INTRODUCTION
En 1825, Laenxec étudie deux cas de bronchectasie : il fait de la dilatation bronchique une maladie nettement individualisée et aecorde aux sécrétions
stagnantes un grand rôle dans sa production. Plus
tard, CruveEILHIER croit observer un antagonisme entre les ectasies bronchiques et la tuberculose pulmonaire ; Corniz et RANvIER confirment cette opinion par leurs travaux anatomiques.
Cependant GrANCHER est étonné de la fréquente association des lésions tuberculeuses chroniques et des bronchectasies. Il reconnaît dans la tuberculose pulmonaire ‘chronique la grande cause des dilatations bronchiques. Voiei ce qu'il écrit en 1878 : « Dans la tuberculose chronique, on rencontre presque toujours des dilatations bronchiques cylhindro-coniques, ampullaires ou fusiformes, et de plus une dilatation vestibulaire au voisinage des petites cavernes. » Son élève Dazriner soutient la même opinion dans sa thèse ; bien plus, avec MaRFaAN, 1l reconnaît que la tuberculose pulmonaire ulcérée peut, elle aussi, déterminer des bronchectasies.
“L’étiologie tuberculeuse de la plupart des ectasies
Jean Lebrun. 1
RARE faute
bronchiques est généralement reconnue jusqu’en 1904. À cette époque Trrerer, en publiant d’importants travaux anatomo-pathologiques, reconnaît un pouvoir ectasiant non pas à la tuberculose mais à la syphilis. Assurément cet auteur Signale la possibilité de voir des dilatations cylindriques ou même quelques dilatations aréolaires au sein de la sclérose pulmonaire ; pour lui la tuberculose peut parfois créer ces lésions si elles sont peu nombreuses et peu importantes ; mais, si elles sont abondantes, on doit soupconner la syphilis. TRIPIER, il faut l'écrire, s’est attaché à étudier ce qu’il appelle « la dilatation bronchique proprement dite » c’est-à-dire les dilata
tions ampullaires. Pour lui les dilatations ampullaires |
avecleurs néoformations alvéolaires et leur épithélium cubique ont une étiologie presque exclusivement syphilitique ; « le seul fait qui nous paraît incontestable, déclare-t-il, c’est que la tuberculose est incapable de donner lieu à la dilatation bron-
chique proprement dite, quelque soit le degré de la
sclérose qui accompagne les productions tuberculeuses, s’il n’y à pas eu de syphilis antérieure ». L'opinion de TrIP1ER connaît alors une grande vogue. Cependant cetté théorie de l’origine presque exclusivement syphilitique de la dilatation des bronches ne tarde pas à se heurter aux expériences de laboratoire et aux observations cliniques. De fait,
en 1907, MM. Degré et Tnirocorx obtiennent chez
le cobaye des dilatations bronchiques avec néoformations en injectant dans le péritoine des staphylo-
ss