‹ Les diplomates européensChapitre 14 sur 117 · GUILLAUME ET ALEXANDRE DE HUIOOLDT. M · texte numérisé non relu

GUILLAUME ET ALEXANDRE DE HUIOOLDT. M

États, on il n'est qu'une forme inhérente et traditionnelle» qu'est-ce que le gouvernement représentatif, si ce n'est QD moyen d'affaiblissement réel de la force, de la considération, de la vie même des États? Si j'étais ennemi d'an peuple grand, immense par son histoire, par les traditions, sa puissance de conquête et sa force expansive, je lui imposerais le système représentatif, les élections, la tribQne, la presse libre: et pourquoi cela? c'est que cette énergie qui le poussait naguère sur le monde, il l'userait au dedans, il Tépuiserait sur lui-même. La constitution serait comme la cage où l'écureuil roulant toujours sur kd-même, ne fait pas un pas , avec la plus prodigieuse aettf ité. Telle nation qui pendant un siècle a acquis sept provinces par la force de la diplomatie et de la guerre, userait sa vie forte, turbulente, à discuter sur le droit des électeurs et sur un calcul de majorité. Je m'explique donc très-bien comment le véritable parti des hommes d'État en Allemagne pouvait justement repousser le système représentatif; on l'admit poar quelques petits États, comme un jouet d'enfant, on le repoussa pour les grandes monarchies qui avaient un avenir et une force à maintenir. Le gouvernement représentatif, il faut le respecter quand on l'a, mais ne pas trop le demander comme un bienfait quand il vous manque.

Aussi, à partir de 1816, le baron Guillaume de Humboldt ne fut plus employé que dans la diplomatie d'ambassade ; son esprit est toujours lucide, les services qu'il a rendus

oonsidérables, mais il n'a pas et ne peat plus avoir ce qu'en politique on appelle la direction, c'est-à-dire ce mouvement libre et spontané qui fait qu'on s'identifie profondément avec la pensée même du pouvoir à ce point qu'on le domine. Le baron Guillaume est d'abord nommé ministre à Londres, parce que là, ses idées libérales ne sont point à redouter ; il peut même se passer la fantaisie des formes pariementaires ; il vient ensuite au congrès d'Aix-la-Chapelle comme simple plénipontentiaire , parce qu'il s*agit de la question française , dont M. de Humboldt est plus spécialement pénétré. On doit examiner si l'occupation cessera, et comme on veut en effet qu'elle cesse, on doit régler les contributions, les indemnités pécuniaires, le mode de paiement, et pour cela, M. de Humboldt est parfaitement apte ; il signe les protocoles rédigés sous Tlnfluence de l'empereur Alexandre ; i'alliance est tellement intime entre la Prusse et la Russie , qu'aucune séparation n'est désormais possible.

C'est au congrès d'Aîx-la-Qiapelle que se termine, à proprement parler, la vie diplomatique du baron Guillaume de Humboldt; d'autres idées, d'autres intérêts vont se produire en Prusse, et il n*est plus capable de les comprendre et de les satisfaire; le feu roi Frédéric-Guillaume le désigne pour l'administration de Neuchàtel , petite principauté unie à la monarchie prussienne par de vieux droits de suzeraineté et d'héritage. Cette administration ne se lie en rien au sys-

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