LES TÊTES DE BOIS I
de Nouvelles à l'eau forte, par la société des Têtes de bois. C'était le commencement de ses annales.
En 1883, nouveau volume, luxueusement édité par Georges Charpentier. Le texte a été fourni par les littérateurs de la société ; les artistes ont enrichi ce texte de dessins charmants, de gravures superbes. La préface, très spirituelle, est de Saint-Juirs — lisez René Delorme.
La carte d'invitation est très originale. Une table sur un des côtés de laquelle se dressent huit têtes de bais, qui sont les portraits d'autant de sociétaires ; en face, un homme assis, vu du dos ; en bas, deux marmitons qui surveillent les sauces. Sur la table, une bouteille, un plat, des verres, des coupes. Le tout entouré d'un encadrement fantaisiste, aux formes irrégulières. A côté de cet encadrement se tient debout un homme en habit noir, ayant l'air de lire les quatre lignes adressées à chaque tête de bois. Nous reproduisons ce texte aussi clair que peu long.
Monsieur,
Les Têtes de bois se réuniront le dernier samedi de ce
mois.
On dînera à sept heures, chez
Répondre oui ou non,
La lettre M de Monsieur pourrait faire un blason : Le corps d'un cuisinier, coiffé du béret traditionnel, supporté par des pattes d'échassier très écartées, une cuiller et une fourchette en croix de saint André forment cette lettre parlante. En tète de la lettre, des gâte-sauce, l'arme au bras ; une bouteille posée sur un petit affût part, le bouchon culbute un individu, qui roule sur le parquet. Enfin, au bas du texte, un petit bonhomme nu essayant ses forces en frappant à coups de marteau sur des têtes de bois.
On voit que cette carte d'invitation est un véritable blason, et les héraldistes des temps futurs blanchiront sur ces dessins compliqués.
LE DINER