‹ Les diners du baron d'Holbach, dans lesquels de trouvent rassemblés, sous leurs noms, une partie des gens de la cour et des littérateurs les plus remarquables du 18e siécleChapitre 36 sur 41 · LA COMTESSE DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE BOUFFLERS

Mais la Cour elle-même ne les protége-t-elle pas en mille occasions ? Elle en nomme un his-^ toriographe*y elle ne les exclut point de l'Académie, elle leur donne des pensions

[a) Lettres impiimées du maréchal de Bicheliea à y<^-*

taire.

LA DUCHESSE

Malgré les flatteries de Voltaire , toutes ces choses sont faites contré l'avis de M. de ChoiseuL

LE MARISGHAL Sfe 6IRON.

Mais y qui leur donne donc cet •ascendant sur la Cour ?

LE CHEVALIER

Leurs phrases continuellement r^épétées sur la tolérance , et le peu d'importance qu'on attache à cette quantité de petits ouvrages mépri-

sables qu'ils répandent sans interruption dans le public , et qui cependant corrompent toutes les classes inférieures. J'ai entendu un grand seigneur soutenir qu'il falloit bien se garder de les empêcher de publier ces iadigûes libelles , parce que rien ne ppuvoit mieux les déjouer et les avilir.

r: M. DE MALESHERBES.

« Je ne m'éloigc^e pas trop de cette idée , car je 7> pense qu'il est heureux que l'extravagance soit » si générale ; e\\e ne fait plus de bruit : il faut

» espérer qu'on en viendra à vouloir se singu-

» lariser par le simple bon sens (a) ».

LE CHEVALIER

Mais, avez-vous bien calculé, Monsieur, le

(à) Pensées recueillies et imprimées de M. de Malesherbes.

temps que peut durer cette extravagance gêné' raie ? Si , par hasai'd , elle pouvoit , en s'augmentant toujours « se prolonger pendant une cinquantaine d'années, on verroit d'étranges choses.

LA DUCHESSE

En vérité, chevalier, je vous trouve ce soir bien moraliste.

LE CHEVALIER

Je le suis toujours. Madame, quand on parle des grands intérêts auxquels le bonheur de la France est attaché.

MADAHE DU DEFFANT.

Oui, c'est une justice qu'il faut lui rendre; il a, dans les choses frivoles , toute la grâce et toute la légèreté françaises ; mais , lorsqu'il faut parler raison , on cr oiroit qu'il a profondément médité toute sa vie, et l'on se rappelle avec étonnement les folies aimables qu'il a rendues si célèbres.

LE MAKIÊCHAL DE BIRON

Ce qui me consolé, c'est que, grâces au Ciel, une véritable révolution dans le gouvernement est désormais impossible.

LE MARiCHAL DE RICHELIEU.

Il seroit facile de la prévenir; mais Tinsouciance et la sécurité que je vois à cet égard me paroissent bien effrayantes.

M. DE POSTDEVfiSLE.

La loyauté naturelle à notre nation , Famour des Français pour leur Roi , la fidélité de l'armée

la plus belliqueuse de l'Europe nous préserveront toujours d'un bouleversement général. ^

LE MA.R]éGHAL DE BIROI^.

Je réponds des gardes françaises.

LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

Fort bien , M. le marédial , vous les maintien- <ires dans lé devoir tant que vous vivrez.; majj^ après vous

LE MAAÉCHAL DE BIRON

Comment se figurer que de braves soldats^ que dé valeureux militaires puissent jamais trahir l'honneur en lâ^nquant à leur serment ? *

MADAME DE BOUFFLERS, an maréchal de RicheU«tt.

Vous voyez trop en noir.

LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

Je le desîre; mais je 'vous avoué que l'excèç d'insolence des encj-clopédistes m'indigne et m'épouvante. Quanid je lis leurs productions , quand j'entends d'Alembert dire à haute voix, en public, que tous les courtisans sont rampans et vains; quand .j'apprends que, ce même d'Alembert, dans une séance académique et publique , a osé

insulter ttne priooesse du isang , aussi respectable {>ar ses vertus qU^ par sob rang (a) (qui assistôit à cetjte séance ), ^t qu'il a dit ^ en parlant de madame la duchesse du Maine : quoique /emme et princesse , e//e aima les lettres. Je ne comprends pas que Ton puisse souffrir une telle arrogance.

LA MABÉCHALE.

Ce mot , quoique femme et princesse , elU aima les lettres , est à la fins note fausseté et une iùsolënce ; presque toutes les pHnc^esseis ont protêt les lettte^ , et befauieoup' trop de femmes les ont cultivées (è).

.m CSUVAtlEll.

:^ .Su, fait d'iinpertix^nc^, M» de Vpltaire :5urpasss'^j tQjiii^ se^ amis : dan^ sa répQ^sie à '^a^>é

Cogév<stu1;evp d'Utte excellente. critique dH'jSd^^ saîre de M. Marmontel , critique faite avec autant de douceur et de politesse que de raison , M. de Voltaire appelle cet écélësiastiqufe un maraud ^ un coquin \ un: coûf ;:« ^ mn iMpoUemr; il ajoute <}ijf , ç'iljétoitii Earis^ il i^oit ^sp plaindre jau Roi .et l^i i^mander justice ^jle x;ç]^e ,pril;ique ,. qt^'il qualiae de UheUe, \ if oitt -^^i^^^c^ jQpgé . s'e$t

(a) Feue madame la duchesse d'Qrléans.

[b) Qu'on lise les discours de d'ÂlêmDert ; Us son^ remiflîs d'impettinénces grossières &ur \éi gràrtits^ lèà kiofile»; les

mmntres , etc.

contenté de répondre , avec beaucoup d'esprit et de sel , par deux vers de M. de Voltaire , que ce dernier a faits nouvellement dans un , véritable libelle contre M. de Pompignan ; les voici :

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