DE LA SOCIETE DES GENS DE LETTRES
Pour assister à cette réunion, il faut faire partie de la Société des gens de lettres, soit comme membre actif, soit comme adhérent. Les directeurs de journaux ayant des traités avec la Société peuvent également prendre part à ces agappes.
Les littérateurs habitant Paris sont fort irréguliers, et ne se rendent au lieu du rendez-vous que d'une façon intermittente. A notre avis, c'est un tort ; car, autour d'une table, on apprendrait à se connaître ; et bien des querelles de plume, qui se terminent trop souvent par des personnalités violentes et quelquefois par des duels, seraient ainsi évitées.
Parmi les plus assidus, on remarque M. Oscar
Commettant, rédacteur du Siècle, qui connaît parfaitement la question musicale. Il a fondé le Dîner des critiques. Actif, amusant, ami du bruit qui peut se faire autour de son nom, M. Commettant n'oublie aucun des petits moyens de se faire de la réclame. Du reste, s'il la fait pour lui, il la fait aussi pour ses amis. Admirateur passionné de Charles Gounod, il ne laisse passer aucune occasion de faire parler du célèbre compositeur.
Au Dîner, M. Oscar Commettant cause de tout et sur tout : donne des leçons d'agriculture à M. Richard du Cantal, critique les plans de campagne de Napoléon I0' ; s'il eût été le maître de la France au lieu de Bonaparte, d'un coup d'archet, l'Europe étonnée se transformait. Les peuples s'émancipaient en musique, les rois se sauvaient au son des notes harmonieuses, les magistrats rendaient leurs jugements sur des airs variés, et les codes, mis en vers et orchestrés, perdaient cet air rébarbatif qui les rend peu sympathiques.