GUILLAUME BT ALEXANDRE DE HUMBOLDT
tème politique. Depuis 1820, l'Europe entre dans des voies noaf eHes en face de l'esprit révolutionnaire qui partout se réveille ; rAllemagne se couvre de sociétés secrètes, et les esprits libéraux» tels que M. Guillaume de Humboldt, lenient fort dangereux à la tête d'un cabinet. S'ils ont pu servir leur pays dans d'autres circonstances, lorsqu'il fallait secoaer le joug de Napoléon, ces circonstances étant passées, le gouvernement, sans se montrer ingrat, peut leur dire : « Votre temps est fini 9>. Et d'ailleurs le baron Guillaoïne de Hnmboldt n'avait point à se plaindre du roi de Frusse ; il était comblé de faveurs; les premiers ordres bril- Weiit iHir sa poitrine, et possesseur d'une fortune considérable, il devait tout à son souverain. Ce fut alors qu'il se retira dans ses terres pour se livrer à des études un peu étranges dans une vie aussi positive. Mon Dieu! j*honore la science , les travaux mfime capricieux de l'esprit, mais que dire du baron Guillaume de Humboldt le diplomate, écrivant QDe dissertation sérieuse sur la différence des sexes dans la Miure organique, c'est*k-dire sur la beauté des formes masculine el féminine? Puis Térudit se consacre à l'étude des orlgines, des langues, non point pour les parler ou les écrire, oi pour les faire servir aux rapports d'intelligence ou aux relations commerciales et A l'agrandissement de l'esprit huinain, mais pour recherdier systématiquement les origines, les simtHtttdes ; le baron Guillaume de Hnmboldt s'éprend mtout ponr la langue basque ; H y rattache tout, le basque
M DIPLOBIATES EUROPÉENS.
c'est évidemment la longoe des Phéniciens, c'est TidiAme primitif des peuples. Tour à tour M. de Humboldt examine le panthéisme indou, le génie de la langue chinoise, si bien, que, malgré le caractère un peu courtisan de M. Abel de Rémusat, il ne peut s*empécher de railler les prétenUoos scientifiques du ministre prussien qui disserte sur le chinois sans le savoir précisément. Pour étudier et comparer les langues de l'Asie, le baron Guillaume de Humboldt avait-il la compétence des maîtres? il n'en savait que la superficie, et l'on n'apprend pas tout avec de Tesprit ; pour comparer le chinois, le sanskrit et les langues antiques, il Tant une vie tout entière, et le baron Guillaume de Humboldt, heureusement pour les aflaires de la Prusse, n'y avait consacré que ses loisirs.
Tout en faisant une plus large part scientifique au baron Alexandre de Humboldt, je crois toujours qu'il faut distinguer dans ses œuvres ce qui est esprit d*observation et de recherches, c'est-à-dire les faits, les expériences, d'avec les théories de hasard et d'improvisation. Un esprit éminent« comme le baron Alexandre de Humboldt, qui a beaucoup vu, beaucoup étudié , est toujours intéressant à consulter. Hais il y a chez lui, comme cliez M. Arago, une partie essentiellement vulgaire qui tient au besoin de popularité politique. A travers toute la science astronomique de M. Arago, il y a de l'almanach, il y a même la petite partie des prédictions Bt des faits-Paris livrés à la presse. De semblables faiblesses