‹ Les diplomates européensChapitre 28 sur 117 · I.^M. de Mûnch-BeUinghausen est né en · texte numérisé non relu

I.^M. de Mûnch-BeUinghausen est né en

KOLOWRAT ^ APPONT — BELLINGHACSEIf . t«7

0 joint la modération des formes à une grande énergie de répression intelligente, et à l'amour du travail, ce caractère de joyeux convive , d'homme à bonnes fortunes , qui ne déplaît pas à M. de Mettemicb, lui-même un des hoaunes qui exercèrent le plus d*empire sur les femmes et par elles. Souvent quelques bouteilles de vin de Johan^ DJsberg viennent en aide aux affaires du gouvernement, sortoot dans ces longs soupers, les délices de la grande famille allemande; du Rhin à la Gallicie, quand neuf heures sonnent, les flots du vin et de la bière coulent à pleins bords, et les longs tourbillons de fumée s'élèvent dans les vastes salons , autour des longues tables ; c'est rtieure des contes fantastiques d'Hofùnann et des fortes pensées politiques.

Si l'hôtel du comte de Fiquelmont, à Vienne, est une des plus agréables hospitalités, au milieu de l'esprit pétillant du noble propriétaire; en France, l'ambassade du comte Appony est une des plus aimables maisons de la capitale. La comtesse, femme de beaucoup de grâces, a mis à la mode les matinées allemandes; pourquoi faut-il, hélas! que les teints roses de Vienne, de Munich ou de Prague, n'aient point été transportés à Paris? Nos femmes, si pAles avant midi, n*ont pas la ressource du rouge sous les mille lustres ; beaucoup de fleurs, une splendide musique, des danses et des ndses viennoises , ne dérobent pas les révélations malheu* reuscs des visages, dans les matinées» au soleil; et la diplo-

matie, qui disshnale tant de choses, ii*a pas encore tronté un moyen de farder le beau et le laid que Dieu nous a départis. C'est un peu mentir à sa mission.

Le comte Appony est un homme vrai, simple comme un vieux gentilhomme, aimant le monde, et, lors de ses voyages en Hongrie, laissant à Paris, pour le remplacer dans une hospitalité gracieuse, son fils, le comte Rodolphe, uni aux Benckendorf de Russie, jeune homme lustrait, bienveillant. Le chargé d'afihires officiel est M. de Thom, esprit réfléchi, dont la figure pâle et maladive cache une imagination surexcitée, active, rechercheusc, mais absorbée aujourd'hui par la plus grande affaire : la santé.

C'est au milieu de cette situation paisible des légatiom autrichiennes qu'a surgi tout à coup l'afTaire de Cracovie, une des plus sérieuses, parce qu'elle a fait sortir le droit européen de ses conditions habituelles , et que l'Europe a pris encore une fois l'initiative contre l'esprit révolutionnaire. Soit que cet esprit ait été le prétexte , soit qu'on doive le considérer comme une cause réelle, H est incontestablement la première origine de tous les agrandissements des trois grandes puissances continentales. Si la Pologne n'existe plus, si l'Italie est sons la domination absolue de la maison d'Autriche , il faut en chercher la cause dans cet esprit de turbulence qui, partout, s'est manifesté depuis 1880. Sans doute les actes du congrès de Vienne doonaieiit à Qracovle une existraee Indépendante» eonma

KOLOWRAT — APPOmr — BCLUV6B ACSEH. fit

>uraient one constitation à la Pologne ; mais rcsprit de

lution s'est mêlé à toot cela, fl a foorni des prétextes,

Europe a pris ses représailles. Certes, il ne fant pas Ten

r, la violence ne sert jamais ancnne cause ; les monar-

es doivent même nn respect particulier pour la foi des

> âités. La diplomatie autrichienne, en cette circonstance,

a pris une attitude plus dessinée qu*à Fordinaire , et la

ûeillesse du prince de Metternich s'est ainsi imposée one

tâche très-rude, parce qu'il y a une opinion européenne

toote-puissante, qu'il Tant savoir respecter, même quand

00 a la force pour soi.

le ne pense pas que cet acte se soit fait en dehors du prince de Metternich , dont on annonce trop souvent la santé délabrée; mais, dans tous les cas, je le crois fait en dehors de ses habitudes de tempérance et de modération. C'est un coup de tête ; et, dans la vieillesse, ces résolutionslà sont imprudentes. Peut-être le prince est-il maintenant sons le charme exclusif de M. de Bellinghausen, qui , par ses habitudes de répression en Allemagne, altère assez le cAté européen de Tintelligence si vaste du prince de Metternich, pour le réduire à certaines proportions étroites de police. Le spirituel M. de Fiqndmont, le tempéré M. de Kolowrat, le sage comte Appony, peut-être n'auraient pas conseillé une concession aussi grande à la Russie, la seule int^essée à ce qu'il n'y ait plus un seul vestige de la Pologne I

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