LES TETES DE BOIS
A l'origine, ce dîner s'appelait l'Invalide à la tête de bois. Fondé en 1874 par quelques artistes et littérateurs, on s'occupa d'abord du restaurant avant de s'inquiéter du nom. La première réunion fut fort gaie, le peintre Attendu chanta la chanson, ou la complainte comme on voudra, de l'Invalide à la tête de bois. Cette poésie fantaisiste enleva les applaudissements, l'artiste dut recommencer son chant jusqu'à complet épuisement de ses forces naturelles; la société éblouie, enchantée, décida séance tenante qu'elle prendrait le nom de la pièce rimée que récitait avec tant d'âme M. Attendu.
Avec le temps, tout change, s'améliore ou se mo-
difie. La raison sociale parut trop longue à certains membres ; elle fut diminuée et devint les Têtes de bois.
Les sociétaires appartiennent naturellement à l'art et à la littérature. Nous citerons le compositeur Georges Alexandre qui a publié un recueil de mélodies en collaboration avec M. le comte d'Osmoy ; Edmond Schuré ; le peintre Rapin — un nom prédestiné, — médaillé de troisième classe et membre du jury du salon de 1880 ; Debrie — rien du fromage de ce nom — sculpteur; les peintres Galerne, Artique, Besnus, Paul Sébillot, Henry de Beaulieu, ce dernier a été médaillé en 1868. Les poètes, Antony Valabrègue, Jules Gaillard, Albert Mérat, Georges Nardin, auteur des Horizons bleus ; M. Nardin écrit à la Vie moderne et a fait partie du personnel de la maison Charpentier, Le comte d'Osmoy est l'auteur, avec Gustave Flaubert et Louis Bouilhet, du Château des cœurs paru dans la Vie moderne ; le peintre aqua-fortiste Teyssonnières, les deux frères Réga-