‹ Les difformes et les malades dans l'artChapitre 34 sur 49 · L.V 3A1GNKE · texte numérisé non relu

L.V 3A1GNKE

Mioialuic du bréviaire Griniaui, conservé à la bibliothèque Saint-Marc, à Venise.

dit il Pesellino, dans un fragment de rétable, au musée du Louvre, représentant saint Côme et saint Damien s'aidant fraternellement à panser un malade ; de Bicci di Lorenzo dans un tableau aux Offices à Florence, Sainl Corne et Saint Damien enlevant une jambe gangrenée et toute noire à un malade; de Andréa Pisano dans un losange du Campanile de Giotto, V Extrême-Onction; de Andréa Riccio dans un bas-relief en bronze du musée du Louvre, /a Maladie, elc. Nous ferons remarquer, à propos de malades alités, que les patients étaient couchés complètement nus dans leurs lits.

Nous ne pouvons, en vérité, passer sous silence les petits chefs-d'œuvre des peintres hollandais et flamands du xvii* siècle, dans lesquels la maladie a servi de prétexte à. des scènes d'intérieur pleines de charme et d'intimité.

C'est dans une chaumière au milieu des paysans que nous conduit A. Brauwer dans son tableau du musée de Vienne, intitulé Opération chirurgicale. Celte opération consiste en un simple pansement. Le patient est un pauvre hère qui ne retient point ses cris de douleur, pendant que le médecin retire avec précaution cependant le linge qui

CHARCOT et RiCHER. — Les difforoies et les malades dans raiU 15

recouvre une plaie du dos du pied. Dans le fond, près d'une table, une femme découpe avec des ciseaux un nouvel emplâtre. Près de là, un homme appuyé sur un bâton montre une compassion pleine de bonhomie, tandis qu'un farceur qui entr'ouvre la porte rit des plaintes du malheureux.

Il existe du même peintre, au musée de Munich, un tableau intitulé le Pédicure. L'opérateur procède avec un soin qui mérite les plus grands éloges, et avec toute Tattentiçn nécessaire au succès de son opération. Le tableau dont nous donnons la

LK Mi^DECIN DE VILLAGE, PAR ADIIIE.N UHAUWER.

Musée do Munich.

gravure se trouve également au musée de Munich. C'est aussi une scène de pansement*

Enfin le musée du Louvre (collection La Caze) possède également un petit tableau de Brauwer, consacré à la chirurgie. Assis sur le rebord d'une table, un paysan, Tépaule nue, les traits contractés par la douleur, pousse des cris perçants, pendant que le chirurgien sonde la plaie. Sur la droite, un élève prépare une compresse.

C'est ici que nous devons citer le tableau si connu de Gérard Dow, la Femme hydropiquej également au musée du Louvre. La scène se passe dans un riche intérieur dont les détails d'ameublement ont été souvent relevés. La malade, renversée dans son

fauteuil dans une pose languissante pleine de naturel, porte bien les marques de Taffeclion dont elle est atteinte. Toutefois, sous ses vêtements lâchement serrés à la taille, on ne peut que deviner l'œdème qui a envahi toute la partie inférieure du corps, suivant la règle. Seul le pied droit que la robe découvre apparaît manifestement gonflé.

JAN STKEN. LA FEMMK M A L A D K.

Musco de Munich.

Sa fille est en larmes à ses genoux et lui tient la main, tandis qu'une servante lui offre une cuillerée de potion. Son médecin, debout, considère avec attention le contenu de l'urinai qu'il expose au jour. Ce détail a son intérêt : on sait de quelle importance e^t l'examen des urines dans les affections qui produisent Thydropisie, et la manière dont s'y prend le médecin est d'une obsen'ation fort juste.

Cette même attitude du médecin qui examine attentivement l'urinai en le plaçant à contre-jour a été reproduite par Gérard Dow dans un autre tableau du musée de Vienne,

II existe aussi au musée du Louvre un tableau du môme peintre représenlant un arracheur de dents.

Le même sujet a été traité également par Van Ostade.

Un élève deGérard Dow, qui fut,lui aussi, le peintre des intérieurs et des occupations ménagères, Quiryng Brekelenkam, a peint un excellent petit tableau, intitulé la Consultation, le seul de ce maître que possède le musée du Louvre (galerie La Gaze). Deux personnages seulement : une femme assise et devant elle un médecin debout qui lui tâte le pouls. Rien de plus simple ni de plus naturel que le geste du médecin, si ce n'est l'expression de la malade et le regard interrogateur qu'elle lève sur lui.

Gette attitude du méâecin occupé à tàter le pouls du patient a été deux fois reproduite par un des maîtres les plus renommés de l'école hollandaise, Jan Steen, dont la verve s'est plu à opposer le personnage sévère et morose du médecin aux jeunes et jolies malades.

Dans la Malade d^amour, du musée de la Haye, une jeune femme assise présente son bras au médecin qui lui tâte le pouls et paraît fort perplexe. Jan Steen pour aider au spectateur à comprendre la cause de la maladie a placé sur la cheminée une statue de l'amour tenant une flèche.

Un second tableau de Jan Steen sur le même sujet se trouve au musée de Munich; nous en donnons la gravure.

Un autre tableau où Jan Steen nous montre un médecin également occupé à tâter le pouls d'une jolie malade est la Femme malade, de la collection Van der Hoop à Amsterdam. La physionomie de l'homme de l'art est pleine de douce gravité et de bonhomie charmante. Son geste très naturel est en môme temps plein de déférence. La jeune malade est assise, la tête enveloppée d'un foulard blanc et appuyée sur un oreiller posé sur une table. Les yeux brillants, la face un peu vultueuse annoncent de l'émoi ou un petit train de fièvre; mais elle sourit, et si elle ne raille, la jolie malade, son mal ne doit pas être bien sérieux.

Dans un autre tableau du musée de la Haye, Jan Steen met également en scène un médecin. H est intitulé la Consultation.

La malade est au lit, près d'elle le médecin est assis, tenant encore à la main les gants qu'il a retirés pour procéder, selon toutes les règles de Tart, à l'examen de la patiente. Mais la consultation doitêtre finie, car son attention est dirigée sur une femme qui arrive tenant un broc d'une main et un verre plein de l'autre et marche vers le lit. G'est letraitement qui commence.

Gitons encore de Jan Steen un tableau du musée d'Amsterdam intitulé la Femme malade. Deux figures coupées à mi-corps forment toute la composition. Une femme assise, la tête enveloppée, boit une liqueur que vient de lui verser un homme qui tient encore le broc, et qui attend avec anxiété le résultat du remède. G'est d'un cordial que

parait avoir besoin la malade dont les traits sont bien languissants et qui, par le geste de la main gauche placée sur sa poitrine, semble indiquer le siège du mal. Frans Van Mieris le Vieux, le peintre des élégances néerlandaises, a mis en scène les

Wi^^j-^y^^.ç

Kaii-fortc de CornôUos Pusart.

jolies malades vêtues de salin et de velours. La Consultation, du musée de Vienne, est considérée comme une de ses meilleures toiles. Un autre tableau, au musée de Munich, nous montre une jeune femme renversée, dans la pose (laccide de l'évanouissement. Elle est soutenue par une grosse commère. Plus loin un médecin, dans une attitude que nous avons déjà vue plusieurs fois bien observée, regarde l'urinai qu'il élève

en l'air.

La malade de Van der Neer au même musée est également pâmée. Plusieurs personnes s'empressent autour d'elle. L'une approche de son visage un linge imprégné de

fortes senteurs. L'autre soutient le bras sur lequel un tout petit bandage^ appliqué au niveau du coude, nous révèle la cause de la pâmoison. La malade vient d'être saignée et le sang remplit encore un petit bassin posé à terre, sur la gauche du tableau à côté d'une éponge.

Nous citerons encore deux gravures d'un élève de Van Ostade, Cornélius Dusart, dont

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