‹ Les diners du baron d'Holbach, dans lesquels se trouvent rassemblés uneChapitre 22 sur 32 · DU CHAPITRE X · texte numérisé non relu

DU CHAPITRE X

(i) Une loi des Juifs leur prescrit de guider le voyageur incertain de sa route, et de lui enseigner fidèlement son chemin (a). Le législateur ordonne de prêter généreusement à celui qui en aura besoin. uSi un de tes frères y dit-il, tombe » dans la pauvreté en quelque lieu de ta demeure , au pays » que V Éternel ton Dieu va te donner y n* endurcis point ton » cœur y et ne resserre point ta main; ouvre-la au contraire y » et prête à ton frère indigent ce dont il aura besoin [b)„. » Tu pourras prêter à intérêt à l'étranger; mais y pour ton -a frère, tu lui prêteras gratuitement ce dont il aura be- » soin , afin que le Seigneur te bénisse en tous tes travaux » dans le pays que tu vas posséder, (c) » Il permet de recevoir de^ gages, mais il veut que ce soit sans violence. « Tu n^ entreras point dans la maison de ton pro- ?) chain pour en emporter des gages ; mais tu te tiendras yi dehors y et il t'apportera lui-même ce qu'il aura. Tu ne » recevras point sa meule de dessus ou de dessous , parce » qu'en te la donnant , il engageroit sa vie. Si tu prends en * g^gc ^^ vêtement de ton prochain y tu le lui rendras avant

(a) n y a aussi nn commandement blen£dsant ponr Taveugle. (6) Lévitîqne.

(c) Exod. Dent.

» le, coucher du soleil; car c'est sa seule couverture y c'est » son vêtement pour couvrir sa peau; dans quoi coucheroi^ ^il? Rends-la lui donc , afin que^ dormant dans son véte^ » ment y il te bénisse , et que tu sois trouvé juste devant VÉ^ » terne l ton Dieu. Si au contraire , il vient à crier vers moi, »je r entendrai; car je suù miséricordieux [a),.. Le légis- » lateur veut quctles paurres soient invités aux réjouissances »des fêtes, aux festins religieux. Dans ces fêtes ^ dit-il, tu ^Jcras des festins , et tu mangeras devant T Étemel ton Dieu, » toi et ta famille , et le lévite qui est élans tes portes , et la » veuve , V orphelin et V étranger (jui demeurent avec toi (6). » Ainsi plusieurs fois, chaque année, les riches et les pau- • vres se trouvoient assis à la même table , unis par les liens » des bienfaits et de la reconnoissance... V étranger, dit le » Seigneur, qui habite parmi vous, sera comme celui qui » est né parmi vous : vous V aimerez comme vous-mêmes ; » car vous avez été aussi étrangers en Egypte. Je suis TÈ" » ternel votre Dieu (c)... Le législateur prescrivoit de traiter » les animaux mêmes avec douceur. Il défend de présenter » à Tautel la mère avec le petit, et de tuer le petit sous les » yeux de sa mère. Tu n'enlèveras^ point à la mère , dit-il , » fe petit qu'elle allaite; tu ne tueras point l'aninuil pour- » suivi qui se réfugie comme un suppliant dans ta mai-- » son [d)... Jamais les tortures barbares de la question ne » furent connues dans la législation mosaïque {e). Les pères » et mères doivent apprendre à leurs cnfans les principaux » statuts et les ofdonnances de la législation ; c'est une obli^

(a) Exod. Deat.

{b) Lévit.

(t) Lévit.

{d) Dent.

(e) Deat.

» galion qne le législateur lenr impose, dans les termes les » plus forts. La loi ordonnoit à celui qui avoit séduit une * 9 fille, de l'épouser et de loî faire un douaire; et , si le père » de la fille refusoit de la donner au séducteur, ce dernier » étoit obligé de payer au père une somme considérable... y> Les lois sur la pudeur étoient très-sévères. La femme , 3> disent-eUes , ne. portera point Vhahit d'un homme, et » V homme ne se attira point de la robe d'une femme. Ho- » nore ton père 9Xà^ mère , afin que tu prospères et que tu » vives long-temps sur la terr^ que FÉtemel, ton Dieu, va te » donner (a)... Que chacun de vous craigne son père et sa » mère [Exod,, Levit., Deut.), Maudit soit celui qui a » méprisé son père et sa mère , et tout le peuple répondra tiAmen [Exod,, Levit., Deut), Quiconque maudira son » père ou sa mère, sera puni de moït (Exod.). Vous ne P ferez aucun tort à la veuve ni à Torphelin ; si vous les of- » fensez en quelque chose, ils crieront vers moi, j'écouterai » leurs cris [Exod, ). Lorsque vous verrez le bœilf et la bre- » bis de^ votre frère égarés , vous ne passerez point votre » chemin; mais vous les ramènerez à votre frère, quand il » ne seroit pas votre parent, et quand même vous ne le » connoitriez pas. Vous les mènerez à votre maison , et ils » y demeureront , jusqu'à ce que votre frère les cherche et » qu'il les reçoive de vous. Vous ferez de même à l'égard de «l'âne ou du vêtement, ou de quoi que ce soit que votre » frère ait perdu ; et, quand vous l'aurez trouvé, vous ne le » négligerez point , comme étant à un autre et non à vous.

(«) Ce fut un des commandemens que Dieu dicta de vive voix à son peuple , et qu'il écrivit sur la pierre. C'est le seul commaxidement auquel il attache une promesse de récompense particulière dès cette vie, dans l'ancienne et la noovdlé loi, et la promesse qui intéresse k pUls les hommes.

» Si vous voyez Tàne ou l,e bœuf de votre Irère tombé dans » le chemin , vous ne passerez point sans vous en mettre en » peine ; mais vous Taiderez à le relever {Deut. , chap. 22).

» Vous ne livrerez pas Tesclave qui s'est réfugié vers vous » entre les mains de son maître ; il demeurera auprès de vous » où il lui plaira ; et il se tiendra en repos en l'une de tos » villes^ sans que vous Tattristiez en aucune chose (Deut. chap. a3).

» Lorsque vous aurez coupé vos grains dans votre champ , » et que vous y aurez laissé une javelle par oubli , vous n'y » retournerez pas pour l'emporter ; mais vous la laisserez » prendre à l'étranger, à la veuve, à l'orphelin, afin que Je » Seigneur vous bénisse dans toutes les oeuvres de vos mains. » Dieu fût le même commandement pour les fruits des oli- » viers , pour la vigne, etc. [Deut. ).

» Quand vous scierez les grains de votee terre, vous ne »les couperez point jusqu'au pied, et vous ne ramasserez » point les épis qui seront restés; mais vous les laisserez » pour les pauvres et les étrangers {Lévit,, chap. a3).

» Le prix du mercenaire qui vous donne son travail , ne » demeurera ppin^ chez vous jusqu'au matin.

» Vous ne parlerez point mal du sourd (XcV/^, chap. 19). »

On pourra juger , d'après cet extrait , si c'est avec justice que les détracteurs de la Religion répètent, depuis trente ans, que ces lois sont absurdes, barbares et/érvces. Mais ce n'est qu'en lisant ce Code divin tout entier, qu'on peut connoitre à quel point ces calomnies sont extravagantes. Les lois qui assurent les propriétés, ne sont pas moins admirables. «Dans quelle législation ancienne dit » l'auteur des Lettres de quelques Juifs , trouve>t-on rien de » comparable à ces lois en faveur des pauvres, et à ces ex- » hortations de secourir les malheureux? Quand on se les

» rappelle, cçs eshortations et ces lois, où rhumatiité, la « bonté du coeur le plus tendre se font si virement sentir , » peut-on , sans souffrir , voir ce grand homme et toute sa 9 législation taxés de férocité et de barbarie par un écri- » vain célèbre qui se dit impartial !.. « »

Après avoir prouvé avec autant de clarté que de profondeur, que les sciences, dans l'antiquité, n'ont pu venir que d'une révélation divine, et non de la succession des siècles, M. de Maistre ajoute :

« Observez qu'il est impossible de songer à la science mo- » deme, sans, la voir- constamment environnée de toutes les » machines de Teaprit et de toutes les méthodes de l'art. Sous >> l'habit étriqué du Nord, la tête perdue dans les volutes » d'une chèvelurd menteuse , les bras chargés de livres et » d'instrumens de toute e^èce , pâles de veilles et de tra- »vaux, elle se traîne, souillée d'encre, et toute pantelante, » la route de la vérité, baissant toujours vers la terre sur :» son front sillonné d'algèbre. Rien de semblable dans la » haute antiquité. Autant qu'il nous est possible d'apercevoir » la science des temps primitifs à Une si énorme distance , »on la voit toujours libre et isolée, volant plus qu'elle ne «marche, et présentant, dans toute sa personne, quelque- » chose d'aérien et de surnaturel. Elle livre aux vents des » cheveux qui s'échappent d'une mitre orientale; Véphod » couvre son sein soulevé par Tinspirattoh; elle ne regarde que » Je ciel , et son pied dédaigneux semble tie toucher la terre T^ que pour la quitter. Cependant , quoiqu'elle n'ait jamais » rieti demandé à personne , et qu'on ne lui connoisse aucun » appui hunfain , il n'est pas moins prouvé qu'elle a possédé » les plus rares connoissances; c'est une grande preuve que M la science antique avoit été dispensée du travail^ imposé à 9 la nôtre, et que tous les calcids que nous établissons sur

v l'eirpérience moderne , sont ce qu'il est possible d'imaginer » de plus faux. ( Soirées de Saint-Pétersbourg , lom. !•' ,

»pag. 104.)

» La barbarie du peuple hébreu est une des thèses fayorites » du XYiii" siècle ; il n'est permis d^accorder à ce peuple » aucune science quelconque ; il ne connoissoit pas la moinw dre vérité physique ni astronomique; pour lui , la terre n'é- » toit qu'une platitude j et le ciel, un baldaquin ; sa langue, » dit-on , dérive d'une autre , et aucune ne dérive d'elle ; il » n'avoit ni philosophie , ni arts, ni littérature; jamais, avant » une époque très-retardée , les nations étrangères n'ont eu la » moindre connoissance des livres de Moïse ; et il est très- » faux que les vérités d'un ordre supérieur qu'on trouve dis- » séminées chez les anciens écrivains du paganisme , dé- » rivent de cette source. Accordons tout par complai- V sance [a). Comment se fait-il que cette même nation soit » constamment raisonnable, intéressante , pathétique , très- » souvent même sublime et ravissante dans ses prières ? La » Bible , en général , renferme une foule de prières dont on a » fait un livre dans notre langue ; mais elle renferme de plus , » dans ce genre , le livre des livres , le livre par excellence , » et qui n'a point de rival, celui des psaumes. [Soirées de

r> Saint-Pétersbourg j tom. II, pag. 55)

» Les odes de Pindarè sont des es|^èces de cadavres dont

(a) C'est en effet une extrême complaisance, car il est certain : i^, que Thebrea est la plus belle des Lmgaes, et qu'elle a produit de« che&^'œuvre; les sublimes poésies d'Isaïe, de Job, d'Habacuc, d^Osée, la Sagesse, les Proverbes de Salomon, les belles Élég^ies de Jérémie , les Psaumes sublimes de David, V Ecclésiastique, etc.

( 3ao ) ^

I» Tesprit s'est retiré pour toujours. Que tous importent les » chevaux de Hiéwn ou , les mules d'Agésias ? Quel intérêt » prenez-vous à la noblesse des yilles et de leurs fondateurs , » aUk miracles des dieux , aux exploits des héros , aux » amours des nymphes? Le charme tenoit aux temps et aux )) lieux ; aucun effet de notre imagination ne peut le faire x^ renaître. Il n'y a plus d'Olympie, plus d'Élide, plus d*Al- » phée ; celui qui se flatteroit de trouver le Péloponèse au Pé- » rouy seroit moins ridicule que celui qui le chercheroit dans -» la Morée. David , au contraire , brave le temps et l'espace^ »^arce qu'il n*a rien accordé aux lieux, ni aux circonstances.: » il n'a chanté que Dieu et la vérité immortelle comme lui. » Jérusalem n'a point disparu pour nous : elle est toute où 9 nous sommes; et c'est David surtout qui nous la rend ]» présente {Soirées de Saint-Pétersbourg ^ tom. II, p. 59). ^ n faut lire dans l'ouvrage même les explications admirables des psaumes., dont le texte latin est toujours cité.

(:») « Quand on aura mis à nu toute la pauvreté d'esprit » de nos soi-disant philosophes (et ce n'est pas celle de TÉ- »*vangile)^ tout ce qu'il y a , dans leurs écrits, de profondé- » ment inepte, caché sous un vain appareil de mots abstraits »et de phrases ampoulées, qui en imposoient à l'ignorance » et à l'inattention; quand on aura détaillé , au moins en » partie , l'incroyable quantité de bêtises , proprement dites , » enfermées souvent dans une seule phrase (et je dis bêtises , » par respect pour le mot propre j qui est de devoir, et sur- » tout ici), on aura honte pour le siècle où nous vivons , » qu'il ait pu être si long-temps 1^ dupe de charlatans si » méprisables , qu'ils n'étoient pas même en état de défendre » leur masque , leur enseigne et leurs tréteaux , s'il y eût eu » quelqu'un pour faire la police en philosophie , comme on la » faisoit au Parnasse. Il faudra expliquer toutes les causes

(3al )

» de cette tranquille et imperturbable possession de Tabsurde » pendant tant d'années , de cette longue et incomprében- » sible impunité, dont le vertige révolutionnaire a été la » suite , et dont il doit être aussi le remède ( Cours de LiP- » tçraiure de M. de La Harpe), »

Il est bien certain que M. de Voltaire a écrit des inepties qui eussent couvert de ridicule tout autre que Itii. Feut-on concevoir que, pour nier scientijiquemenile déluge universel , il ait prétendu (avec gravité) que les énormes couches de coquillages que Ton trouve sur le sommet des plus hautes montagnes, ne sont que des débris et des dépouilles de quelques pèlerins (a).

M. de Yoltaire n'a mis le mot patrie dans son Diction^ noire que pour«e moquer^ de l'amour delà patrie; l'auteur n']r croyoit pas davantage qu*à l'amour . de la vertu. Au mot Bannissement il d!t :

« Ceux qui ont écrit sur le droit des gens se sont fort tour- » mentes pour savoir au juste si un homme qu'on a banni » est encore de sa patrie ; c'est à peu près comme si on de- » mandbit si un joueur qu'on a chassé de la table du jeu est » encore un des joueurs. » Voilà une comparaison bien ridicule et bien fausse; car des joueurs n'ont pas pris, depuis leur enfance , des engagemens sacrés avec la table de jeu. Quand il scroit possible que la patrie entière nous fit imê injustice , il faudroit encore conserver de rattachement pour le pays où Ton a reçu le jour, et c'est un sentiment naturel à toutes les belles âmes. Mais si l'on est injustement banni , c'est seulement l'iniquité d'un tribunal ou d'un gouvernement ; la patrie n'y est pour rien. Ainsi ce ne seroit donc pas une raison de l'aimer moins.

(a) On sait que M. deBoffon se moqua de cette absurdité avec autant de sel que de justesse. .

' Ufié des choses que Ton doit le moins {pardonner amphiL losopbes, c'est leur déuigrement -pour la France : tantôt Voltaire appelle lés Français des ff^élches, tantôt il s^écrie que ce siècle en France est dans la boae ; et , en disant du mal de toutes les autres nations*, il les élèYc sans cesse , et surtout l'Angleterre , ab-dessus- de la nôtre. En 1766, il éeriVoft à d'Alembert : « Je mourrai bientôt, et ce sera en » détestant te pays des singes et des tigres , où la folie de ma ^ mère'me fit naître il y a bientôt soixanto-troiïe ans (a), »

Peut-on exprimer le mëpris et la baine avec plus d'animo* sité ? D'Alembert lui répondait : « Il est sûr que cette France » m'est bien odieuse ; et si ma raison est pour elle , assurén mène mon cœur n'y «st pas (6). V

'- Ainsi , daiiâ lei iijtnottibrai^Ies inconséquences deVoltaire, bu peut compter' ce vers de Tâncrède :

u A toQS le3 cœwcs bien nés, qae la patiie est chère ! »

On pourroit citer une infinité d'autres traits de ce genre, je n'en rapporterai plus qu'un seul , mais tiré d'un ouvrage sérieux,' et que les partisans de M, de Voltaire ont loué outre mesure le Siècle de Louis XIV.

En parlant de l'exécrable BrinviUiers , M. de Voltaire raconte que, le mari de cette femme eut l'imprudence de loger cbez lui l'Italien nommé Sainte-Croix (qui , par la suite , en devenant l'amant de la BrinviUiers , l'engagea à empoisonner toute sa famijile), et M. de Voltaire ajoute : qu'iï en résulta ce qui devait naturellement aniver ayec une femme jeune , belle et sensible l

Vue femme sensible , qui , sous prétexte de charité , es-

(a) Lettre de Voltaire, 1766.

{b) Lettre de d'Alembert , 1766.

saya ses poisons sur tous les malades de THètel-Dieu «pour empoisonner ensoite son père, sa mère, ses frères et son mari ! . . • IL est plaisant aussi d'établir en maxime que tou( mari qui loge un homme chez lui s'expose à être le témoin et la victime de ,$es crloies. Je ne crpir pas qu'on ait jamais fait imprimer une ineptie ^ au^si extraordinaire et aussi extravagant^. Que seroit-ce, si fonajontoit à ces iifcoi|ipïér hensibles distractions de M. dç Voltaire , non-seutement set innombrables menso4g<Q^ historiques , mais s^s bévQc^ dans ce genre? comme, pa^ exemple,- lorsqu'il tTi^nsforme. en homme le titre d'un ouvragé (du «&ï£Mf'f ).» fi^ qni pr^ve cgau^ M. de Voltaire n'a jamais lu le SiuideK Ce fut.ivi, l'aW>é Foucher qui lui apprit que le Sadder est un poème et non un homme.

On trouve dans la Philosophe de VlUetoirei cette savante remarque : « JFo&n.Castriot étoit Je fi)if ^'un4espole, c'est- » à-4ire , d'ul^ pri|io^ vaisal ; . x^ , c'eàt ce que signifioit » despote V ^t il^ est. étrange que l'on ait ailEecté le mot de » domotique aux grands souverains qui se sont rendue ab^ »sohis. »

M. Larcber, éi beaucoup d'avitres aufeuns, n'ont pa3 manqué de r^kver cette méprise, qui est-eneiietfortélrang«^ carie mot despote a toujours sigtlifié^ ndn un pténce va$T sai, mais lin mattre absolu qm çon^mande à def leseiapes^

On lit dans ia Raison par aipkabet , que les tvdifi em^ pruntèrent le nom de Jéhovoh dfis &fri^ns ^ et dans le Bitr donnaire pbihstifpbiqUe , qin^'ils empruntèrent ce mot de Jéhovak des Phé/tici^ns, et dans la Philosophie de l'Histoire , qu'i^ empruntèrent ce mot des Égyptiens. Tout lecteur verra dans ces diverses opinions au moins deux bévues; mais les savans en ont trouvé trois, et l'ont prouvé, ce mot étant hébreu , ejt par consécjfucnt n'ayant été em-

piiÉité ni des Syriens , ni des Phéniciens , ni des Égyptiens. Le même autenr a écrit, dans sa Bible enfin expUquée , qti'atfctt/i prophète n'a dit que le Messie seroit appelé Nazaréen , parce que , ne sachant pas Thébreu , il ignoroitquè le nom de Nazaréen , Notzzî^ a la même racine et la méine signification que celui de Notzer, qu'Isaîe donne au Messie (a). C'est avec la même érudition que M. de Voltaire appelle la ville de Cariât de Sépher, un pays , et qu'il dit ( Défense de mon Oncle ) : «Si Ton cultivoit alors les » sciences dans la petite ville de Dabîr , Combien dévoient- » elles être en honneur dans Sydon et dans Tyr, qui étoient » appelées le pfeys des Livres , le pays des Archives, u £t , au contraire , jamais les villes de Syd<m et de Tyr n'eurent ces nojns; c'étoit la ville de Dabir qui s'appeloit la ville des Liserés y la ville des Archives, ^

' Le même auteur, par une* distraction difficile à concevoir^ dans Ta Philosophie de l'Histoim , met le Livre de Josué, et d'autres encore, dans le Peu tatéuque, oubliant jusqu'à la sigkiiâcatîon du Pentateuque , qui lui auroit rappelé qu4 ce recueil ne contient que les cinq livres du législateur^ et que lii'^ lÂçre de Josué , ni d^autres , n'en firent jamais partie. Forcée de me borner à un très-petit nombre d'exemples , je ne puis citer une infinité d'autres méprises , tout aussi singulières^ mais on peut, sur ce point, consulter les critiques que j'ai indiquées ; on y trouvera dans ce g^ire une ^cmle de traits véritablement curieux.

M. de Voltaire a fait beaucoup de plaisanteries sur l'inconséquence et les contradictions de J.-J. Rousseau , et

. {d) Réfutation de la Bible enfin expliquée , savant ouvrage en nn volome, où Ton relève nne fonle de mensonges, d'erreurs et de méprises inconcevables de M. de Voltaire. Cet ouvrage a paru en 178 1.

c^est un droit qu'assurément il n'ayoit pas ^ lui qui sç contredit si sourent , et d'une manière si frappante et si grossière; lui qui dit que le père Daniel ne pfisse pas pour un hù^ torien assez profond et assez hardi, mais qu'il passe, pour un historien très-veridique ; qu'il peut errer quelque/ois , mais qu'il n'est pas permis de rappeler an menteur. Et celui qui porte ce jugement , dit ailleurs que le père Daniel est, un indigne historien ^ qui insulte à la vérité et à ses lecteurs, M. de Voltaire a été un des grands panégyristes d« Pope ; c'est-à-dire du fonds de sa doctrine , qui consiste à prouver que tout est bien. M. de Voltaire appelle Pope un philosophe sublime , qui a porté le flambeau dans Vahime de l'être; et dans plusieurs ouvrages, entre autres^ dans le poème sur la destruction de Lisbonne , le poëte français rejette formellement ce même axiome.

M. de Voltaire a écrit que la croyance de Timmortalité de l'âme est une croyance utile , salutaire y sainte, nécessaire aux hommes; et, dans une multitude de volumes, il a nié cette vérité, entre autres ^ns ses Lettres de Memmius, et son ABC ,ovL l'on trouve ctette conclusion si formelle : Parlons plus franchement y il n'y a point d^dme; ce^stème est le plus hardi, le plus étonnant de tous , et at^fond le plus simple.

On lit dans plusieurs ouvrages de M. de Voltaire, les plus pompeux éloges de Zoroastre j qu'il appelle un grand homme, un sage législateur. Il -assure que ses écrits sont admirables et fort supérieurs à tous les livres des Juifs. Et dans d'autres ouvrages , il dit que Zoroastre n'est qu'un fou dangereux , et que Nostradamus et le Médecin des urines sont des gens raisonnables en comparaison de cet énergumene. Il ajoute que ses écrits ne sont qu'un fatms abomi"

noble , dont on ne peut lire tieux pages sans avoir pitié de la nature humaine. '

Dans ses lettres au roi de Prusse , Fauteur réfute ayec force le système de la (àtaitité; et dans les articles Ckatne des éuénemens ^ Destinée y Liberté ^ Avl Dictionnaire philosophique , îl f Bouûent la. fatalité absolue,

■Scfn. inconséquence a été la même a^ec une infinité de gens de lettres; entre' autres J.-B. Rousseau , Pompignan, Maupertuis et le président Hénaut, qu'il a commencé par louer excessiyement, et qu'il a ensuite déchirés et calomniés sans relâche. Desmahis; auquel il adressa d'abord une de ses plus jolies' pièces fugitives , qui commence ainsi :

•IPoft jennes mains cueOlent les flenn Dont je n'ai plas que les épines;

' et qu'il appelle ensuite un fat et un polisson ; Gresset qu'il a traité de même , et tant d'autres.

(3) Page 3i8. Dans aucun siècle il n'y a eu autant de plagiaires que dans le xyii]:« siècle et dans oelui-ci. J.-J. Rousseau s'est approprié ^xis . scropulcf les idées d'une infinité d'écrivains, particulièrement de Locke, qu'il eut Tinjustice de critiquer arec mépris ; de Richardson, deSénèque, de Montaigne ^ et de beaucoup d'autres qu'il ne cite jamais. Nos. philosophes (comme on l'a déjà dit) a'ont inventé a^cun de leurs systèmes (a). Fontenelle prit celui des Mondes dans Jordxmus BrunuSy un Napolitain antérieur àCasseodi,

{a) Heivétiiis a tronré le sien dans de vienx livres; d*Alembeit a emprunté de Bacon font le plan de son Discours préliminaire de VEncf-' chfééie, etc.

Hobbes , etc. , et qui le premier a dit qjœ les planètes étoieni des mondes habités (a).

Les plagiats de M. de Voltaire sont innombrables. C'est apparemment pour les expier qu'il a tant inventé quand il a écrit l'histoire ; mais d'ailleurs , dans tous ses autres ouTrages y il met à contribution tous les auteurs , les anciens , les modernes , et même les contemporains ^ M. de la Baumelle a relevé les nombreux plagiats de la Henriade ; ceux de ses tragédies sont encore plus audacieux ; car il a osé piller les tragédies les plus célèbres et les plus dignes de Tétre. Polieucte^ par exemple^ dont il a fait VOrpheUn de la Chine (b)^ jBajazei qu'il a eu la prétention de refaire sous le titre de ZuUme ; Airée et Thyeste , .qu'il a refait avec aussi peu de succès; sa Mérope^ composée de la Mérope de Maffei, et de la tragédie èiAmasis de la Grange-Chancel; Oreste, Sémi" ramis et Rome sauvée , pillées des tragédies de CrébiUon ; Àlzire , sujet dérobé , dit-on , à M. de Pompignan(6) \ les plus ingénieux traits de Zadigy pris dans V Histoire des Cérémonies religieuses^ et le chapitre entier de V Ermite^ traduit littéralement de l'anglais , du docteur Pamell, Ce qui est moins connu , c'est qu'il a volé en totalité le sujet de Nanine à Fontenelle. Cette pièce volée se trouve sous le titre

(a) Jordanus Branus fut matérialuts : aiusi est-il loaé à Texcès dans l 'Enejrelopidie,

(b) J« vaàê le prenûer «oiÂvun qui ait remarqué cet étrange plag^t, il y a ifento-tept ana^ «Un» les ÀnnaUs de la Vertu ; et tout le monde convint alors qu*sl n^en est point de plus firappant. M. Geoffi»y en a parlé depuis dans le Journal de VEm^ite , peu de mois avant sa mort.

(c) 11 fat d'abord très4ié avec M. de Pompignan, auquel il écrivit les lettres les plus flatteuses sur ses talens. Plusieurs écrivains assurent que M. de Pompignan Iniconfi^uAe pièce dont k sujet éMât les Am^fi* cains et que Voltaire en fit Alzire,

à'Henrîette dans les OEuvres de Fontenelie. H y a dans Janine une tirade qui rie pouvoit conyenir qu'à un sujet mythologique , et qui est bien déplacée dans une comédie fran* çaise ; c'est dans la première scène entre le comte d'OIban et la Baronne.

Je TOUS Fal dit (répond le comte), Tamoar a deux carquois; L*iin est vempli de ces traits tout de flamme , etc..

La Baronne trouve cette comparaison /ode , et elle n'a pas tort ; c'est une singulière manière de se justifier dans une explication sérieuse; mais tout ce morceau est pris d'Iphigénie en Aulide , d'Euripide : le chœur dit que Tamour a deux sortes cfe traits [a),

a Par Tun , il fait le bonheur de la vie ; par l'autre il jette »le trouble et la confusion. Écartez, charmante Vénus, » écartez de nos cœurs ces traits empoisonnés ; faites-nous » goûter vos douceurs ; garantissez-nous de votre ivresse. »

M. de Voltaire s'est beaucoup moqué des tragédies anglaises^ surtout de celles de Shakespeare; cependant il en a pris une infinité de choses : plusieurs des beaux traits du rôle d*Orosmane sont empruntés d^ Othello, Il doit à Dryden un grand nombre d'idées qui se trouvent dans la pièce de Jules César,

Dans la pièce de Brutus , il n'a pas dédaigné de prendre mot à mot une réponse trè&-frappante qui se trouve dans la. tragédie de mademoiselle Barbier, sur le même sujet ; et il termine cette pièce par des vers imités de Rotrbn. Le dénouement de Brutus et celui de Wenceslas offrent la même

(a) Ce qni vaut mieoz qae deux carfuoift qui seroîent fort embarras>^ sans à porter.

( 3a9 ) situation ; et dans Wenceslas, le malheureux père , en en- Toyant son fils à la mort , lui dit :

Adiea , sur récha£ind portez le cœur d'un prince , fit faites y donter à toute la province , SI, né peur commander et destiné si hant, Tons montez snr un trène on sni* un échafiiad.

Les beaux vers que dit Gusman (dans Alzire) avant d'expirer, sont dus à Thistoire. Le duc de Guise, assassiné par Poltrot (un calviniste) lui dit en mourant :

« Des deux religions que nous professons , reconnoissez » laquelle est la meilleure. La vôtre vous a commandé de 9 m'assassiner; et la mienne m'ordonne de vous pardonner. »

Des dieux que nous servons connois la différence : Les' tiens t*ont commandé le meurtre et la vengeance, Et le mien, quand ton bras vient de m'assassiner , M^ordonne de te plaindre et de te pardonner.

Il seroit trop long de détailler les plagiats de ses contes et de ses pièces fugitives; il a même pillé les Lettres de Voiture ; il en a copié une presque d'un bout à l'autre ; il a tiré d*un ro^nan de madame de Yilledieu toutes les idées du mondain.

Sa jolie pièce de vers qui commence :

De desseins en erreurs, et d erreurs en désirs, Les mortels insensés promènent leur folie ,

est une traduction litténale d'un monologue à' Aureng-Zeb , tragédie de Dryden; et traduire est piller, quand on n'indique ];>as la source où Ton a puisé.

Nous avons dit que M. de la Baumelle , dans ses notes •ur la Henriade^ cite un grand nombre de plagiats de M. de

Voltaire. En voici quelqaes»uns qui lui sont échappés , et que M. de La Harpe rapporte dans son Cours de LUtérature. Agrippine, dans BritannicuSy dit :

« J*appelai de Vexil , je tirai de rarmée ,

» Et ce même Sénèqne, et ce même Barrhos,

» Qni depuis... Rome alors estimoit leurs yertos. »

. Voltaire imita ces vers dans la Henriade :

«Et Biron, jeune encore, ardent, împétneoxy »Qm depuis...; mais alors il étoit vertueux.»

La description du cheyal , dans la ffenrîade , est imitée d'une belle stance de l'ode de Sarrazin, sur la bataille de Lens.

M. de Voltaire a imité, aussi dans ce même poème, ime strophe entière d'une ode de J.-B. Kousseau.

Dans son poème sur la loi naturelle, on trouve les trois vers suivans :

«Dans nos jours passagers de peine et de misères, »EnÊms d*un même Dieu, -vivons du moins en frères^ y» Aidons-nous Vun et Vautre à porter nos fardeaux.**

Voltaire ne se doutoit peut-être pas (ajoute M. de La Harpe) qu'il traduisoit ici mot à mot 'saint Paul : «Portez les far- 9 deaux les uns des autres, et c'est ainsi que vous accom- > plirez la loi de Jésus-Christ (a). »

(a) Combien les auteurs des siècles dernier^ ont profité dans knrs ouvrages, même profiines, des beautés sublimes de rÉcritore-Saintet L*admirable monologue de Phèdre :

OJI fuir? oh. me cacher? Daiu la i|iuit infernale I„.

cat tiré mot à mot d*un psamne de David.

Voici encore un ^agiat cité par M. de La Harpe :

"Nvl de nous n'a vécu sans, connoitre les lanues.. De la société les secoarables charmes Consolent nos douleors aâ moins qnelqnes instans , Remède encor trop foîble à des maax si constans. Ah ! n'empoisonnons' pas la dorctdnir ^qai nous reste! Je crois.voir des (otcatt'àiiaii leur citehot fiuie^« Se pouvant iseoonrir , Toa sat raotreJ acharnés , * - Combattre -ayec les ibrs dont ils aonl; endûiaés. • •

Cette heurense comparaison est de Pop^, et ce n'est pas le seul empront que rautenr. ait fait à cet illustre Anglais.

M. de Voltaire a ménie pillé un obscur et mauvais auteur, Scévole de Duryer..M. de Voltaire en a pris des vers , que dit Jocasl^e >, dans Œdipe.

(4) i^^^ 320. Voici d'excellentes réfle^^ions sur le goût , par M. de Voltaire : «Comme le mauvais goût , au physique^ » consiste à n'être flatté que par des assaisonnemens trop » piquans et trop recherchés; aussi le mauvais goût , .^ans » les arts, est de ne se plaire qu'aux omemens étudiés , et de » ne pas sentir la belle nature. Le goût d^ravé, dans les ali-

Le dîalogne si frappant dans Iphigénie ?

iPHiaiKIB.

Terni*t->on à l'autd votre henrense £imille ?

▲GAMBMiroxr.

Hélas!

XFHIG^VIE.

Vous VOUS taisez î

Tons y serez ma fiU^.

Ce dialogue est pris de l'entretien d^Abraham et dlsaac sur la montagne , où le saint patriar«he se disposoit à sacrifier cet enfant chéri.

» alimens, est de choisir ceux qui dégoûtent les autres hommes. » Le goût dép'ravé dans les arts , est de se plaire à des sujet» » qid révoltent les esprits bien faits , de préférer le précieux » et Taffecté , au beau , au simple et au naturel. On dit qu'il » ne faut pas disputer des goûts ; on a raison , quand il n'est » question que du goût sensuel. Il n'en* est pas de même dans y> les arts. Conune ils ont des beautés réelles, il y a un bon » goût qui les discerne, et un mauvais goût qui les ignore (a). » Le goût peut se gâter chez une nation. Ce malheur arrive » d'ordinaire après les siècles de perfection.

» Les artistes craignant d*être imitateurs, cherchent des » routes écartées , ils s'éloignent de la beUe nature. Le pu- » blic amoureux des nouveautés court après eux ; il s'en dé- » goûte bientôt^ et il en paroît d'autres qui font de nouveaux » efforts pour plaire ; ils s'éloignent de la nature encore plus If que les premiers ; le goût se perd, on est entouré de nou- >» veautés qui sont rapidement effacées les unes par les autres. y> Le public ne sait plus où il en est : il regrette en vain le y> siècle du bon goût qui ne peut plus revenir; c'est un dépôt » que quelques bons esprits conservent alors loin de la foule. » [Encyclopédie, mot Goût,) Il me semble que cet article n'est pas complet et qu'on pourroit j a j outer les réflexions suivantes :

Le goût dans les arts est un sentiment vif et naturel; de rharmonie, de l'accord et des proportions d'un ouvrage; et de plus , en littérature , c'est une délicatesse exquise sur tous les genres de convenances. Le goût est pouir les artistes et les gens de lettres une qualité d'autant plus nécessaire, que

(a) Gomment concevoir qne l'auteur ^ cet article soît aussi celui dix poème intitulé la Guerre de Genève , des six volumes du Dictionnaire philosophique, de tant de brochures in£3imes dont le cynisme le plus dé* pravé , et les fictions les plus baroques font tout le sel ; et de tant de 11-belles ou les injures les plus grossières sont prodiguées à chaque jk.^^^

presque en toal il tient à la morale; la raison désaproure tout ce que le goût condamne. Des colonnes trop frêles pour soutenir un lourd bâtiment forment un édifice de mai»vaîs goût, et la raison dit que cette structure paroît manquer de solidité , défaut qui la choque le plus. Le goût est blessé si les figures d'un groupe de sculpteur ou d'un tableau ont des attitudes forcées , et la râftexion suffiroit pour faire connoître que ces attitudes sont fausses ; c'est ainsi que le goût est toujours l'instinct de la raison. Dans la société , dans la littérature, le go^t prurit la simplicité > le naturel , la modération , la modestie ; toujours sage, il n'en est pas moins ,op* posé à la £|deur et à l'insipidité ; ennemi de tout excès vicieux ,11 réprouve également les- lieux communs et la bizarrerie , l'enflure et la bassesse , l'insolence et la lâcheté , le burlesque et le sérieux pédantesque , la sécheresse et la prolixité. C'est li:(i.qui grava sur les portes du temple de Delphes ^ cette sentence : Rien de trop. .

Le goût n'est donc pas une chose frivole ; il ne donne pas seulement Télégance , il donne encore l'ayersiop de tout ce qui est £aux , de toi^ ce qui manque de convenance, d'honnêteté, de délicatesse. On a reconnu pendant long-temps que les Français étoient le peuple de l'Europe qui avoit le plus de goût : c'étoit reconnoître qu'ils possédoient aussi les qualités les plus sociables, les plus aimables et les plus attachantes...

Nous ne pouvons terminer cette note sans rapporter encore une excellente page de M. de Voltaire , sur l'affectation du style ; ce passage se trouve malheureusement dans un ouvrage infâme , de l'aveu même de ses amis.

Voici ce passage :

« Que seroit-ce qu'un ouvrage rempli de pensées recher-

» chées et problématiques? Combieii sbAt supérieurs à toutes » ces idées brillantes ces vers simples et naturels :

» Cinna , ta t'en sonyiens , et yeux m'usassiner ! etc.

» L'eiî^ie de briller et de dire , d'une manière nouvelle , ce » que les autres ont dit [ est la source des expressions nou- » Telles comme des pensées recherchées. Qui he peut briller » par une pensée, veut se faire remarquer par un mot... Si » l'on continuoît ainsi, la langue dés Bossuét , des Racine , i^ dès Pascal , des Corneille , des Boiléàu , des Fénélon , de- » Tiendroit bientôt surannée. Pourquoi éviter une expression » qui est d*usage, pour en introduire une qui dit précisément )>1a même chose? tJn mot nouveau n^est pardonnable que '» quand il est absolument nécessaire , intelligible et sonore'; •» on est obligé d'en créer en physique,? Mais fait-oii de hou- » velles découvertes dans le cœur humain? Y a^t-îl une autre » grandeur que celle de Corneille et de Bossuef ? Y a-t-4I \» d'autres passions que celles qui ont été maniées par Ra- » cine (a) , effleuréeis par Quinaùlt? Y a-t-îl une antre mo- »rale évangélique que celle de Bohfdàlduè ;'«tc. ( Di^- ' » tionnaire philosophique , mOt Ééprrt). » '

(a) Des passions maniées ne sont pas une'henrense expression.

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