TRAITEMENT SPÉCIAL DES DILATATIONS PAR INSUFFISANCE
Il ne sera question, dans ce chapitre, que des dilatations par atonie, l'existence de dilatations par gastrite étant très incertaine, ainsi que celles de dilatations par adhérences périgastriques dont nous avons plus haut affirmé la rareté.
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I. Traitement médical. — Si l'on se reporte à ce que nous avons écrit plus haut, on verra qu'il est utile, dans le traitement de cette forme de maladie, de soigner l'état général autant et peut-être plus que l'estomac lui-môme.
Régime alimentaire. — L'établissement d'un régime alimentaire convenable est de la plus haute importance.
Nous en avons donné plus haut les règles générales. Nous devons cependant ajouter quelques observations plus spécialement appropriées aux cas qui nous occupent.
Les auteurs ne sont pas d'accord sur la quanlilé d'aliments qu'il convient de prescrire. Les uns, sans s'inquiéter de l'état de l'estomac et des phénomènes dyspeptiques qu'ils considèrent comme d'importance secondaire, cherchent surtout à agir sur l'état général de l'organisme, en stimulant la nutrition, et préconisent l'alimentation abondante et même la suralimentation.
Les autres, prenant en considération surtout l'hyposthénie gastrique, conseillent, pour éviter la surcharge et la distension des organes digestifs, une alimentation restreinte, de petits repas; ils y ajoutent la réduction des boissons et des aliments où les matières nutritives sont diluées dans une grande quantité de liquides [régime sec).
Ces deux méthodes donnent, selon les cas, de bons et de mauvais résultats; elles ont toutes deux leurs indications spéciales que, pour notre part, nous concevons de la façon suivante ;
niUTATIONS PAR INSUFFISANCE.
Tous les cas d'alonie gastrique sont loin de se ressembler au point de vue clinique : les phénomènes associés, rélal de la nulriUon générale, l'irrilabilité nerveuse, les afl'ections des autres organes multiplient à l'infini les aspects cliniques de la maladie. Or, c'est surtout de ces phénomènes associés que le clinicien devra se préoccuper et, avant tout, de la réaction générale de l'organisme. Lorsque l'état général est mauvais, que le système nerveux est profondément atteint, qu'il se manifeste des signes de neurasthénie accentuée, que la dénutrition et la désassimilation sont accusées, tous symptômes qui ont comme corollaire un amaigrissement progressif et plus ou moins accentué, il y a intérêt à surahmenter les dilatés sans tenir compte de leurs troubles digestifs, et, même si l'ectasie et l'atonie gastrique sont très prononcées. Nous avons vu, pour notre part, se produire par cette méthode de véritables résurrections dans des cas de dilatations asthéniques graves. A la suite de ce traitement, les fonctions digestives se raniment et les malaises s'atténuent et disparaissent, en même temps que le poids du corps augmente, que les forces reprennent et que le système nerveux retrouve son équilibre. L'amélioration est souvent rapide et complète, toujours appréciable.
La surahmentation peut se faire, lorsque l'appétit est suffisant, sans recourir à aucune manœuvre spéciale. Les poudres de viande, la viande crue, les œufs crus, le lait en font les frais. On prescrit de prendre ces aliments à deux repas supplémentaires copieux, le matin et à quatre heures de l'après-midi.
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tandis que les autres repas du midi et du soir sont maintenus.
Mais si l'appétit est insuffisant, ou si les digestions se font mal, il est nécessaire de recourir à la sonde œsophagienne. Le calhétérisme a souvent, par lui-même, des effets surprenants. Alors que les aliments avalés nalurelleraent provoquent des douleurs et parfois même sont rendus par vomissement, ces mêmes aliments, pris par la sonde, sont parfaitement tolérés et digérés. L'explication do ces faits reste obscure, mais, cependant, il est légitime d'admettre que l'introduction de la sonde provoque une excitation de l'estomac et peut-être de l'intestin, qui favorise l'acte digestif. Quoi qu'il en soit, les effets de l'alimentation par la sonde, du gavage, comme il est d'usage de l'appeler, sont tout à fait remarquables, et on ne saurait trop en recommander l'emploi.
A côté des dilatés maigres, il existe des dilatés gras quelquefois obèses, souvent pléthoriques, présentant les stigmates bien connus de Tarthritisme. Ces malades se trouvent fort mal de la méthode pi'écédente. Chez eux il faut, au contraire, réduire l'alimentation dans une forte mesure. Non seulement on ordonnera une alimentation légère, mais, dans bien des cas, il sera bon de conseiller le régime végétarien mitigé consistant dans l'abstention de la viande et des aliments gras, mais permettant l'usage du lait, des œufs et du poisson. On obtiendra souvent de la sorte un amaigrissement salutaire, l'atténualion et même la disparition de bien des troubles locaux ou géné-
DILATATIONS PAU INSUl' FISANCE.
raux allribués à la clilaLalion de l'estomac et dus, en réalité, à des phénomènes loxi-alimentaires chez des sujets atteints de ralentissement de la nutrition.
Enfin, chez certains dilatés il sera inutile de régler la quantité d'aliments et on leur permettra de manger à leur appétit, en se contentant de recommander de simples prescriptions hygiéniques.
Il nous reste à dire quelques mots sur le régime des boissons. On sait que M. Bouchard et ses élèves ont recommandé le régime sec, c'est-à-dire la quasiabstention des boissons et des mets contenant une grande quantité d'eau, notamment des potages. Nous croyons, pour notre part, que le régime sec a peu d'avantages et par contre de gros inconvénients. Il a peu d'avantages, car il n'est pas démontré que l'on obtienne de cette façon une diminution de l'atonie et de la dilatation. Nous avons vu des malades soumis depuis plusieurs mois au régime sec et chez lesquels l'estomac présentait une dilatation très marquée. D'autre part, les inconvénients du régime sec sont évidents. Tout d'abord la privation de boisson amène rapidement chez les neurasthéniques un amaigrissement notable, de plus, surviennent une constipation très marquée et une réduction considérable des urines dont la densité augmente. Il en résulte que les substances toxiques contenues dans l'intestin, d'ordinaire évacuées avec les selles, et les toxines contenues dans le sang qui, normalement, s'éliminent par les reins, s'accumulent dans l'organisme et contribuent à exagérer les phénomènes morbides.
Nous croyons donc, avec beaucoup de bons au- SoupAui.T. — Les Dilatations de l'estomac- fi
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leurs, qu'il esl utile de l'aire prendre aux dilatés une certaine quantité de boissons, variant entre 1 200 et 1 500 grammes par jour.
Dans la plupart des cas, elles seront absorbées aux repas. Cependant chez certains gastropathes on observe une certaine répugnance pour tous les liquides : alors que la digestion des matières alimentaires solides ou demi-liquides se fait bien, sans provoquer aucune sensation pénible, celle-ci apparaît des l'ingestion d'une quantité même minime de bois- .son. Cette dyspepsie des liquides n'est pas très rare. C'est une idiosyncrasie impossible à prévoir et à expliquer, mais qui n'est pas en rapport avec l'état organopathique de l'estomac. Quoi qu'il en soit, elle contre-indiquc l'usage des boissons aux repas. Il faut alors faire prendre la quantité de liquide suffisante à dislance des repas, soit vers dix heures du malin, vers quatre heures du soir, et le soir en se couchant, de préférence sous forme d'infusions chaudes qui stimulent la motricité et la sécrétion gastriques.
Chez certains malades, de préférence les arthriti([ues, il est bon d'ordonner des boissons abondantes, d'ordinaire bien supportées par l'estomac, et qui ont l'avantage, en faisant un véritable lavage du sang, de favoriser la dépuration urinaire.
Traitement médicamenteux. — Il n'existe pas de médication spécialement applicable à l'atonie gastrique. Les indications thérapeutiques sont fournies moins par l'existence de la dilatation que par les phénomènes dyspeptiques et les troubles généraux qui l'accompagnent et qui sont, on le sail, très va-
viables. Chaque cas réclame donc une thérapeutique clill'érente et on ne peut donner de règles univoques.
En thèse générale, il faut être avare de médica^ mçnts ; la polypharmacie aboutit à des résultats désastreux. Aux malades qui n'ont que de légers malaises, on ne prescrira que le régime et les agents physiques. Pour les autres, la thérapeutique s'inspirera des indications symplomatiques.
Amers. — Chez un grand nombre de dilatés, il existe une sorte de torpeur des fonctions stomacales, anorexie, distension de la tunique musculaire, insuffisance de la sécrétion. Il est rationnel dans ces cas de chercher à exciter les fonctions stomacales. Les amers, quinquina, gentiane, Colombo, quassia amara, condurango, rhubarbe, noix vomique, etc., sont indiqués pour exciter l'appétit. On les administre sous forme de teintures, d'extraits fluides, de tisanes. On peut y adjoindre certaines substances qui semblent avoir une action particulièrement efficace sur les fibres hsses, tels l'ipéca, l'hydrastis canadensis, l'haraamelis virginica, l'ergotine.
Alcalins. — Faut-il, dans l'atonie gastrique avec hypochlorhydrie, administrer des acides ou des alcalins; c'est là une question embarrassante et qui mérite d'être discutée.
Il semble démontré par de nombreux travaux concordants que les alcalins et tout spécialement le bicarbonate de soude à faible dose et à dose moyenne de un à trois grammes, pris avant le repas, excitent la sécrétion gastrique chez les hypochlorhydriques et amènent une évacuation plus rapide de l'estomac.
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D'autre part, quoique moins nombreuses, toutes les expériences sur l'action des acides sur la digestion gastrique, aboutissent à une môme conclusion, à savoir que ces substances retardent l'évacuation de l'estomac, en provoquant une contracture réllexe du pylore. Quantàleur action sur le chimisme gastrique, il n'en est guère question, et, si nous en jugeons par notre expérience personnelle, elle nous semble insignifiante. Quelques auteurs prétendent même qu'ils dépriment la sécrétion par inhibition.
Acides. — De ce qui précède, il résulte donc que, dans la dyspepsie avec atonie gastrique et lenteur des digestions, l'administration des alcalins, à petite dose, est plus rationnelle que l'administration des acides. Ceux-ci, pour le dire en passant, trouvent leur emploi dans les gastriles avec hypochlorhydrie, atonie, s'accompagnant d'une évacuation hâtive de l'estomac et coïncidant fréquemment avec de la diarrhée. A ce point de vue l'expérience clinique semble bien d'accord avec la théorie.
Ferments digestifs. — L'utilité des ferments digestifs, pancréatine, papaïne et pepsine est très discutée, surtout lorsque la sécrétion gastrique est peu altérée. En tous cas, si l'on donne la pepsine, il faudra conseiller non la pepsine du codex, mais des pepsines très actives au titre de 200, 400 et plus, qu'on trouve maintenant dans le commerce. La dose à prescrire est de 1 gramme à l^^SO environ après chaque repas.
Suc gastrique. — M. Frémont a préconisé l'usage du suc gastrique de chien ou gastérine, dans les dys-
pepsies avec hypoclilorhydrie. MM. Launois, Le Gendre, Mathieu, Rendu, ont célébré les bons effets qu'ils en avaient obtenus. Nous croyons aussi, pour notre part, aux bons effets de la gastérine, mais nous pensons qu'elle ne trouve que rarement son indication dans l'asthénie gastrique avec dilatation, et que tout au moins elle ne doit être employée que dans les cas très graves, avec altération profonde de l'état général.
Peplone. — Enfin, nous recommandons souvent l'usage de la peptone, à la dose d'environ 10 grammes par repas. Notre but n'est pas d'introduire dans l'organisme de l'albumine déjà digérée dont l'assimilation est plus qu'hypothétique. Nous nous basons sur les expériences de M. J.-Ch. Roux qui ont montré qu'un repas d'épreuve additionné de peptones s'évacuait plus rapidement dans l'intestin.
Médicamenls calmants. — Lorsqu'il n'existe qu'un peu de pesanteur gastrique, il est inutile, sinon nuisible d'administrer des médicamenls calmanls. Si, au contraire, il existe de la gastralgie, il est indispensable d'y avoir recours.
La douleur est due soit à une hyperesthésie locale de l'estomac, soit à une irritabilité du système nerveux, soit, et le plus souvent, à ces deux causes à la fois. La médication doit varier selon ces différents cas. Dans le premier cas, on donnera des préparations pouvant engourdirles teri-ninaisonsnerveusesdel'estomac : eau chloroformée, eau mentholée, lesdivers médicaments opiacé.s, la morphine, la codéine, la belladone, l'extrait de cannabis indica, etc. Leur mode d'administration devra varier selon les cas. Si la douleur se
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déclare dès l'ingeslion alimentaire, il est bon de prescrire les médicaments, depréfércncc ù l'élal liquide et environ un quart d'heure avant le repas ; on les prescrira au contraire à la fin du repas, sous forme de poudres ou de pilules, chez les malades qui ne souffrent que quelque temps après être sortis de table..
Lorsque l'on aura affaire à un sujet très nerveux, agité, irritable, présentant des stigmates nerveux accentués, et accusant des douleurs d'estomac en dehors des repas, il y aura intérêt à prescrire le valérianate d'ammoniaque et les bromures, alternativement. L'administration des bromures est souvent très efficace; on peut y associer le chloral. Voici une formule qui nous a donné toujours des effets très heureux.
Bromure de calcium 15 grammes.
Hydrate de chloral '. . . 5 —
Codéine 20 cenligr.
Eau de laurier-cerise / - „
„ . , /.) grammes
Lau smiple \
Dans quelques cas assez rares, la douleur est due à l'existence d'une hyperacidité du suc gastrique; il est alors nécessaire de prescrire les alcalins à assez hautes doses et surtout à doses répétées : un cachet toutes les heures, de façon à entretenir la neutralité du milieu gastrique. Toutefois, il faut prescrire en môme temps des antigastralgiques, car faction des alcahns, nous l'avons souvent remarqué, estbeaucoup moins efficace chez ces malades que chez les hyperchlorhydriques avec syndrome pylorique.
Les vomissements sont souvent la conséquence des
douleurs el disparaissent avec elles; s'ils persistent, il ne faut guère compter sur le traitement pharmacothérapique pour les faire disparaître. C'est au repos et aux agents physiques qu'il faudra s'adresser. La glace et les boissons glacées sont quelquefois assez utiles. Quant aux boissons gazeuses et particulièrement la fameuse potion de Rivière, nous en nions résolument les eflets, malgré la tradition.
Anlisepliques. — On a quelque peu abusé des cinlisepliqiies dans le traitement de la dilatation. Leur emploi, très rationnel d'après la théorie, donne des résultats peu appréciables dans la pratique. Ils nous paraissent surtout utiles dans les cas, d'ailleurs assez rares, où existe de la stase permanente.- On peut aussi les conseiller dans les cas où prédominent les troubles intestinaux accompagnés de fermentations ; ils ont en effet plus d'action contre les fermentations intestinales que contre les fermentations stomacales.
Les principaux antiseptiques internes sont : la résorcine, le benzonaphtol, le bétol, l'acide salicylique et ses dérivés ; le naphtol p nous a paru trop irritant. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que les petits purgalifs répétés, huile de ricin, calomel, sulfate de soude, magnésie, etc., sont des adjuvants utiles, des antiseptiques intestinaux, car ils provoquent l'issue des matières intestinales et s'opposent à la stase stercorale.
Traiiemenl général. — Chez beaucoup de neurasthéniques, l'état général est défectueux, il y a un amaigrissement très grand, une dépression marquée.
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unevérilable déchéance physique cL morale. L'emploi des Ioniques s'impose. On a conseillé l'usage de la kola, du quinquina, de la caféine, dos phosphates et des glycérophosphales, de la léciLhine, etc. ; nous avouons ne pas avoir retiré de ces diverses médications les résultats que nous avions espérés.
Le cacodylate de soude, au contraire, semble avoir une influence assez nette. Nous en avons retiré de bons effets. Il est préférable de l'employer en injections sous-cutanées, à cause de son influence irritante sur les muqueuses gastrique et rectale. On peut aussi espérer de bons effets du méthylarsinate de soude, encoi'e connu sous le nom d'arrhénal ou de néoarsycodile, que M. Gautier a récemment introduit dans la thérapeutique comme succédané des cacodylates, et sur lesquels il présenterait l'avantage de pouvoir, sans inconvénient, être prescrit à l'intérieur.
Agents physiques. — Ils rendent de grands services dans le traitement des malades atteints de dilatation atonique.
Ihjdrolhérapie. — L'hydrothérapie est presque constamment utile; il n'est guère de malades qui ne s'en trouvent bien. Mais les méthodes à appliquer doivent être appropriées au tempérament de chaque individu. 11 faut du tact et souvent aussi des tâtonnements pour prescrire la méthode hydrothérapique convenable. En général, chez les névropathes excités, les douches sont préférables. On les donnera d'abord tièdes, écossaises, puis froides; en tous cas, elles seront courtes. Pour les neurasthéniques déprimés.
les malades anémiés, le drap mouillé est préférable. Enfin chez les malades obèses, arlhriliques, les douches ne sont pas très bien supportées et les grands bains chauds sont plus indiqués. Ce sont là des indications générales auxquelles, bien entendu, il existe de nombreuses exceptions.
Massage. — Il est aussi d'un précieux secours. Cependant, il demande à être appliqué avec circonspection, car, dans beaucoup de cas, il peut être nuisible. Il faut distinguer le massage général et le massage abdominal. Le massage général est indiqué à peu près dans tous les cas où domine la neurasthénie, la fatigue, les courbatures générale^, la brisure des membres; il est indiqué aussi chez les obèses. C'est'dire qu'il est bon dans la plupart des formes de dilatation par insuffisance. Nous le croyons cependant conLre-indiqué, momentanément du moins, lorsqu'il y a un amaigrissement marqué et un épuisement nerveux considérable. Pour le massage abdominal, il faut y regarder de plus près. En général nous le proscrivons chaque fois qu'il y a une hypereslhésie trop vive de l'estomac, se manifestant par des douleurs et plus encore par des vomissements. Nous avouons que nous ne croyons pas au prétendu effet calmant des massages. Nous proscrivons aussi ceux-ci dans les cas où il existe des crises d'entéralgie. Au contraire nous avons toujours été très satisfait des résultats obtenus dans les cas, très nombreux, qui se manifestent par de la lenteur des digestions, avec engourdissement général, et surtout chez les pléthoriques obèses, atteints souvent
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aussi de conslipation par atonie de rinleslin cL dont le foie est d'ordinaire congestionné. Chez ces malades, dont la circulation porte se fait mal, on obtient par le massage abdominal des effets que nulle autre médication ne peut prétendre à obtenir.
Gymnaslique suédoise. — La gymnastique suédoise est un utile complément du massage général et doit être employée dans les mêmes circonstances.
Eleclrolhérnpie. — Elle a des partisans et des détracteurs. Nous nous rangeons parmi les indifférents. Nous n'avons pu encore préciser exactement les indications de cette méthode dans l'affection qui nous occupe. Nous croyons en réalité qu'elle n'a pas une action bien nettement efficace. D'ailleurs les expériences physiologiques, faites en Allemagne et en Amérique sur l'action des différents modes d'électrisation interne ou externe, sur la musculature et les glandes de l'estomac n'ont pas permis de conclusions bien nettes, d'accord en cela avec les constatations cliniques.
Nous ne parlons ici, bien entendu, que de l'électrisalion locale. Quant à l'électrisation générale, il ne nous appartient pas d'en parler ici et nous renvoyons nos lecteurs aux traités spéciaux des maladies du système nerveux.
Trailement des troubles intestinaux. — 11 ne faut pas oublier que les malades atteints de dilatation par insuffisance ont souvent des troubles intestinaux de diverses natures dont il est fort utile de s'occuper, car ceux-ci ont une répercussion très marquée sur l'état de l'estomac. La conslipation, sous ses diverses formes, est d'une fréquence très grande; pour la
comballre, on donnera des purgatifs ou des laxatifs doux et des lavements. Chaque malade a son médicament de choix qui lui réussit et ne réussit pas à son voisin : il faut tenir compte des idiosyncrasies. De même, on sait que tout laxatif perd à la longue son efficacité, et demande à être remplacé au bout de quelque temps. Ces réserves faites, nous donnons la préférence, dans la majorité des cas, à l'huile de ricin (une cuillerée à dessert 2 fois par semaine) ou aux sels de soude (sulfate, phosphate, chlorure de sodium, sel de Carlsbad). Nous recommandons la formule suivante :
Phosphale de soude ;') grammes.
Sulfate de soude A —
Bicarbonate de soude 3 —
• Pour un paquet à dissoudre dans une bouteille et à prendre tous les deux jours par verre à boire le matin i\ jeun.
Les lavages clinleslin méritent d'ôlrc prescrits chez tous les dilatés atteints de troubles intestinaux (diarrhée ou constipation). On les donne de la façon suivante : les malades sont placés dans la position horizontale, le siège relevé, la tête basse, les genoux fléchis, la bouche largement ouverte. L'eau (1 litre l/'2 d'eau bouillie à 45°), contenue dans un bock accroché à 75 centimètres au-dessus du plan du lit, est amenée dans l'intestin par un tube en caoutchouc muni d'une canule en os (mocfèle courant). Le lavage doit être pris lentement en cinq ou six minutes environ, et être rendu dès qu'il est absorbé.
Il faut toujours recommander aux malades de se présenter à la garde-robe et d'avoir une selle, si pos-
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sible, immédiatement avant de prendre le lavage. On leur évite ainsi l'inconvénient de ne pouvoir aller à la garde-robe sans lavements.
Sonde gastrique. — Elle trouve souvent son emploi chez les dilatés par insuffisance. Tout d'abord on est souvent appelé à pratiquer le cathétérisme pour faire l'alimentation artificielle. L'anorexie est fréquente chez les malades de cette catégorie et la suralimentation, comme nous l'avons déjà dit plus haut, est chez eux une merveilleuse méthode de traitement. L'introduction d'aliments liquides et en poudre par la sonde permet cette suralimentation. De plus, il est remarquable que souvent les aliments introduits de cette façon sont mieux tolérés et mieux digérés que ces mêmes aliments introduits par la bouche. Quoique d'une interprétation difficile, ce fait peut être journellement constaté.
Le cathétérisme peut avoir encore pour but de pratiquer le lavage de l'estomac. Cette pratique s'impose et donne des résultats excellents loi"squ"il existe de la stase gastrique.
Mais faut-il y avoir recours lorsque cette complication n'existe pas. Nous n'hésitons pas à répondre par l'affirmative? Nous ne croyons guère aux fermentations gastriques lorsqu'il n'existe pas de stase, et ce n'est pas pour nettoyer la cavité stomacale que nous préconisons les lavages. Mais, l'introduction du tube dans l'estomac excite vivement les mouvements et la sécrétion de l'organe.
D'autre part, on sait aussi que les lavages d'eslomac provoquent le péristallisme intestinal. Ceux-ci
agissent donc à la façon d'une véi^i table douche slomacale, terme dont se servent souvent d'ailleurs les auteurs allemands. D'après ce que nous venons de dire, les lavages de l'estomac semblent indiqués, lorsqu'il existe de l'insuffisance de l'estomac avec atonie intestinale. Nous les croyons contre-indiqués dans les cas d'hyperesthésie gastrique et lorsqu'il existe de l'entérite muco-membraneuse avec spasme de l'intestin.
Ceinture. — Les dilatés se trouvent souvent fort bien du port d'une ceinture abdominale.
Celle-ci est indispensable dans les cas de relâchement marqué de la paroi abdominale, avec ou sans éventration. Elle s'impose aussi, à notre avis, chez les malades dont la paroi abdominale est suffisamment résistante, mais qui présentent les diverses variétés de la splanchnoptose (gastroptose, entéroptose, néphroptose, hépatoptose). Elle est moins nécessaire, mais cependant encore utile dans la simple dilatation, lorsque celle-ci est très marquée et que les aliments et les gaz contenus dans l'estomac en distendent très fortement les parois. Nous conseillons à nos malades le port d'une ceinture lorsque nous constatons pendant la période digestive que la grande courbure dépasse l'ombilic de deux travers de doigt ; ou encore quand l'estomac se laisse très fortement distendre par l'insufflation pratiquée à jeun.
Quel que soit le cas auquel on ait aflaire, la ceinture doit toujours être d'un même modèle. Nous ne sommes guère partisan de la sangle de Glénard,
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qui nous a semblé brider les oryanes abdominaux sans les maintenir, malgré l'addition, souvent gênante d'ailleurs, de pelotes. Nous préférons de beaucoup la ceinture hypogastrique haute allant du pubis au-dessus de l'ombilic et garnie d'ouate. Les ceintures doivent être faites sur mesure et capitonnées selon les indications à remplir. En général, elles doivent être épaisses au niveau du pubis et diminuer graduellement vers l'ombilic. En cas de néphroptose ou d'hépatoptosc, il faudra avoir soin de faire poser une épaisse couche d'ouate pour soutenir le foie et le rein. Ainsi comprise, la ceinture abdominale relève les organes, non pas en agissant sur eux directement, mais par l'intermédiaire de l'intestin sur lequel ils reposent.
Nous préférons de beaucoup la ceinture à tous les corsets hygiéniques plus ou moins bien compris qu'on a voulu lui substituer et qui pour la plupart remplissent insuffisamment le but qu'on se propose par leur emploi.
II. Traitement chirurgical. — Le traitement chirurgical ne donne pas de résultats appréciables chez les malades atteints de dilatation par insuffisance. Pour notre part, nous n'en avons fait opérer que trois : ces malades étaient atteints, en même temps que de dilatation, de douleurs intenses avec vomissements, d'une hypochlorhydrie prononcée et d'un dépérissement marqué, ensemble symplomatique pouvant faire soupçonner un cancer au début. Ces trois malades, en réalité dyspeptiques nerveux, dont le pylore et l'estomac ne présentaient aucune lésion,
n onl pas été améliorés. Deux ont subi la gaslroenlérosLomie eL un la pyloropIasLie. Outre ces trois malades, nous en avons vu dix autres, qu'un interrogatoire minutieux nous a permis de ranger dans la même catégorie de dilatés ; chez eux non plus l'interve-ntion chirurgicale n'a été suivie d'aucune amélioration, ils sont restés aussi dyspeptiques qu'avant l'opération. Deux même ont vu leurs troubles subjectifs notablement aggravés. Au point de vue local, la dilatation avait persisté.
Cet échec de l'intervention chirurgicale s'exphque si l'on veut bien se rappeler ce que nous avons dit plus haut, à savoir que la dilatation par insuffisance relève bien plus d'une asthénie générale du système nerveux que d'un état anatomique local de l'estomac.
Il est cependant une intervention qui paraît justifiée dans un certain nombre de cas : cesl la gaslropexie, lorsqu'il existe de l'entéroptose et de la dislocation verticale de l'estomac. Mais il ne faut se résoudre à cette opération que quand les moyens orthopédiques déjà indiqués n'ont pas donné de résultats suffisamment appréciables.