IX
tés, de mensonges calomnieux et de basses méchancetés, que, dans un seul volume, j'offre à leur méditation ; je ne risque point dr m'attirer la haine des cœurs nobles et généreux; il est facile de mépriser l'animosité des autres.
J'ai vu de bien près la mort , il y a neuf mois ; mais, à mon âge, quand la tombe se referme, elle reste toujours entrouverte!
C'est dans les langueurs d'une pénible convalescence que j'ai fait plus des trois-quarts de cet ouvrage : j'ai cru souvent que je succomberois à ce travail prodigieux , et cette idée, loin de le ralentir, me donnoit de nouvelles forces pour le continuer J'aurois vivement regretté, en mourant^ de n'avoir pu payer cette dernière dette à mon pays et à la jeunesse que j'ai tant aimée!..... J'aurois eu néanmoins une puissante consolation, en pensant que je laissois en France d'illustres défenseurs de la bonne cause , dont les talens sont mille fois supérieurs aux miens.
Comme auteur, je tiens si peu de place dans ce livre , que je n'y puis mettre un grand intérêt d'amour-propre : je n'y suis qu'un éditeur laborieux, infatigable. Ce n'est pas
dans rabattement naturel de la vieillesse, et quand toutes les illusions de la vie s évanouissent, que l'on peut, maigre des souffrances habituelles, composer un livre pour briller et pour obtenir des éloges; je n'ai été guidée , soutenue et fortifiée que par le desir et l'espoir d'être utile ; si ce vœu est exaucé, je serai, en dépit des nouveaux libelles, pleinement satisfaite.
nu