‹ Les diners artistiques et littéraires de ParisChapitre 26 sur 58 · LES VILAINS BONSHOMMES IÔI · texte numérisé non relu

LES VILAINS BONSHOMMES IÔI

Humbert le Père Duchêne où il dénonçait ceux qui lui déplaisaient, demandait leur exécution et l'obtenait presque toujours. La première de ses victimes fut Chaudey.

Ce fut Victor Cochinat qui donna un nom au dîner. C'était à la première représentation du Passant, à l'Odéon. Tous les amis de Coppée s'étaient donné rendez-vous au théâtre pour applaudir cette œuvre du jeune poète. Cochinat, agacé sans doute par le bruit des applaudissements, s'écria : Fil les vilains bonshommes !

Cette phrase devint le nom de la société. Quant à son auteur, il n'existait aucune ressemblance entre lui et Adonis. De race nègre, la tète couverte d'une toison épaisse et crépue, le nez épaté, le gai Cochinat aurait pu présider de droit une réunion de vilains bonshommes.

Le diner eut lieu à la fin de l'Empire, dans un restaurant du Palais-Royal ; il était alors dans tout son éclat. M. Théodore de Banville présidait cette

joyeuse réunion. La guerre vint, puis la Commune. Les Vilains Bonshommes ne se réunirent plus : le dîner avait vécu.

Page 1