‹ Les dilemmes de la metaphysique pure [microform]Chapitre 7 sur 13 · I.. M""^"»- en aoit a\oir, pour ensuite · texte numérisé non relu

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Li:S DILKMMES DE LA MÉTAPHYSIQUE PURE

force, en un tel moment de la spéculation philosophique. 11 faut ou maintenir le réalisme, en ses deux méthodes, et laisser le litige de Tempirisme et de Tahsolutisme se juger entre elles, mais opiner en tout cas que la conscience est un produit de quelque chose d'inconscient qui est à délinir; ou croire que la conscience est le fondement de la réalité, la vivante unité de l'individuel et de l'universel, dont la plus haute expression qui nous soit connue, à l'état multiple, est la personne humaine, et dont l'idéal d'unité et de perfection individuelle est Dieu. Individuelle par essence, la conscience est, en elTel, dans cette hypothèse, Tuniversel fondement du monde, en sa multiplicité composant Tordre créé, et, à la fois, la représentation intégrale de cet univers, dans la Souveraine Intelligence <|ui en réunit et en fait régner les lois.

Dans rhypothèse de l'inconscient primitif, la nature humaine est un produit inslahle de la nature des choses. Une fin de l'homme en tant qu'être individuel ne correspond pas rationnellement à la supposition de cette origine où n'entre aucun principe de détermination intellectuelle, non plus qu'aucune loi morale; mais, par sa nature animale, transmise et évolutive, cet être périssable a son moment dans son espèce, ainsi que son espèce a sa place et son temps dans le règne général de la vie, dont chaque produit a ses conditions d'existence dans les autres. Et de même qu'il n'apparaît point de raison pour que l'individu mental, c'est-à-dire l'animal doué d'une conscience propre, ait comme tel sa perpétuité, ou des retours périodiques assurés, de même on n'en voit point pour que la marche du monde soit dirigée dans un sens qui conduise à la production spontanée des dieux, comme les auteurs des anciennes théogonies

LA CHOSE. — LA PERSONNE

imaginaîent que la chose avait dû jadis arriver. Trois mille ans après, des athées modernes, inspirés à leur insu par le panthéisme théologique, ont eu h fantaisie de se peindre les forces dispersées à l'infini de l'univers convergeant vers la constitution d'une conscience animale unique qui les gouvernerait, et qui serait ce qu'on appelle Dieu. De telles imaginations ont pour unique appui la foi secrète en un principe des fins. Les anciens, qui croyaient à la fois à l'existence des dieux et à l'éternité de la matière, devaient naturellement penser que les forces cosmogoniques avaient abouti d'elles-mêmes à l'incubation des générations divines; les modernes, imbus de la croyance au progrès universel et nécessaire, sont conduits à envisager dans l'avenir ce qu'ils ont cessé de croire dans le passé et dans les origines. La loi de finalité, qu'ils nient en principe et pour l'oeuvre de la constitution du monde, ils l'appliquent à leurs visions d'un monde futur. Elle s'impose donc à eux, mais elle n'est, à leur point de vue, qu'une illusion. La loi de finalité suppose la conscience ; elle est arbitraire et sans valeur, et même dénuée de sens en son îipplication au monde, si le monde n'a pas son fondement dans la conscience.

L'idée de Dieu ne se constitue en sa plénitude philosophique, ou telle que la pensée humaine en a la puissance, qu'en embrassant simultanément l'idée du monde en son origine première et en sa fin préordonnée ; et l'idée de l'homme ne s'accomplit, pareillement, avec toute la portée réclamée par l'entendement, au cœur de l'individu énergiquement conscient, qu'en le définissant en rapport avec l'humanité et le monde, en toute leur durée et leur destinée. C'est une adéquation morale de Findividu au tout, dans une pensée de causalité et de

fimilité universelles. Dieu et lliomme ainsi conçus sont essentiellement les postulats de la Ihèse qui pose la conscience individuelle comme l'universel fondement du monde (LXX), et dont le développement philo«ophiqaie doit être cherché dans une monadologie et dans un système d'harmonie préétablie, sans le déterminisme universel. L'antithèse de cette doctrine, c'est-à-dire l'inconscient posé comme le principe du monde, implique la négation de Dieu et de l'homme dans le sens intégral et parfait que nous venons de définie. Notre cinquième et dernier dilemme s'établit enlin dans ces termes :

Ou Dieu, ou la Chose sans Dieu,

Ou r Homme, au des êtres tous eadues, do fit 7iul n'atteint ridée totale et accomplie de l'Homme

Detfs aut non De us, Homo aut non HmiQ.

Nous avons maintenant à présenter ta vue succincte des cinq dilemmes dont nous avons étudié les termes, à analyser leurs rapports mutuels et à démontrer leur unité, qui exige une commune conclusion.

CHAPITliE Yl

CONCLUSION

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