse. Cette jambe, en effet, a dû être mutilée par une amputation soit naturelle et résultant de quelque gangrène, de quelque modification consécutive à un traumatisme ou à une lésion quelconque, soit chirurgicale et pratiquée au-dessous du genou, à peu de distance du lieu d'élection. C'est ainsi que le moignon qui termine la jambe légèrement renflé au niveau des muscles qui commencent le mollet, repose sur un véritable pilon d'une forme tout à fait spéciale, complètement différente de la jambe de bois représentée sur la mosaïque de Lescar et absolument inconnue. En effet, droit et cylindrique dans sa partie moyenne, il s'élargit tout à coup et considérablement à ses deux extrémités : en haut, pour former une sorte de plateau concave, sur lequel la jambe doit être solidement fixée et prendre un point d'appui ; en bas, pour se bifurquer de façon à rendre la marche sinon peut-être plus facile, du moins plus assurée ^ >
Les miracles ont fourni à l'art chrétien maintes occasions de mettre en scène des infirmes de tous genres. Sur les sarcophages chrétiens antiques cette tendance est déjà très accusée. Parmi les bas-reliefs dont ils étaient déjà ornés, les sujets les plus fréquemment à la mode sont : la piscine probatique, la guérison de Vhémorrhdissey de V aveugle y du paralytique, la résurrection de Lazare.
Tous ces motifs, auxquels sont venus dans la suite s'adjoindre d'autres tirés également des livres sacrés, ont été reproduits à satiété par l'art religieux des époques qui ont suivi jusqu'à nos jours. Nous pouvons donc faire là une ample moisson. Nous nous contenterons pour l'instant de signaler, au milieu de beaucoup d'autres, quelques œuvres particulièrement remarquables, et qui, au point de vue où nous nous plaçons, présentent le plus haut intérêt.
\ • E. Rivière, loc. cit.
LES I INFIRMES
Dans la célèbre fresque du Triomphe de la mort, du Campo Santo, de Pise, et que nous décrirons plus loin en détail, se trouve un groupe de misérables qui méritent d'être cités tout d'abord. Ces malheureux atteints de toute sorte d'infirmités, boiteux, aveugles, culsde-jatte, mutilés, etc.. implorent vainement la mort, et lui demandent avec des gestes désespérés de mettre un terme à leurs souffrances.
Nous attirerons surtout l'attention sur le malheureux assis au centre du groupe dont les deux mains crispées sont d'un dessin qui, sans serrer de très près la nature, n'en reproduit pas moins assez exactement les contractures des membres supérieurs. Le bras droit, qui retient la béquille, est d'une attitude bien observée, avec la flexion du poignet et des doigts.
Un des compartiments de la porte du Baptistère de Florence, due k Andréa de Pise,