‹ Les diners du baron d'Holbach, dans lesquels de trouvent rassemblés, sous leurs noms, une partie des gens de la cour et des littérateurs les plus remarquables du 18e siécleChapitre 35 sur 41 · L£ CHEVALIER DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

L£ CHEVALIER DE BOUFFLERS

Ils sont en ^ffet pleins de verve , de sel et d'esprit*

LE DUC

Et l'auteur joint au talent de poète celui d'écrire en prose avec autant de mesure que de force et de raison.

MADAME DU DEFFArTT.

Ses estimables productions n'en seront pas moins oubliées dans six mois ; les Encyclopédistes ont un talent merveilleux pour étoufiPer les réputations qui leur déplaisent , et les ouvrages qui les critiquent.

pag. lai , dit à Voltaire : « Vous ignorez sans doute qu'as » polisson nommé Gément, ^a de porte en porte , lisant une » mauvaise satire contre vous ; on ajoute que la plupart de Dvos amis y sont maltraités; il s'introduit sur le poing de » Fabbé Mably , son protecteur , etc. >»

Qê polisson étoit un écrivain d'un très-grand talent y qui fit d'excellentes satires en vers contre la philosopliie moderne , et qui nous a laissé , en outre , dix volumes de JLettres critiques qui ont acquis un double intérêt, par lea événemens que nous avons vus se succéder depuis.

LE CHEVALIER

Leurs moyens ne sont pas délicats ; car les plus efficaces consistent à soutenir que leurs adversaires sont des sots , et à leur prodiguer Içs agréables épithètes dépolissons, cTénergumè' nés , de Ripons , de coquins , de cuistres , de boucs, etc., etc.

LE MA.R1ÊGHA.L.

Il y a une telle finesse dans ces sarcasmes ^ qu'il n'est pas étonnant qu'on en soit séduit.

LA M ARliCHALE DE LUXEMBOURG , aa maréchal de ^ Richelieu.

Vous devriez , M. le maréchal , protéger ce genre d'écrire , si rempli d'urbanité ; car dans les disputes , c'est surtout celui de votre ami Voltaire.

LE MARÉCHAL

Je vous assure , Madame , que malgré toutes les cajoleries de mon ami Voltaire j je lui ai dit cent fois les vérités les plus dures; d'abord, sur ses mensonges historiques , notamment sur son obstination à soutenir que 1^ testament du cardinal de Richelieu est une pi^ce supposée lorsqu'il sait par moi que nous possédons l'original de ce fameux écrit; et enfin , sur l'esprit séditieux de sa secte, je lui écrivois. encore ces jours passés : « La nouvelle philosophie amènera

M une révolution terrible , si on ne la prévient » pas (a). »

Ainsi, Madame la Maréchale, je suis beaucoup plus sévère pour mon ami Voltaire que vous ne l'êtes pour votre ami Rousseau , qui , certainement, n'est pas le moins séditieux des philosophes.

LA MARECHALE.

Il n'en est pas du moins le plus impie et le plus licencieux ; mais , d'ailleurs , ma liaison avec lui est rompue; je suis forcée de vous .avouer que mon ami Rousseau est aussi ingrat qu'il est inconséquent.

LE MARÉCHAL DE BIROIT

Eh bien, Madame^ j'en suis charmé; car je ne concevrai jamais que des personnes attachées à la Religion et au gouvernement puissent accorder leur protection et leur amitié à de tels personnages.

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