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partie chacun des champs de conscience a pour son possesseur une sorte d'unité pratique, et que, de ce point de vue, nous pouvons classer ce champ avec d'autres champs semblables, en le nommant un champ d'émotion, ou de perplexité, ou de sensation, ou de pensée abstraite, ou de volition, etc. On gagnerait au moins à cette obscure et vague explication du courant de conscience une garantie contre toule erreur positive, et Texemption d'hypothèses et de conjectures. »
S'il s'agit d'une description sommaire, empirique, du cours de la pensée spontanée, celle-là est exacte, et elle représente mieux les faits en indiquant la fusion des dilTérents modes du sujet conscient : émotionnels, intellecluels, volitifs, dubitatifs, que ne pouvait le faire une ancienne classification des « facultés de Tâme », où l'on semblait croire que chacune d'elles remplaçait sa fonction définie, sans permettre aux autres de s'y ingérer. Mais l'union des éléments d'une pensée active n'en ôte pas la distinction, et c'est un point capital de l'élude scientifique de la pensée, et d'une haute importance pour les applications, que la classification de ces fonctions définies de la conscience, avec l'analyse de leurs rapports. La considération des champs et des courants vise à se passer de théorie sur les rapports généraux définissables entre les actes ou états divers de perception, d'intelligence, de passion, de volonté, dont la conscience est le lien, la forme enveloppante, la condition. Le terme iïétat^ dont l'emploi reste indispensable pour le psychologue, pose cette question : l'état de qui, ou de quoi? Il semble qu'on voudrait éliminer cette conscience même que tout ce dont on parle, à tout instant, suppose. Mais on ne parvient pas à se débarrasser des questions et des hypothèses dans lesquelles la psy-
chologie et la métaphysique ont nécessairement un terrain commun : elles concernent le temps et la mémoire, la perception externe et l'imagination, l'espace, la quantité, la limite, la cause, latin, avant et après tout, le principe d'union des idées. Ce principe n'est autre précisément que le sujet quel qu'il soit des phénomènes psychiques, qui reste indéfini pour cette méthode. Elle n'évite pas, comme on le croit, V « erreur positive et les hypothèses », parce que l'imagination comble le vide de manière ou d'autre, et, le plus aisément, en faveur du sujet matériel.
Résumé des formes de l'impersonnalisme. — Les différentes théories embrassées par l'idéalisme moderne ont abouti, dans la constitution de leur matière : les idées, à un réalisme aussi caractérisé que le réalisme du moyen âge avec ses universaux aparté rei, ses formes substantielles et ses espèces, émanées de Dieu ou des substances, entités qui se transportent pour constituer hors d'elles des pouvoirs intellectuels ou des images. On a seulement exclu la source divine, qu'on a remplacée, là par des absolus de dénominations variées, ici par d'autres abstractions dont la source est prise en des notions empiriques, et on demande maintenant aux espèces d'engendrer les mêmes sujets qu'on chargeait autrefois de les émettre. La fausse direction donnée à l'idéalisme tient à ce que son fondateur, — après Descartes, Malebranche et Leibniz, — Berkeley composa sa doctrine de deux parties discordantes : un empirisme systématique, au sujet des idées, et une hypothèse théologique plus
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étrange encore que la vision en Dieu de Foralorien son rival. L'empirisme seul ayant survécu, par l'effet du mouvement antitliéologique des esprits au xviii siècle, eut seul aussi la direction du travail en psychologie pure, tandis que Kant et ses disciples, quelle que fût [vwv supériorité logique et psychologique sur l'école anglaise, composaient, en métaphysique, des doctrines réalistes fondamentalement négatives de l'individualité et de la personnalité. Or la psychologie empirislc, en Angielen'e et en France, s'est trouvée par sa méthode même liors d'état de produire la synthèse de l'esprit et de ses lois coordonnées dans la conscience : dans la conscience, en tant qu'unité de l'individuel et de l'universel de la connaissance, et forme essentielle de la réalité.
Dans tout le cours de l'histoire de la philosophie el des religions, nous voyons la méthode réaliste dominer Tesprit humaia, s'appliquer en mille manières, et se montrer partout Tobstacle au dégagement d'une vraie doctrine de la personnalité. Dans les mythologies grecque et latine, un réalisme physique est le principe des personnifications de qualités ou forces naturelles : personnifications que la réflexion combat, et qui plus tard s'oblitèrent en ne gardant que le sens de symboles. Un réalisme d'idées s'applique déjà à des qualités mentales, à des vertus. Les philosophes mythographe> suivent l'instinct populaire, en cette double voie. Le panthéisme ionien est un réalisme physique, avec immanence de l'agent moteur, auquel Empédocle el Anaxagore substituent des idées réalisées : celui-ci, du genre intellectuel, et une seule : celui-là, du genre passionnel, et au nombre de deux, pour expliquer la loi des phénomènes. L'atomisme est une autre sorte de réalisme physique, dont les sujets sont empruntés à une
certaine classe d'idées, celles qui concernent la figure et le mouvement local. Les stoïciens et les épicuriens prolongent le règne des deux physiques rivales jusqu'à l'avènement des grandes théologies idéalistes.
Ces théologies descendaient en leur inspiration philosophique du réalisme idéaliste, inventé dès la haute antiquité par Pythagore, grâce à une extension des idées mathématiques, appliqué par les éléates à l'idée de l'être un et absolu, étendu par Platon aux idées en soi, types éternels des phénomènes, enlin par Aristote à des causes formelles modelant la matière. C'est seulement en quelques faibles sectes antidogmatiques, que l'idéalisme, ainsi entré dans la philosophie pour y subir l'applicationde la méthode réaliste, comme il faisait auparavant dans la mythologie, manifesta une tendance à définir les idées exclusivement comme des modes de conscience ; mais ce ne fut point encore pour les grouper sous des lois intellectuelles et morales à reconnaître et à étudier. Les sophistes et les sceptiques ne s'attachèrent qu'à faire ressortir l'instabilité des phénomènes et l'incertitude du jugement, ils recommandèrent au sage Fabslention de la croyance, vu l'impossibilité du savoir. A un certain moment seulement, auquel il ne fut pas donné suite, quelques philosophes entrevirent une méthode rationnelle de croire. Ils passèrent pour plus sceptiques que les pyrrhoniens eux-mêmes.
Le fondement rationnel de la psychologie, la notion de la conscience comme personnelle, et condition à la fois de la pensée en général, manquait aux anciens pour toute tentative de construction des catégories de la connaissance. Aristote seul y toucha; il posait la notion de ïessence réelle, l'individu, mais non celle de la personne et de ses attributs, si ce n'est de source empirique. Au
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lieu de celte réaiàé vraie, dont le nom, expression universelle du fait individuel et empirique par excellence, /e Moi, devait tarder si longtemps à s;iniposer aux philosophes, les partisans de V immortalité dr rame avaioiii, eux, l'idée de Xnme-subHtance, qui diffère beaucoup de l'idée de la personne, parce qu'elle se rapporte à l'image et au siège fictif, non à Tessence du moi, ou conscience. Ce siège, alors même que l'imagination no le matérialise pas, prend l'aspect d'une chose, et de là la fcicililé donnée à la doctrine des niétensomatnses, qui alTaiblit chez ses sectateurs l'idée de la personne en les r)l)li<reant à regarder, d'une vie à l'autre, la mémoire comme perdue.
En théologie, les hypostases sont, nous l'avons vu, des fictions réalistes, et, dans la métaphysique du christianisme, où il leur est commandé de s'unir à la personnalité, qui appartient à Dieu, elles rendent ce Dieu un et personnel, non pas simplement incompréhensible, comme on le dit, mais inintellicrible.
La domination à peu près exclusive du réalisme pendant le moyen âge, — car les nominal istes, qui le eombattaient, n'avaient pas la liberté d'étendiT' plus loin que les questions logiques la critique des universaux, et devenaient hérétiques dès qu'ils la dépassaient, -n'était que le règne continué de cette méthode (réelle ou interprétée) prise des deux philosophes dont l'autorité était universellement reconnue à la lin de l'ère antique.
La philosophie moderne, après Descartes, prenant Dieu pour siège unique des idées, les a encore réalisées et rendues en quelque sorte étrangères à h\ conscience individuelle, pour qui elles sont des ohjols eonimuniqués, non des modes propres de son être intellectuel. Pour
Rexoivieh. — Dilemmes de la métapli. 15
Spinoza, ce sont des modes mêmes de Dieu, et, pour Leibniz, des modifications qui n'appartiennent aux monades créées qu'à ri'iï'et de s'y manifester spontanément, par institution divine, auxiïioments éternellement marqués, en se liant par une chaîne indissoluble à tous les phénomènes possibles, antécédents ou concomitants. Pour Malebranche, enfin, et pour Berkeley, les idées et les objets naturels qu'elles représentent sont des Yisions ou des perceptions que Dieu fait avoir aux esprits.
Après ces grands dogmatistes, Hume paraît, et, comme avaient fait les sceptiques anciens après Platon, Aristote et Zenon, restitue les idées et les formes à la conscience individuelle, mais c'est pour les y montrer à l'état de dissolution, incapables de s'unir et de recomposer leur propre sujet, le sujet conscient, non plus que le sujet extérieur d'où lui viennent les impressions qui le font se connaître. Enfin, par une réaction profonde, le criticisme kantien, ou, pour parler plus exactement; la métaphysique surimontaiit ce criticisme restaure les entités-substances, intronise le noiDnène, prétend démontrer l'existence de l'universel inconditionné. Kant a introduit, par l'œuvre de ses disciples, un nouveau genre d'émanations et d'hypostases où rien ne manque excepté Dieu. C'est une grande dilTérence qui sépare ces penseurs du néoplatonisme et du spinosisme, quoiqu'ils aient souvent reconnu l'affinité de leurs systèmes avec VEtlnqne. La négation de toute individualité réelle est le point capital de concordance, mais le concept d'évolution est substitué à celui de l'éternelle actualité de Dieu et du monde, doctrine qui donnait au spinosisme une portée philosophique infiniment supérieure et un grand sérieux.
Les doctrines évolutionistes de la substance ramô*
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nent aujourd'hui k métaphysique au genre des cosmogonies antiques, avec d'autres images seulement, ou d autres sortes d'abstractions, avec des hypothèses non pas scientifiquement plus correctes, quoiqu^on le prétende, mais beaucoup moins simples et moins accessibles au commun entendement. A côté des systèmes transcendants qui se donnent pour des inductions de la physique mécanique et des sciences naturelles, nous avons le vieux matérialisme qui, tantôt sous des Ibrmes pbysiologiques vagues, et par remploi des notions réalistes de substance et de cause, tanlôt avec la prétention positiviste de les éliminer, cl y réussissant mal, ne cesse d'avoir ses adhérents. En dehors de ces écoles, une psychologie idéaliste considère les idées. sans en demander précisément la production à la matière, et aussi sans les rapporter à la conscienee individuelle, que cependant elles impliquent, mais les traite en sim|)les données de Feipéweiice par les sensations, les divise et les désagrège pour les associer ensuite, et ne parvient pas à conslitiuM- synlhétiquement leur sujet logique. C'est ainsi qu'on arrive à ne pas trouver trop absurde l'hypothèse atomistique des phénomènes mentais élémentaires dont les combinaisons formeraient des esprits, ou l'hypothèse psycho-matérialiste d'une atmosphère d'intelligence au sein de laquelle des cerveaux puiseraî«it et s'adapteraient avec plus ou moins ^^ ^^"^"^'^^ la pensée (LXM-LXVIl). Ce sont autant de formes de réalisme, ou de moyens de chercher notre être propre en des objets externes, soit empiriques, soit abslniits, tandis que nous possédons en nous-mêmes le sujet, le seul immédiai.et certain, qui, s'il est anéanti partout, fait partout évanouir avec lui son objet, le monde et les phénomènes.
228 LES DILEMxMES DE LA MÉTAPHYSIQUE PURE
Le néant de la personne au regard de Tensemble et des principes de l'existence est le néant de la vie en tant qu'appelée à prendre conscience d'elle-même ; car les apparitions et les relations passagères des êtres conscients ayant pour fin la mort chez chaque individu, chacune de ces cxislences mortelles est un néant de vie comparativement au temps éternel pendant lequel l'individu n'a pas vécu, et au temps éternel pendant lequel il ne vivra plus. Le génie de Lucrèce anticipant sur les arguments que peut nous fournir aujourd'hui la méthode infinitésimale avait déjà démontré que la durée de vie échéant à chacun, soit qu'elle commence plus tôt ou plus tard et se prolonge plus ou moins, est toujours, comparée à sa mort, qui est éternelle, une quantité nulle :
Nec prorsum, vllam ducendo, demimus hilum Tempore de mortis, nec delibrare valernus Quo minus esse diu possimus morte pevemli. Proinde Ucel quoi vis vivendo condere saecla Mors aeterna tamen nihilominus illa manehit. Nec minus ille diu jam non erit ex hodierno Lumine qui finem vilaï fecit, et ille Mensibus atque annis qui muUis occidit ante.
Cette doctrine épicurienne de la mort ne voue pas à la mort éternelle Tindividu séparé seulement, mais elle nie la personnalité au sens universel, en ne la rendant nulle part permanente, adéquate à la durée. La personnalité partout produite et détruite, multipliée sans fin, sans rapport aucun avec le monde intégral, n'aurait jamais qu'une valeur d'accident pour l'œuvre des atomes impérissables, mais sans vie. La mort universelle est donc le corollaire de la mortalité de toute conscience. Otée la conscience cependant, rien
LA CHOSE. — LA PERSONNE
de ce monde de mort n'est objet de connaissance possible. Telle est la vérité simple dont tout le génie de l'antiquité n'avait pu approcher la découverte.
Va -A. 1 j\
La PERSONNALITÉ DE DiEU ET l'oRIGINE DU MAL DANS LES
DOCTRINES RÉALISTES. — Si nous rcporlous notre pensée aux doctrines dont nous avons esquissé les principaux traits, nous reconnaîtrons que, dans celles où le caractère de personne n'a pas été dénié plus ou moins implicitement à la divinité, l'idée de Dieu avec le sens de puissance suprême unissant à l'intelligence universelle la volonté et l'amour a été plutôt juxtaposée que vraiment adaptée et appropriée à la définition philosophique du principe de l'Univers. La conciliation, sous l'inlluence de la religion, se suppose, mais les lignes principales de la pensée du philosophe subsistent indépendamment du langage théiste, s'il est employé, et l'œuvre prétendue de la raison, prise séparément, substitue des abstractions à la thèse positive de Dieu conscient et créateur. Que l'on veuille bien sortir un seul instant de fliabitude qui a été créée dans nos esprits par la confusion historique des croyances des simples chrétiens, et des dogmes des théologiens — deux choses profondément séparées en principe et en fait, — on niera difficilement que la théorie des attributs infmis de Dieu n'ait établi entre la nature de l'intelligence et de la providence, d'un côté, l'illimitation de l'objet à connaître et à régir, de l'autre, un intervalle impossible à combler intelligiblement. L'objection de Lucrèce à l'existence d'un Dieu qui aurait dans les mains le gouvernement des
23a LES DILEMMES DE LA M KTA PHYSIQUE PURE
atomes répandus à rinlini d'Epiciire, ot se trouverait partout à la fois pour y suffire :
Quis regere immensî summam, qids hahere profnndi Endomanu validas polis est moderanter habenas... Omnibus inque locis esse omni lempore praesto ?
cette objection, déjà insurmontable, s'aggrave encore démesurément, quand Factualité du passé et du futur dans le présent s'ajoutent à l'ubiquité dans l'espace sans bornes. L'identité du fini et de l'infini du temps est à sa place dans la doctrine de réternilé du monde, dont on ne fait par là que formuler la contradiction interne, mais cette identité en Dieu et la personnalité du Créateur sont incompatibles, parce que la mémoire personnelle, si elle n'est pas une illusion, implique la réalité de la loi de succession.
Le réalisme, en bannissant la personnalité de Torigine du monde, exclut du même coup toute possibilité d'une solution morale du problème du mal. Ce problème a été la source des grandes religions, et il a bien fallu qu'il fût pour la philosophie un sujet de préoccupation profonde, quoique souvent latente. Lorsque l'existence du mal n'est point opposée par le penseur à l'idée d'un ordre supérieur de justice institué divinement, auquel auraient forfait les êtres, elle se passe d'explication. "Le mal apparaît comme le fait d'une nature irresponsable^ on la suite des passions des hommes. Mais dès que la question se pose d'apprécier l'univers en tant qu'ordre moral, le philosophe ne saurait se soustraire à la tâche d'en justifier le plan, s'il est possible. Le dualisme offre desmoyens plausibles d'y parvenir, et qui semblent aussi les plus logiques, parce que la part y est faite au mal, qu'on ne voit pas comment éliminer de l'ordre des
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choses. Les doctrines de Pythagore, de Platon, d'Aristote, sont construites avec le sentiment de celte nécessité. Mais quand la pensée de l'unité prévaut, un système entièrement réaliste est impuissant à fournir une solution du problème. Le philosophe n'a que la ressource d'introduire, pour ainsi dire, Fennemi dans la place. Pour éviter uiijiigemeat déclafaiit lé monde positivement mauvais, il déclare le mal inhérent à riiarmonie du monde, en d'autres termes, un bien dans le fond. C'est aiiisî que, après Heraclite, qui regardait la division comme l'agenl mèmede l'harmonie et ideutiliait les contraires, le stoïcisme enseiglia que le mal est une condition, même logique, du bien. Plus ou moins amendée, cette théorie s'attacha dès ce moment à toute thèodieêe. L'évolutÎQnîsme moderne, s'inspirant de la doctrine du progrès, que les anciens ignoraient, accepte de prendre le mal p#ar te préeédenl uatiirel et la condition suffisamment justifiée du bien attendu dans l'avenir, encore que ce bien, à mesure qu'il arrive, ne profite pointa ceux qui ont souffert auparavant, et ne soit promis à personne qu'à des êtres avenir, et pour un temps seulement. C'est donc le sacrifice de l'individu, avec Tabandon des anciennes doctrines tliéistes. IMais celles-ci n'étaient jamais parvenues, qu'elles fussent émanatistes ou créât! oui s te s, à éclaircir l'idée d'un monde dont le plan fût conciliable avec la parfaite bonté de son principe. La privation est. dans ces deux branches cîe la théologie, l'explication constamment proposée pour le mal physkfiie, mal toutefois très positif; et Fou y tient le monde pour le meilleur possible. Le 77îai moral est, d'après le système de l'émanation, l'effet de la chute des âmes dans les i»fps; la matière est alors prise pour le principe du mal, ce qui revient à un
dualisme. Et la doctrine du péché originel n'a point trouvé, chez les théologiens pour qui Dieu est le créateur de la matière, un seul interprète de la légende du Paradis et de la création du premier couple humain qui ait abordé franchement la question du premier établissement terrestre, des premières conditions physiques et des premiers commandements réels que Fauteur des choses a dû instituer et prescrire pour rendre possible aux créatures premières un ordre parfait de justice et de bonheur. La vraie nature du péché originel est restée mystérieuse. L'Eglise s'est arrêtée à une conception de la destinée humaine, soit primitive, soit déchue, et à des vues supposées de la Providence touchant le péché et le pécheur, plus répugnantes que n'ont pu en adopter les systèmes dualistes les plus décriés.
L'évolutionisme moderne, dont l'optimisme systématique doit s'accommoder de l'anéantissement de toute individualité dans le cours progressif du monde, est une interprétation favorable de l'ordre de la nature, comparativement au prédéterminisme des fins humaines, tel que les plus illustres docteurs de l'Eglise n'ont pas craint de l'imputer à la volonté de l'Eternel. Il n'est pas douteux que le réalisme spiritualiste avec les doctrines de l'absolu et de Finfini, n'ait été l'obstacle à une juste conception de la nature primitive et de sa dissolution (chute de l'homme) et à la possibilité d'une théodicée rationnelle. Et c'est encore le réalisme, matérialiste, cette fois, c'est la fiction de l'entité universelle, Force- Matière, génératrice de tous les phénomènes physiques d'où sortent la vie et les consciences, pour à la fin s'y résorber, qui est Tunique fondement de la plus systématique des compositions élaborées de notre temps pour nous représenter l'évolution de la nature.
LA CHOSE. — LA PERSONNE
La thèse du PEHSONNALisME. — La pensée qui ressort de Fensemble de la spéculation philosophique dans les voies du réalisme, — en admettant les exceptions qui sont le plus souvent des incoliérences exigées par la tradition et l'autorité, dans les systèmes, — c'est que le monde est la donnée universelle des choses, soit manifestées comme les propriétés d'un sujet éternel, invariable en lui-même, dont quelques modes seulement nous touchent, soit développées dans la suite des évolutions successives d'une nature nécessaire, impénétrable ; et que les êtres individuels, y compris ceux qui possèdent la conscience de soi et l'idée de Fêtre universel, ne sont tous que les produits instables de cet être, qui paraissent im moment et disparaissent sans retour. Cette vue de l'univers est appelée par les uns Vathêisme, par les autres le panth(''is?ne^ et on ne saurait nier que les premiers ne fassent l'emploi des mots le plus concordant avec l'idée commune de Dieu en tout temps. Mais les deux termes peuvent se comprendre sous un autre, plus général, qui serait Vimpersonnaiisme. La négation de la personne humaine, et, à vrai dire, de l'Homme, s'allie à la négation de Dieu, ou personne de Dieu ; car FHomme s'efface avec son principe et sa fin, si l'individu humain n'a pas la perpétuité, s'il ne possède pas une existence adéquate à celle de son espèce et de son monde, si le monde et FHomme ne s'expliquent pas l'un par l'autre en se rapportant à Dieu.
La thèse opposée au réalisme et à ses divers genre»
irapplication, qui tous impliquent rimpcrsouualisme, a pour point de départ la conscience, et non pas un principe propre du monde externe : non pas la conscience empirique, qui est un fait de toutes manières irrécusable; pas davantage la subsUmce, la chose qui pense, ou l'entité abstraite du penser, hypothèses réalistes, mais le concept de la personne ou du moi : du moi généralisé uniquement en tant que condition sine qua non de la pensée, et expression générique des individus doués de conscience. Toute pensée se rapporte à une conscience qui ne peut avoir pour objet antre chose qii elle-mhne qu'en se prenant en même temps pour objet elle-même afin de se témoigner sa perception. C'est Fessence et la loi de la représentation, claire ou confuse. L'idée de la personne ainsi posée par la conscience individuelle, étendue à d'autres consciences semblables, devient Fidée générale de l'être conscient : nous disons Vidée générale, qui n'a rien de commun avec le Moi de la doctrine de Fichte, cet universel absolu de l'idéalisme réaliste. Le caractère de loi et de fonction reste attaché à la rféfinition de cet être à laquelle, en tout moi individuel, s'ajoute l'intuition propre, interne, qui le constitue.
Cette intuition individuelle, acte unique dont l'objet se rapporte immédiatement et instantanément au sujet, est énoncée par le Cogito ergo sum de Descartes. Elle n'est pas réductible à la forme de loi, puisqu'elle est empirique, et c'est avec raison que Descartes n'a voulu ni donner à la conjonction (^ry(> une signification proprement logicjue, ni renoncer à la connexion que notre esprit établit incontestablement entre l'affirmation eaipirique cogito et le jugement .s7//7?, auquel on reconnaît une tout autre portée. Qu'est-ce donc que cette connexion qui implique quelque chose de plus que la définition du moi
LA CHOSE. — LA PERSONNE
par la relation fondamentale du sujet à l'objet, la l* )i de conscience ? On peut la délinir, et donner sans sortir de la méthode phénoméniste une ex|)lication claire de la pensée renfermée dans hifoimide de Descartes. Le sens de cette formule atteint l'universel, en effet, sans dépasser les réelles anticipations à Ift portée de la conscience individuelle.
Descartea a nommé snhstance et chose qui pense le contenu qu'il voulait dégager du terme cogito, mais nous pouvons affranckk lanolion. que ce t(Mnit' cuveloppe, du caractère réaliste que le philosophe lui a pr(Mé suivant le langage substantialiste, incontesté dr ^on temps, et que soûl igné si bien ici le mot chose. 11 suffit de se rendre compte (Fuu sentiment et d'une idée qui sont certainement, quoique obscurs, inclus dans léiionciation de ce suni qui s'ajoute au cogito : c'est l'idée d'un présent, d'un passé et d'un futur unis et formant un tout dans la pensée présente; c'est l'extension donnée à ce tout par la mémoire et par la prévision, el c'est la croyance spontanée à la prolongation de cette synthèse vivante avec des modes variés de perception.
Nous avons là toute la matière, telle qu'elle est donnée à Fobservation interne, de ce que la philosophie gé*néralise et désigne par les termes abstraits de l'identité et de la permanence du sujet, quoiqu'elles ne puissent se conclure analytiquemenl et se démontrer. Un sentiment naturel y trouve, sans dogmatisme, le fondement suffisant, — toute l'histoire des religions en constate le fail, — pour ajouter à la synthèse d ideutité et de permanence phénoménale, on dans les liniiti s de l'expérience, la pérennité et l'immortalité. L'imagination ajoute, il est vrai, à cette induction Fidée d'un support matériel de l'ensemble des faits de conscience,
et les analyses de la psychologie immatérialisie obligent le penseur à réduire la notion de substance à celle de sujet logique des phénomènes. Mais l'essentiel de l'induction subsiste. Il nous reste, pour répondre à la réalité définissable dans l'ordre du relatif, au point de vue de l'intelligence, la reconnaissance de la loi de personnalité, avec sa généralisation, son extension possible dans ravenir, et, au point de vue du sentiment et de l'intuition, la constatation de l'individualité dans le phénomène de la conscience immédiate, distincte de tout objet autre qu'elle-même et ses propres modifications.
Si la conscience était abolie dans tout ce que nous appelons êlre^ et partout oii s'étend l'idée d'existence, tout rapport î^ interne à externe^ de sujet à objet, soit pour le cas où le sujet est objet pour lui-même, soit pour le cas oii le sujet perçoit l'objet comme lui étant opposé, serait anéanti ; il n'y aurait plus représentation d'aucune chose, car la représentation suppose les rapports que nous venons de désigner, et implique le sentiment du moi, à quelque degré de faiblesse et d'obscurité qu'on puisse l'imaginer réduit. Ce que nous supposerions alors qui resterait représentable, — puisqu'il est logiquement impossible de séparer l'idée d'existence de celle de représentation possible, — devrait exclure tout objet du genre de ceux que nous nommons sensations, idées, et les termes quelconques marquant des objets dont rien ne nous est connu que sous la condition et la forme d'une certaine conscience. Nous ne saurions admettre de tout cela que des possibilités d'être, et pour le cas seulement où surviendraient des consciences. Mais la possibilité ne fait pas l'existence, tandis que la conscience donnée implique l'existence comme représenta-
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tion, et la représentation implique, avec le représentatif, le représenté. Les idées de Dieu et du monde sont donc dépendantes de l'idée de la conscience. Le monde peut être conçu comme un ensemble de consciences coordonnées, et leur unité est clairement intelligible comme une conscience qui embrasse toutes leurs relations constitutives et qui est Dieu.
Quand l'extension idéale des attributs de la personnalité, et les idées de cause et de perfection appliquées au principe de Fexistence, semblèrent se réunir dans les grandes inductions qu'on appela des chhmmslrations de r existence de Dieu, si le caractère de personne, que l'on entendait vaguement y être compris, avait été logiquement envisagé, les philosophes n'auraient jamais permis aux notions abstraites, indéterminées, à'étre nécessaire et de perfection d'être d'étouifer sous Fabsoluité et les attributs infinis la notion irune [personne suprême ; ils n'auraient pas pris à contresens ridée propre du pcirfait, qui suppose relation et coordination de parties en un tout fini. Cette métaphysique a rendu tout à la fois la personne, la perfection et Dieu inintelligibles. C'est l'intelligence adéquate à l'inlégrilé de l'intelligible, et unie à la justice et à la bonté dans une volonté impeccable, qui rend clairement l'idée de la personne parfaite, induite de la connaissance des personnes imparfaites ou altérées ; et l'induction de son existence n'implique pas contradiction dans l'idée de Dieu, si le monde est supposé fini, si le Créateur est conçu en corrélation avec la création et avec ses lois, dont l'étendue est celle de la connaissance possible.
La métaphysique de l'infini, par le reculement de la cause universelle dans l'éternité antérieure, où la raison de l'existence se perd, annihile les concepts formels
de commencement et de cause, et, par renveloppement des temps futurs dans rétcrnilé actuelle, par le prédélerminisme absolu, elle iuiirme les essais de justiiicalion rationnelle du plan de la création en tantqm^euvre morale, et s'op[)Ose à la croyance en la personnalité coiïume essence de Tctre premier. L'univers, être nécessaire, ou chose en soi, est alors essentiellement la chose, comme le mot le dit. On la définit, — quoique le terme de définition, impliquant un genre et une différence soit illogiquement employé dans ce cas, où c'est l'absolu qui e«t visé, — soit par Vétre inconditionné, être vide, correspondant à la notion de Tinconnaissable. notion négative, soit par une idée moins indéterminée, mais également abstraite, au clioix de chaque philosophe qui la réalise pour lui servir de principe. L'idée réalisée est encore la chose, puisque la conscience n'y entre point. Mais quoiqu'elle n'y entre point, il faudra que la conscience en soit tirée. C'est la tâche des doctrines de la substance, de Lémanation et de révolntim 4e l'en faire sortir. L'hypothèse de la chose-principe condamne les méthodes réalistes à ce vice logique commun, de déduire du principe inconscient, superposé au monde, la conscience, sans laquelle le monde, son existence et son prétendu principe ne peuvent répondre à aucune sorte de représentation.
Le dilemme de l'impersonnalisme. — La formule définitive d'un dilemme à poser entre le conscient et l'inconscient comme principe du monde, nous permettra d'envisager sous un aspect d'unité les dilemmes étudiés
LA CHOSE. - LA PERSONNE ^3
précédemment et m deraier. En eifet, l'opposition de l'impersonnalisme «t de la doctrine de la personnalilé se résume en ceci : que l'imporsonnalisme cherche dans la comuemm, unique sw^e de toute repi'ésentation des
choses, celle des choses oui neuf servir :. .. ,...-
^vo i£ui |»Lui seivii a représenter
la cause ou l'esseiica éê foules, en sorte que Ja conscience (4 ses lois en seraient elles-mêmes des formes ou des produils: au lieu que la dockine de la personnalité prmâ dans la conscience, telle qu'elle est donnée dans la personne liumaiue, et dans .e. représenlations, dans l'appiicalian de ses lois à ses i'ei)résentalioos, runiqu(^ iondement d. la connaissance, et de 1 être quant à la connaissance. L'impersonnalisme est doBC h FéalisHie, suivant l'emidoi constani que nous avons fait de ce terme scolastlque, et la doctrine de la personnalité peut se dire la dwtriae de la réalité. Pour donner son vrai sens à l'appliealion de ce terme •
réalité, il importe de remarouei' ici nno \\ .... r i I , ' it.iiiaji|mi ni que 1 Opposition de
la réalité «n réalisme est la même que celle de la reli tivité aux doctrines de l'absolu. En ellet, le ,)rinri,M^ de relativité a m matière «11 siège des lois, au centre des catégories et des jugements, dans la conscience, qui est elle-même la Relation sous l'aspect à la fois le plus gênerai et 1« plus concret, la relation des i-elation- ji relation vivante, tandis que rabsolulisnie est le p,v>duit théoriqu. d'un eiïbrt de lm« laîson pure . pour consituer un principe indépendant de la conscience et qui lui sait su|)érieur.
Dans lu i.»vuiier de nos dilommes (XXI) labsl.aclioa
l"^*^*^ «lu plus liaul dt'gn- o( -,■ iKuiiiiiail
1 El.o sans qualilé, ou l'Ua, ou le pur IncoudUionné. et
c est le principe .le relativité qui, opposé à cette entité
pour laquelle le nom à'élre est par lui-même une con-
tradiction, réclamait des conditions d'existence définies, ou relations, comme conditions de la connaissance
réelle.
Dans le second dilemme (XXXIV) l'abstraction fléchissait d'un degré, la substance était le nom (le plus communément employé) d'un absolu qui renfermait, d'après des notions ou de composition, ou d'évolution, comme ses modes ou comme ses produits, toutes les qualités des choses et les suites de phénomènes, sans être défini en soi par des qualités quelconques ou modes assignables, et par des relations. C'est encore le principe de relativité qui s'opposait à l'acceptation, à titre de réalité, d'une fiction de ce genre, et posait les lois des phénomènes comme les objets réels de l'intelligence appliquée à la définition des objets de Texpérience.
Dans le troisième dilemme (XLI), la doctrine de l'absolu prenait la forme de l'infinitisme, et portant sur la quantité, présentait les rapports numériques des phénomènes, soit en succession, soit en multiplication et division, comme s'élevant à des inlinis actuels, en sorte qu'il existerait des infinités actuelles d'éléments réellement donnés dans les êtres composés. A cette théorie, lo principe de contradiction, qui est la règle universelle des applications de la relativité, opposait la catégorie du nombre : les rapports numériques se conçoivent sans difficulté comme indéfiniment croissants ou décroissants, mais ne peuvent atteindre Y infinité en acte, sans contredire la notion même du nombre sur laquelle tout raisonnement en matière de quantité, se fonde. Or c'est ici môme chose de parler d'éléments concrets, ou d'unités abstraites, parce que c'est de la formation du nombre qu'il s'agit, et que le nombre concret ne pourrait pas atteindre un infini en acte, alors qu*e l'abstrait corres-
LA CHOSE. - LA l'EBSO.NWK
pondant et impossibl,., ]. nunuualion poManl sin.ultanement sur tous deux.
Ces trois dilemmes concernaient donc I,; déliuiti,,. delà real.le. en môme temps qu'.ls portaient sur Tacc-p at.on ou lu répudiation du principe de relativité
pour objet la loi générale dencl.ainemen( d.^s phéno- •"'.nes; car, si cette loi était absolue, l'individualité ne «cra.t qu une apparence, les faits et les événements dans ' espace el daus le temps formeraieni un,- unité et un tout solidaire. Il ny a plus de causes, il „y a p|„s de uns. Il n y a plus de jugements, il n'y a plus dacle. qui ne soient sans consistance et sans valeur par euxmêmes, en tant que Ion considère chacun deux comme ae pouvant varier de son rapport étei'n.l à l'un quelconque des autres. l^„ ordre de relations toutes iuvanables, ou éternellement et invariablement préétablies est un absolu dans lequel la nu.lliplicité et le cl.anu,.' ment ne sont que des apparences ; car c'-^st dans le tout indissoluble et immuable qu elles ont leur raison. ..( déjà eur existence, en qualité de lutures, ce ,|ui fait que le temps lui-même nest, pour qui totalise T,.,.semble des choses à forn.e successive, qu'une illusion [\U\) la thèse de l'indéterminisn.e et des lois, opposée
a celle du déterminisme nuivoi^oî .^i i i
^•u«tiiiaiiH uuiveiseï et absolu, apporte
donc un changen.enl complet dans le sens des relations, par la réalité qu'ell,. attribue à la mulliplicité des modes et des rapports dissolubles, aux chanj,vmenls libres de ces rapports, et dans le sens de la réalité ellemême, qu. est rendue à l'ordre contingent des „hénomènes. '
Le cinquième dilemme envisage, nous lavons vu 1 opposition entre la conscience comme principe, et les RvNocviEi,. nile.mnes de la niétapl,. ^^
242 LES DILEMMES DE LA METxVPflYSIQUE PURE
principes divers que la méthode réaliste a puisés dans les représentations dont elle est le siège, pour leur confier la suprématie des idées et la génération universelle. Les quatre premiers ont été en quelque sorte proposés de tout temps et dès l'origine de la rétlexion pliilosopbique aux penseurs de génie, ainsi que le montrent les thèses qu'ils ont énergiquement soutenues, avec des idées très nettes de ce qu'ils embrassaient comme la vérité, et de ce qu'ils repoussaient comme Terreur. Cependant la discussion sur le quatrième (celui du déterminisme) a été la plus lente à s'établir, et son importiince a grandi d'époque en époque : mais, sur tous les points comme sur celui-là, l'impossibilité de donner une fin aux controv erses a mis en évidence deux faits en lesquels se résume l'histoire des idées métaphysiques jusqu'à Descartes, qui a établi le fondemeut de l'idéalisme, et à ses successeurs qui en ont diversement appliqué la méthode. Ce sont :
l*" La persistance des quatre cpwslions, constatée toujours et partout où l'on a philosophé, par d'invincibles résistances et de continuels remaniements aux doctrines enseignées, libres ou imposées qu'elles fussent, sur V absolu^ la substance, Y infini et la causalité; et, plus spécialement rexistence à toutes les époques de liberté, d'un scepticisme opposant les doctrines les unes aux autres et mettant le jugement du penseur en balance;
2"* La pente commune des philosophes et des théologiens vers la méthode réaliste. Cette méthode, en dépit de la force acquise par le nominalisme dans la dernière période de la philosophie du moyen âge, et malgré le principe idéaliste, introduit, mais imparfaitement compris par les philosophes modernes, a continué à s'imposer aux esprits et à fournir des hypothèses
à Yidéulmme luî-nif^me, avec des form. ,.
les idées réalisées. "' """"^'^'^^^^ 1^^"^
On peut distingm«r jusqu'à nofro temns doi.v . a c)aqci»rï ^„ ^A 1- , * '^ "^^'"P^ <'eux grandes
Classes du réalisme : le réalisme nhv<;i.in . •
;>i'-uo ,.„„. les s„t^ d;F:,:?z; ;':,:: :; -
ternes atomtsfiqnes, <>l le r.îali.m.. ru.u i ^
fm... • , P ' '°"'^** '*^s entités hvnosta-
.que., .n .-oduues pa. ia <,oe,..i„o .,o r..a„HUon de
slaJ^ue de p/opH^S .t de Z T" " ^"^-^'«PP*-™"'^ i;^,, I ^ "P"™s et de modes, ou par une évol.it'on, les pb.=„omèncs du temps, de l'elpace et d causalité. Le réalisme ;j^„i • ,• ^^''^•^'^ «* "^e la
sique, uniQuemenf ivir c..,. . ir ^ -
t-uil^iibte. Au Jiou de constituer do o^.-..,.^^ • •
^piioïKjues qui sont (es données A„ P„ •
tani «,,'M- -, "onnt^is de la conscience en
lant qu idées erénérales nu r.iUc • .
des ciLp -m '^•''^'"^n^' «'ais dont on fait
des ciioses, on considè» les idées en leur nu.iliplioit,-. omme es élé..U.s dont la consc.en. est un cl: é :
t2^^L:7 '"J-ÎT^- ^^"- --- vu que lelphi-
esSeni^l"?"''''^ ''' '''^"^ -«'- f---«^' prendre
eselenienls de la pensée dans les impressions et idé,^
de 1 ordre semiLle, qu'ils tiennent nonr ,.v I
cmniM«,.«- """""' pour exclusivement
empinques, se reconnaissaient hors detal doxpli,,„er
esput lisae jK^uvenl dire ce q„ils sont, et ce uuVs laconscencc en (mt „,.;-j - •> "^i ci qu <■.-,!
-^"cc, en tant qu idée commune des idées nié
moire et solidarisé de ses ^feite successifs • .'.tal's «,. afTections qui devraient, selon la méll, 1 èli-n nr>c' 1 1. ,. nietlii.de enipu-ist*,
ctK poses hors <l elle <i iadép^Bdamment délie n-.n
les représentations qu'elle en doi( .. ;