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j est nommé ; c'est le cardinal Hastaï. » Ou vit s'avancer la
1 procession solennelle pour l'intronisation du pontife : le
i pape, revêtu de ses habits d'apparat, recevait les hommages
*• de la foule prosternée. On dut remarquer qu'il demanda
i:. d'abord l'ambassadeur de France, auquel il présenta la main
^ et l'anneau pontifical à baiser d'une façon trës-gracieose.
Le pape qui prit le nom de Pie IX avait à peine cin-
qnante-qoatre ans ; ce qui s*était rarement vu dans les an-
^t nales de l'Église : il avait, comme le cardinal Gizzi, une
^.. opinion prononcée pour les réformes, ce qui s'était moins
va encore ; car dans les conclaves on cherchait toujours les
^,. caractères les phis timides, les plus incertains. C'était enfin
^^ un esprit jeune, vigoureux, hardi, humble même dans sa
^ fortone; élu à peine. Pie IX écrivit une lettre touchante à
,. ses frères, alors à Siolgaglia.
^. « Chers frères, il a plu è Dieu, qui exalte et humilie, de
« m'élever de mon insignifiance à la dignité la plus sublime
^. sur la terre. Que sa volonté soit faite. Je sais toute l'im-
^ mensité de ce fardeau et toute la faiblesse de mes moyens.
^ Faites faire des prières et priez, vous aussi , pour moi. Le
. conclave a duré vingt-huit heures. Si la ville voulait Taire
r^. quelque démonstration publique à cette occasion , je vous
^ prie, cap je le désire, de faire en sorte que la totalité de la
^, somme destinée à cet objet soit appliquée à des objets jugés
utiles à la ville, par le gonfalonier et par les anziauî (maire et adjoints). Quant à vous-mêmes, meschèrs frères, je vous
embrasse de tont mon cœur en Jésus-Christ. Ne tous enorgueillissez pas, mais prenez plutôt pitié de votre frère qui vous donne sa bénédiction apostolique.
Cette lettre touchante, bientôt connue du public, excita le plus vif enthousiasme. Hais ce qui entraîna le peuirie entier, ce fut la déclaration officielle annoncée à tous par le pontife : « qu*il ne donnerait pas le moindre avancement à ses frères, à ses neveux, pendant toute la durée de son pontiflcat. » Presque tous les papes s'étaient laissé dominer par le népotisme; leurs neveux, créés princes de Rome^ venaient toujours habiter le Vatican ; en eux seulement les pontifes avaient confiance pour le gouvernement de rÉtat, et Pie IX déclarait qu'il ne voulait aucun de ses frères auprès de lui. La popularité commença dès lors pour lui avec cette vivacité italienne, si vive et témoignante.
La population de Rome (et Ton pourrait dire des Légations) se compose de quatre classes distinctes : 1'' les cardinaux divisés d*opinion ayant derrière eux les prélats, les clercs, les abbati ; '^ les princes, des nobles familles romaines, images du patriciat, qui se disent les représentants de l'ancien Sénat; 3* la dasse bourgeoise, composée mipartie d'avocats, de notaires, de médecins-barbiers si puissants en Italie, puis des petits commerçants boutiquiers ; W" enfin, le bas peuple , Transtevérins, papelini^ contadini
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dévoués qui défendent le pape parce qu'ils Taiment, la religion parce qu'ils y croient comme è la Madone. Ceux-là s'inquiètent peu des institutions libérales, et chaque fois que le pape les a déchaînés, la classe moyenne a été obligée d'abandonner les innoyations pour en revenir à la vieille foi, à la vieille loi. Les Transtevérins, fiers de leur nom de Romain, vivent et meurent au bords du Tibre avec le même type qu'on retrouve dans le Voyage à Brindes d'Horace.
Parmi les cardinaux il y avait partage d*avis sur la conduite future du souverain : les uns penchaient pour les réformes sous la direction du cardinal Gizzi ; les autres pour le maintien du staiu guo, et il fallait que Pie IX enfin se décidât ; il le fit avec prudence, mais également avec fermeté, de manière à ne heurter aucune des opinions vivaces du peuple, ni à s'arrêter dans l'ornière du passé; car la conviction profonde, personnelle, de Pie IX était qu'on ne pouvait pas laisser les Légations dans l'état actuel; que si la religion est immuable dans ses principes, tout ce qui tient au gouvernement temporel doit progresser, se développer avec le temps, les circonstances. Pie IX donc eut sa pensée de gouvernement très-arrêtée : de là, ses décrets d'amnistie, de réforme des congrégations, l'appel des laïques dans le gouvernement de l'État, l'harmonie dans les finances et la formation même de la garde civique, qui est l'acte le plus avancé de son ad-
9w DiPLmrATœ Braopâsiis.
ministration pontificale. Je erob qu'iiiie juste part dans tous ces actes appartient aux conseils de la France : pourquoi les partis sont-ils sur ce point d'une si grande injustice qu*ilsne veulent même pas reconnaître que si le pape n'avait pas été enconragéi soutenu par la France, il ne se serait ni si largement ni si fortement avancé dans ces voies où il trouvait des obstades , non-seulement parmi une fraction des cardinaux, mais encore dans le bas peuple de Rome ardent ami de la vieille papauté, toujours dévoué aux anciennes formules ?
le vais même plus loin, et je répète que, sauf pour la fùr^ mation de la garde civique, TAutriche a poissé le pape avec la même tendance que nous vers les améliorations -do système administratif. Quant à la garde civique, rAutriche a peur qu'avec le caractère italien, ces sortes de démonstrations militaires n'entraînent des rixes, des combats, des résistances impuissantes et nuisibles. A-t-elletort, a-t-elle raison? l'avenir le prouvera ; mais constatons un fait, c'est que nul gouvernement n'a influé d'une manière décisive sur les décisions du pape Pie IX; il a fait, il a résolu spontanément ce qu'il a désiré. L'Autriche a pu lui dire : « Pr^es garde ; le caractère italien est inflammable ; des démonstrations trop bruyantes peuvent nécessiter des précautions militaires, et j'ai le royaume Lombardo-Yénitien à protéger! > La France a pu dire également : « Saint-Père, ce que vous faites est très-bien; appuyexHrous sur la classe moyenne et
U PAPB PB IX. tM
à fow don «D grttd HUe , wêùê mm gnêd rôle de médiatrar et de praicateiir : cnigBeK d'atenier VAotriclie, et de trop so^dataenent agiter le tÊndtère de fotra vhtien, > et en dooDant cesoooseils, elle a Mes fait. Si d*a«tret pniaMMef le aeat mêlées aa débat, â r Angleterre a bayardé par ses Jonmaoït c*€8t à la tendance d« caractère charlatan de lord PaknerBten ^ ?eat réduire la politique italienne en intrigue bruyante è la façon de ce qui se passe en Espagne* Dans ces circonstances a surgi Toccupation de Ferrare, question sérieuse dlnterprétation diplomatique d'un article du congrès de Vienne, question plus grave encore au point de vue de l'influence qu'elle peut exercer sur la marche générale des affaires. Le prince de Mettemich sait que nul n'admire plus que l'auteur de cette notice sa haute capacité d'homme d'Etat; or, je loi pose ce point è résoudre : Dans certaines circonstances, ne vaut'-il pas mieux ménager les esprits , ne pas heurter les opinions enflammées, platAt que de jeter un témoignage violent de sa force et de ses moyens militaires? Tout le monde sait que les armées autrichiennes peuvent, quand elles le voudront, traferser l'Italie sans trouver de résistance capitale depuis le ¥6 jus* qu'en Calalnre : mais H. de Mettemich aussi doit reconnaître qu'iln'appartient pas à l'Autriche, puissance catholique, de heurter les forces pontificales » et que le jour où Pie iX voudra prendredes mesures d'excommunication, d'interdit, l'effet en sera terrible sur les populations soumises è FAu-
triche. L'on a la force matérielle , Fautre la force morale ; voilà pourquoi Ton ne doit pas se blesser mutuellement et recommencer les querelles de la maison de Souabe, les Guelphes et les Gibelins.
Il y a un point sur lequel on est évidemment d'accord à Paris et à Vienne comme à Rome -, c'est que Tétat des Légations, dans leurs rapports administratifs, avait besoin de coi^ rections, de modifications. Pie IX a secoué les vieux préjugés, les empiétements, les abus. M. de Mettemidi ne peut le trouver mauvais ; lui-même avait conseillé de réformer, d'améliorer: que faut-il faire maintenant? Il faut empêcher que l'esprit révolutionnaire ne s'empare de l'effervescence italienne, feu de paille d'un soir, qui s'est si souvent éteint à la mitraille d'une répression étrangère I II faut que r Autriche conserve la liberté de ses possessions, la souveraineté absolue de ses Etats ; mais elle ne peut prétendre à une influence exclusive à Rome, à Turin, à Naples. Le rôle de la France est aussi de protéger Tindépendance des nations intermédiaires. Elle le fera surtout ai se séparant de plus en plus de l'esprit révolutionnaire qui seul donne force et droit à rAutriche pour une intervention armée.
Dans tout le bruit qui se fait, la presse jOue un grand rêle; on dirait l'Europe en feu, l'Italie soulevée. Grftce au ciel, il n'en est rien. 11 faut faire la part des gesticulations méridionales. Pie IX a une immense carrière devant lui ouverte et vaste: créer sa dictature pontificale à Rome sur